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DVD toujours disponibles (critique un de ces jours ;-)...) : La danse : le ballet de l'Opéra de Paris de Frederick Wiseman ; Chic et danse 1, de Philippe Vallois (Nijinski, la marionnette de Dieu - Huguette Spengler, la nébuleuse du rêve)

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 23:11

Incontestablement, Eléonore Didier aura réussi son examen d'organisatrice de festival. Il y a eu du monde (malgré un horaire difficile, commençant en milieu d'après-midi), une animation inaccoutumée à Point Ephémère autour de la danse et des arts plastiques - car Eléonore a mis un point d'honneur, à juste titre, à les associer.

 

Le festival a pris fin lundi 26 avec deux performances qui ont l'escabeau pour point commun.

 

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Betty Tchomanga et Romain Mercier, Pour une durée indéterminée
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

 

Betty Tchomanga (chorégraphe) et Romain Mercier (musicien) sont jeunes, beaux et frais. Hélas, je n'ai absolument rien compris à leur Pour une durée indéterminée. Oh je sais, vous allez me dire qu'il n'est pas toujours nécessaire de comprendre, qu'il faut se laisser porter par son ressenti. Mais moi je suis ainsi fait que sans comprendre, ne serait-ce qu'un tout petit peu, je ne ressens rien. Allez, ils ne travaillent là-dessus que depuis un mois. Il y a un escabeau (pour faire plaisir à Eléonore Didier, voir plus loin ?), et une plante dessus qu'ils arrosent de temps en temps. L'eau dégouline par un petit trou fait dans le pot en plastique et dévale de marche en marche. Un genre de clepsydre, peut-être. Il y a des choses pendues au plafond, une fleur artificielle, l'étui du saxophone de Romain Mercier, et d'autres fausses fleurs répandues sur le sol. Au début, ils nous dévisagent (un classique de la danse contemporaine), se regardent un peu aussi. Ils nous font le coup du rouge à lèvres, bon. Délimitent * un territoire au rouge à lèvres, se roulent par-dessus, et autres choses de ce genre. Betty boxe la fleur, brandit l'étui comme une arme de guerre. Elle le fait avec une tension perceptible, la fierté d'un bras d'honneur. Lorsque elle et Romain nous laisseront deviner ce qu'ils veulent dire, cela pourrait devenir intéressant.

 

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Betty Tchomanga et Romain Mercier, Pour une durée indéterminée
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)


Désormais plus sévère qu'un temple dorique, revoilà le Laisservenir d'Eléonore Didier. Début : dans un silence presque parfait, une forme larvaire chemine des orteils vers un escabeau. Avancer à la force de l'orteil, c'est vouloir beaucoup. Il semble qu'Eléonore procède par épure et par assèchement, et que son cheminement la porte vers toujours plus d'abstraction. En faisant jouer ce solo par un homme, après l'avoir créé elle-même puis confié à d'autres femmes, Eléonore élague nos vieilles hypothèses, les miennes comme celles de Guy Degeorges ; et elle taille court. Mais je préfère me tromper encore mille fois plutôt que de jamais lui demander pourquoi, par exemple, cet escabeau (en fait, je crois bien que je mens : je lui ai certainement déjà demandé, mais j'ai oublié sa réponse). Que reste-t-il ? La pose-pause, l'étirement du temps, la géométrie quadridimensionnelle, dans le temps et dans l'espace, par conséquent cosmique ; l'escabeau compas, l'interpénétration du corps humain avec cette géométrie, la balance. Guy Degeorges voudrait deviner du butô. S'il a raison, c'est du butô pensé par Léonard de Vinci.

 

Vincent-Thomasset--Maximilien-Luce.jpg

Vincent Thomasset, Maximilien Luce

 

En fil rouge de toute cette semaine performative, il y avait Vincent Thomasset. Vincent Thomasset est performeur. L'an dernier, il a eu une idée maligne : copier des photographies d'identité, sans savoir autrement dessiner. Que croyez-vous qu'il arriva ? Petit à petit, il a appris, à dessiner, et à se faire un style. Portraits de célébrités ou d'inconnus, beaucoup sont véritablement bien sentis. Et, à travers ces nombreux dessins, on peut suivre la genèse d'un style, l'invention de trucs d'artiste, dont l'auteur avoue volontiers quelques-uns : par exemple, lassé de reproduire dans le détail des parties unies ou répétitives, il lui est venu l'idée de les remplacer par un aplat d'encre.


Le projet s'appelle IDon’tknow. Avec leurs grand yeux noirs emphatiques (ci-dessus), certains dessins rappellent Marie Laurencin ou les portraits du Fayoum. D'autres, authentiquement moches, comme le portrait de Bill Gates (ci-dessous), s'imposent pourtant très vite à l'esprit pour ne plus le quitter. Soyons honnêtes : ces dessins passent mieux en reproduction qu'en original, où les inégalités hasardeuses de flux d'encre ne s'avèrent pas très engageantes. Créer à partir d'un exercice de copie (oh, Vincent Thomasset n'est certainement pas le premier à y avoir songé, qu'importe), il suffisait d'y penser...

 

Vincent-Thomasset--Bill-Gates.jpg

Vincent Thomasset, Bill Gates

 

Vincent Thomasset pense en série, ce qui convient bien au fond, et paradoxalement, à la nature de la photo d'identité, et permet bien des traits d'humour (ne manquez pas Céline Dion à quatre ans). Je ne sais pas s'il en a e déjà terminé une, ni s'il ne se lassera pas d'en faire d'autres ; car mine de rien, il passe bien une heure à chaque dessin. Avis aux galeries...

 

*Degeorgisme ;-)

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 22:26

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Karina Benziada danse avec Aléa, sculpture d'Axel Rogier-Waeslynck
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

 

Suite des réjouissances du festival des Petites formes cousues (Point Ephémère) ce vendredi 23 avril.

 

Nous commençons par Christine Chu, Moi, pas moi. Cette charmante danseuse qui a vingt ans de métier s'interroge sur le fait et la façon d'être sur scène. On la voit jouer la blonde décérébrée, l'interprète de Pina Bausch, pour finir sans perruque avec le survêtement des répétitions, et les questions susdites. Interrogation gentille mais qui ne fait pas spectacle, et peut donner l'impression (sûrement à tort) d'un certain nombrilisme. Christine Chu devrait aller voir les pièces des Gens d'Uterpan, passés maîtres dans ce registre. Etre indulgent : c'est un work in progress.

 

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Christine Chu, Moi-pas moi (cl. Jérôme Delatour-Images de danse)


Puis Presque bleu d'Irene di Dio, avec Gianfranco Poddighe. (C'est fou comme ce danseur ressemble à Khadafi, me dis-je.) Bon, j'ai raté la création développée pendant sa résidence au Point Ephémère, tant pis, va pour cette vidéo plutôt attachante. Ca doit être un truc de trentenaires-quadra, cette nostalgie particulière de l'enfance, la mélancolie diffuse de n'être pas devenu star, ni quoi que ce soit, au fond. Vidéo glam, tendre, pleine d'autodérision rêveuse, et pour le prix les deux comparses font les andouilles pendant et après le visionnage. - Après coup, je rencontre Irene qui insiste : non, il n'y a pas de fantasme de star là-dedans, juste une interrogation sur ce qu'on est, l'apparence qu'on a et que l'on donne, particulièrement quand on joue la comédie. Donc, même thématique que Christine Chu ; Eléonore Didier ne fait pas les choses au hasard.

 

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Mathilde Lapostolle, Tumbleweed (cl. Jérôme Delatour-Images de danse)


Changement de registre radical, encore une fois, avec Mathilde Lapostolle que j'avais vu interpréter le !Kung Solo d'Eléonore Didier en novembre dernier ; mais surtout connue, comme me le rappelle opportunément Guy Degeorges, comme interprète de Carlotta Ikeda. Et de fait, son Tumbleweed est un solo purement butô, jusque dans les moindres détails ; quoique d'un butô du genre gracieux et léger, même si Mathilde ne déroge pas à la tradition des grimaces, des pieds recroquevillés etc. Mathilde Lapostolle illustre à la perfection son sujet : j'en veux pour preuve que, avant de connaître le titre de sa pièce, j'avais reconnu dans ses roulades ces boules broussailleuses qui parcourent les contrées désertiques sous l'effet du vent. On espère que, dans ses créations ultérieures, Mathilde Lapostolle deviendra moins illustrative, et qu'elle saura se créer un univers qui serait plus proprement le sien.

 

Et la demoiselle sur la photo en tête de cet article, me direz-vous ? C'est une des artistes qui ont eu le plaisir de se mesurer à Aléa, sculpture très réussie d'Axel Rogier-Waeslynck, une sorte de nunchaku géant et multiple, dans les couloirs blêmes du Point Ephémère. Une Performance de Karina Benziada, simple et efficace :-).

 

Toutes les images sont ici !

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 22:49

Eléonore Didier aurait pu appeler son festival des Petites formes cousues Patchwork, tant les pièces se suivent et ne se ressemblent pas. Cet après-midi, Anne-Catherine Nicoladzé présentait deux petits carreaux sobrement nommés Étude 2 et Corpophonie.

 

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Anne-Catherine Nicoladzé, Etude 2
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

 

Étude 2, en collaboration sonore avec Fanny Martin, c'est un peu un fondamental de la danse contemporaine, comme la vidéo de Muriel Bourdeau vue mardi : le travail d'une danseuse avec une table sans distinction et le béton d'un studio. Un travail sensoriel, d'investissement intime du monde concret. L'amplification des sons issus de la rencontre de la table et de la danseuse lui confère un charme particulier, donne à entendre un monde sonore insoupçonné, proprement magnifié, au fond aussi étrange que celui que ferait entendre un documentaire sur la vie des insectes. Mais ne serait-ce pas plutôt une expérience à vivre, plutôt qu'à voir ?

 

Corpophonie, de Côme Delain : Anne-Catherine Nicoladzé dans un voile de satin noir avec un homme (Côme Delain) en costume noir. Elle s'allonge sur la table et se développe. On croit qu'il va la masser. Mais non, il en joue, de la bouche. C'est pourtant vrai, ces peaux dont on fait des instruments sont toujours celles d'animaux morts, quelle idée. Il joue donc de cette poupée ingonflable, et cela évoque, près de l'aisselle comme à la fesse, une mob à sourdine.

 

Etude 2, d'Anne-Catherine Nicoladzé, et Corpophonie, de Côme Delain, ont été donnés au Point Ephémère le 22 avril 2010 dans le cadre du festival des Petites formes cousues.

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 23:04

Coup d'envoi aujourd'hui du premier festival de danse transdisciplinaire du Point Ephémère sous l'égide d'Eléonore Didier (allez-y, c'est jusqu'à lundi inclus au bord du canal Saint-Martin). Transdisciplinaire parce qu'il y a un peu de tout et que c'est voulu, sur le thème "il faut décloisonner". Enfin l'initiative est bienvenue, dans la mesure où le Point Ephémère est plus connu du public pour sa programmation musicale et son restaurant que pour ses résidences de danse, qui du coup reçoivent davantage de visibilité. Pourvou qué ça doure !

 

Donc, festival ouvert cet après-midi par Autoportrait, un work in progress de Muriel Bourdeau qui venait en remplacement des Nevada Haïkus de Cynthia Phung-Ngoc et Steve Argüelles, annulés. Ce titre m'arrange ; je ne l'ai connu qu'après, et pendant je me demandais bien comment parler de la chose. Là, c'est plus simple. L'explication, le fil, c'est soi, avec ses tensions diverses, liés de liens obscurs. Alors il faut décrire dans l'ordre, et voir si cela me parle ou non, résonne avec mon propre moi. D'abord une vidéo : elle investit un escalier, le dévale intimement, de façon répétée, démultipliée, fait corps avec lui au lieu de le sautiller. Une décadence d'escalier, avec un effet stroboscopique qui me rappelle immanquablement le Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp. Mais c'est aussi très danse contemporaine : le danseur en maillot quelconque explorant un espace banal. Je reconnais que c'est très tentant, je veux dire : ah, ces lieux qu'on rêve de connaître vraiment, intimement, comme ces rencontres qu'on souhaiterait moins superficielles. Cet escalier voit passer des milliers de gens des milliers de fois, et ne connaît pas de relation approfondie. Il est condamné à n'être qu'un lieu de passage et d'usage, à n'être jamais habité. Pour cette fois, il a dû être heureux.

 

Puis dans le noir, elle couchée sur le ventre depuis le début se lève, enlève le haut. Ca scratche, d'abord on ne voit pas quoi. Eclairée par derrière, il ne se détache d'elle qu'un filet orangé. Une chaise. Ah ! la chaise dans la danse contemporaine, très courue ces temps-ci : la chaise de Grazia Capri, la chaise de Maxence Rey... Une chaise de tous les jours. Oh ! ce n'est pas innocent, c'est que pendant longtemps on a interdit aux danseurs de se coucher voyez-vous, et encore plus de s'asseoir. C'est une autre façon de faire front. Elle fait front, quasi nue dans le noir. Elle déchire son collant, ou peut-être ses collants superposés, comme de la toile tenace d'araignée ou de cocon. Un tas de mues par terre. Elle se rhabille de ces peaux mortes, s'en entrave, se met à genoux self-bondée.

 

"Ca raconte une histoire", me dis-je sans savoir, enfin sans être sûr encore que c'est autobiographique. Je ne raconte pas les derniers épisodes, les marques et les traces et la séduction coup de poing, et les constats de police. Muriel Bourdeau doit avoir de la rage rentrée.

 

Slim, de Sophie Bocquet, c'est une autre affaire. Sophie compose un personnage, et d'un coup nous ne sommes ni dans la danse ni dans le théâtre - ce qui, nous enjoint-on actuellement, ne doit avoir aucune importance. Slim, c'est un garçon pas loin de l'adolescence dans un milieu "défavorisé", selon les termes en vigueur. Le genre d'enfant qui s'élève tout seul, avec la violence que cela suppose. Avec un surnom pareil, on imagine qu'il ne doit pas être bien épais. Sophie Bocquet le raconte comme une amie, un double plutôt dont elle partage la voix et la pensée rudes, et l'accoutrement étriqué, survêt et capuche, burqa de la misère. Sa scène est un ring rond dans lequel elle combat le vent à coups de moulinets haletants.

 

  Autoportrait, de Muriel Bourdeau, et   Slim, de Sophie Bocquet, ont été donnés au Point Ephémère le 20 avril 2010 dans le cadre du festival des Petites formes cousues.

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 15:00

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Ayelen Parolin, SMS & Love (cl. Images de danse-Jérôme Delatour)

 

Pour résumer sans dévoiler, SMS and Love est une courte performance qui explore le rapport du poulet à l'homme, excepté les poulets et les poufiasses. On s'en doutait, l'exploration n'est pas très avantageuse pour l'homme.

 

http://farm3.static.flickr.com/2800/4481875699_577e1e36da.jpg

Ayelen Parolin, SMS & Love
(cl. Images de danse-Jérôme Delatour)


SMS & Love est une sorte de portrait charge du trentenaire Ikéa, version sans Family : adulescent, narcissique, adepte de consommation rapide, confondant virtuel et réalité. Esthétiquement parlant, c'est une synthèse du théâtre trash de ces dernières années. Une dose de Rodrigo Garcia, une pincée de Jan Fabre, sans  parler des inévitables perruques et talons aiguille...

 

Ici on reste bon enfant, quoique. Sous les rires et les jeux, la violence est latente, palpable.

 

SMS & Love, de Vanina Ayelen Parolin, a été donné au théâtre de Vanves le 27 mars 2010 dans le cadre du festival Artdanthé. Lire aussi l'avis de Guy Degeorges.

 

Retrouvez ici SMS & Love en images
(pour les voir toutes, vous devez ouvrir un compte Flickr

et désactiver le filtre SafeSearch)
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 16:49
Vincent_Jeannot_Guberna_Seth_Genre-oblique_MG_6965.jpg
Brigitte Seth et Roser Montllo Guberna, Genre oblique (cl. Vincent Jeannot)

A en croire notre Jean-Marc Adolphe national, "les artistes ont visiblement du mal à prendre pied dans la construction des mythes de demain". Et celui-ci se propose de les y aider pas plus tard que samedi prochain.
"Visiblement", pourtant, des artistes comme Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna n'ont pas besoin de son aide. Je ne sais si Genre oblique construit les mythes de demain (le faut-il, d'ailleurs), mais il puise dans notre civilisation méditerranéenne et la passe, comme le nocher Charon passe les âmes d'un monde à l'autre. Enfin voilà ce qui m'a ému dans cette pièce, sur laquelle je n'ai voulu rien lire ni me renseigner avant d'avoir écrit ce qui suit.

Le décor de Genre oblique est un huis-clos de murs de gros blocs gris. Brigitte Seth paraît en chemise de nuit rose, un pull rouge en écharpe, lourde et légère dans ses mots et dans ses gestes, âme cocasse un peu perdue, un peu brisée. Les interprètes entrent l'un après l'autre. On finit par découvrir que l'on est dans un asile de fous, où des collets montés, pantins du pouvoir, servent de caméras humaines, de vains scanners de l'âme. Les surveillants, bien entendu, sont aussi fous que les internés. Mais ici, de plus, surveillants et internés changent de rôle comme de chemise. C'est au fond le paradoxe du gardien et du prisonnier. Le gardien, pourtant libre, est condamné à vivre en prison. Il s'en dégage un sentiment de fraternité dans l'enfermement partagé. De cet asile à notre société toute entière, il n'y a qu'un pas que tout spectateur franchit aisément.

L'enfermement, c'est le cercle. La brèche c'est le désir. Genre oblique est un poème de l'enfermement et de la résistance, du désir étincelle et flamme de résistance à l'aliénation. Un poème du cercle, à l'image de la Méditerranée, arène circulaire. On y tourne en rond, au son funèbre des cuivres siciliens. Trompettes et tambours composent la musique sauvage du pouvoir, la mise à mort processionnelle de la liberté. Le rond tambour imprime son rythme au coeur. Comme la trompette (merci Jean-Pierre Drouet et Geoffoy Tamisier), il est ambivalent : tantôt mortuaire et normatif, tantôt débordant d'une vie échevelée, aiguisant la sensualité à vif des corps. Oh, le contraste des cols blancs et de la chair frémissante, quand les jambes parlent plus haut que la tête !

Genre oblique a la simplicité limpide et riche d'une fable. On n'est pas loin du Roi et l'Oiseau de Paul Grimault, dans la symbolique comme dans les combats. Mais ici la tyrannie qui aliène les âmes et les corps n'est pas celle d'un roi sans coeur, c'est la tyrannie de la normalité, d'une société contre l'individu.

Genre oblique réussit une synthèse parfaite du théâtre, de la musique et de la danse, comme un retour à la tragédie grecque. Le chant en moins, la satire en plus, et une sensualité puissante. Avec tout cela, c'est comme un hommage à Pina Bausch dans la musique (comment ne pas penser à La Plainte de l'impératrice ?) et dans les corps (Roser Montlló Guberna, toute en os musclés sous sa nuisette, comme une réincarnation latine de Pina). Et le cercle finit sur une brèche ouverte.

Genre oblique, de Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna, a été donné aux Abbesses du 9 au 13 mars 2010.
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 10:52

J'étais venu photographier Viviana Moin dans son nouveau solo, Mme Gonzalez au piano, je suis resté toute l'après-midi.

Le Dansoir de Karine Saporta est une chic idée. Imaginez-vous une grosse yourte grise plantée sur l'esplanade de la bibliothèque François Mitterrand. Les nomades de l'art courant à bride abattue sur les fleurons froids de notre modernité pour y planter leur étendard fragile.

Cette yourte est un authentique Magic Mirror, un de ces étonnants mini-cirques fabriqués au début du 20e siècle, ressemblant à l'intérieur à de grands manèges, avec leur colonnettes de métal torsadées et leurs parois de bois plaquées de petits miroirs. Avec cela, des tentures de velours cramoisi, de la passementerie dorée, des globes qui me font penser à des lampions chinois. On y croiserait Satie ou Lautrec qu'on n'en serait pas autrement étonné. Karine Saporta, elle, promène son sourire rouge dans un grand manteau noir à longs poils de jais qui prolongent sa chevelure ondulante.

Donc, le festival Indisciplines de Karine Saporta, programmé par Sabrina Weldman, met en avant des artistes émergents, ou le cul entre deux cases, des trublions pas toujours volontaires ; et cela nous vaut une programmation transgenres à laquelle il faut s'abandonner, sans à priori.

http://farm3.static.flickr.com/2750/4379169976_787456d048_b.jpg
Viviana Moin, Madame Gonzalez au piano
(cl. Jérôme Delatour-Images de danse)


L'après-midi débutait avec Viviana Moin. Cela fait plusieurs fois que je la photographie au Regard du Cygne et au théâtre de Vanves. Viviana est difficile à photographier, parce qu'elle ne donne pas dans le spectaculaire. Elle aborde le public micro en main, le prend par la confidence. En cela sa stratégie d'approche/d'accroche est semblable à celle d'Yves-Noël Genod. D'emblée, le public est désarmé. Dans certains lieux on lui reproche même de ne pas danser. Alors, pour situer, on va dire qu'elle est performeuse. Mais elle aimerait bien qu'on la dise danseuse, je crois. C'est qu'elle parle beaucoup sur scène. Elle raconte des histoires, des morceaux de sa propre histoire plus ou moins vrais, un peu surréalistes. Ce n'est pas pour rien que Viviana est argentine. Elle a quelque chose du Nouveau Monde, de ce baroque qui mêle la mort et l'exhubérance.

Cette fois, Viviana parle peu et improvise. De Mme Gonzalez et de son piano, il ne sera pas beaucoup question. Alors de quoi est-il question ? De l'être, de la femme, de la transe. De primitivité ou de nature. Pour l'occasion, avec des pains de paille de fer elle s'est confectionné une imposante perruque de marquise et des dessous coordonnés. Grimée à la Josephine Baker, surmontée de sa perruque mais déjà nue, elle tente quelques figures de danse. Parfois elle adresse au ciel des regards de madonne. Ou bien, les genoux au carré, elle singe les danseuses sacrées de l'Inde. Comme si cela ne suffisait pas, elle s'appelle Pichipilu, du nom d'un marsupial éteint de Patagonie (rappelons que le pichipilu fait partie de la sous-famille des pichipilinés, qui comprenait le phonocdromus et le pliolestes). Viviana a le chic pour s'inventer des tenues de carnaval un peu déglinguées. Cela fait rire le public, et sa maladresse feinte. Mais elle est on ne peut plus sérieuse, on sent que pour elle le déguisement est un rite nécessaire. Elle accueille l'étrangeté. Sérieuse en se jouant, s'échappant derrière ses multiples avatars, identités d'occasion. Mais la perruque d'argent va valser, ce boulet tournoyer, les cheveux se détacher, l'âme humaine se libérer ; par la transe, la marquise devenir Indienne imaginaire, et Viviana presque méconnaissable, parce que tout à fait elle-même, syncrétique, pleinement femme.

http://farm5.static.flickr.com/4001/4378427911_a598865bcb_b.jpg
Viviana Moin,
Madame Gonzalez au piano
(cl. Jérôme Delatour-Images de danse)


Autre figure de femme avec l'Alzbeta Hlucha d'Eva Klimackova. Qui est Alzbeta Hlucha ? Google ayant été incapable de me le dire, je vais supposer que c'est un personnage inventé*.

Cuisse blanche,
Orteil qui danse,
Fleur noire sur la neige,

d'abord on dirait du butô. Le costume est la moitié du personnage. Caricature de la mode romantique, avec sa capote-tunnel conçue comme des oeillères à chevaux, il souligne son enfermement. Mais l'ample corolle sans jupons souligne aussi la nudité qui s'impatiente au-dessous, comme un papillon qui se frotterait aux barreaux d'une cage. Une pulsion impérieuse anime cette figure énigmatique, ce masque lisse comme l'Olga de Picasso. Silencieuse, poupée de chiffon agitée de gestes étranges, elle jette la main à la manière des autistes, pauvre chose perdu qui se cherche sans fin dans les flocons. Elle se dresse sur un pied comme un oiseau dormant, se déride quand la musique se décoince : audace enfantine, elle relève sa robe jusqu'aux seins. La belle aliénée bêle et nous pique au vif. Vive les chorégraphes slovaques !

La Brûlure du regard de Karelle Prugnaud commence comme un cours d'histoire de l'art, par une projection. Pour beaucoup, c'était le plat de résistance. Non parce que quatre Bacchantes encellophanées les accueillaient avec de la viande entre les dents, ou piquée à la pointe d'un couteau de boucher, mais par l'ambition et le nombre des interprètes. Qu'en dire ? Karelle Prugnaud met en scène, ou brode autour du mythe d'Actéon, en recourant aux tics traditionnels de la scène contemporaine, nous reservant les clichés les plus éculés des genres et du désir - attendez vous à voir des talons aiguille, de la boue, du sang, des crinières déliées, des excès de maquillage, du stupre de bon ton. Les femmes sont tour à tour cerfs et chiens, prédatrices et victimes. On espère quelque chose au début, Karelle Prugnaud semblant vouloir brouiller le mythe en y introduisant la figure du cygne, mais l'idée n'ira pas plus loin, et il faut bientôt se farcir un fade monologue d'Eugène Durif. Tout cela me paraît bien vain. Quoi de neuf après Ovide et la Renaissance ? Malgré une bonne volonté patente, l'excès de viande finit par être indigeste.

* Renseignement pris, il s'agit de la grand-mère d'Eva.

Mme Gonzalez au piano, de Viviana Moin, Alzbeta Hlucha, d'Eva Klimackova, et La Brûlure du regard, de Karelle Prugnaud, ont été donnés au Dansoir de Karine Saporta le 14 février 2010 dans le cadre du festival Indisciplines.

Retrouvez ici Mme Gonzalez au piano en images
(pour les voir toutes, vous devez ouvrir un compte Flickr
et désactiver le filtre SafeSearch)
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 15:38
Un truc de malades, comme il n'y en a que quelques-uns par siècle. Une idée de José Alfarroba, directeur du théâtre de Vanves, pour l'ouverture d'Artdanthé, alors que Pina Bausch était encore des nôtres : 33 artistes (chorégraphes, metteurs en scène, plasticiens, vidéastes), 33 éclairages, 33 musiques, une cinquantaine d'interprètes (dont un invité franchement mineur au moment des faits), 4 minutes par artiste, et une grosse heure de retard à la générale.

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Montre-moi (ta) Pina, Waldemar Kretchkowsky (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

4 minutes pour convaincre, le temps d'une exécution. Dans le hall d'entrée, en attendant l'heure fatidique, il y a les traqueux qui se remontent au ballon de rouge ou qui sortent griller leur dernière cigarette. Andrea Sitter se commande une assiette de bleu (mais pas du roquefort ! c'est trop fort), Viviana Moin demande qui veut se dandiner devant elle juste pour voir. Yves-Noël Genod se promène cool, un tourteau passe à toute allure.

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Montre-moi (ta) Pina, Gael Depauw
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Rendre hommage à Pina Bausch en 4 minutes, comment faire ? La morte impressionne. Et, paradoxe, la jeune génération ne la connaît quasi que par ouï-dire. Déjà une icône. Au fil d'une trentaine de numéros, les stratégies forment des statistiques. Il y en a qui insistent sur l'absence et le funèbre : plateau vide, nature morte improvisée, seuls couchés sur la scène, ou mimant un duo. Beaucoup conjurent la mort par l'humour, grand-guignol ou décalé (Kataline Patkaï indienne, Marta Izquierdo-Muñoz burlesque, Ami Garmon crustacée, Viviana Moin médium, Andrea Sitter... Andrea Sitter). Un trio désopilant, mené par la férule de Gael Depauw, feint de mésinterpréter le titre du spectacle. D'autres témoignent plus directement, généralement avec une pointe d'autodérision (Marie-Jo Faggianelli et d'autres - pardon pour les noms, tout cela s'éclaircira avec le temps...). D'autres esquivent avec brio (Yves-Noël Genod en éventail et chaussettes), d'autres débarquent juste d'une autre planète (Mr X & Mr J). Les vidéos, toutes réussies pour une fois, rejouent les codes bauschiens. D'autres enfin dansent, tout simplement, et c'est peut-être eux qui méritent la palme de l'émotion. Dans ce registre, Guesch Patti se montre parfaite de retenue et d'intensité. Idem pour Raphaël Cottin, et pour l'Ukrainien Waldemar Kretchkowsky, admirable dans sa grande robe rose (photo !). Très opportunément, les benjamins Pierre Niney et Marie-Charlotte Chevalier jouaient le fil rouge pour structurer ce défilé joyeusement hétéroclite.

Les clichés sont là nombreux, mais c'était un choix délibéré de José Alfarroba : des tombereaux de deux-pièces, de robes de satin rouges et noires, de talons aiguille, de seaux d'eau, de chaises, de fleurs déversées, de valises, de tubes de Purcell, de cheveux longs... Au reste, pas mal d'hommes à poil ou en robe. Une révolution bauschienne a bien eu lieu.

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Montre-moi (ta) Pina, Marie-Charlotte Chevalier et Pierre Niney
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Un tel projet comporte fatalement des faiblesses, selon le temps et l'engagement des uns et des autres. Mais avec une telle variété de propositions, chacun est assuré de trouver son bonheur.

Voilà, la mère est tuée, il reste à s'occuper du père. Charmatz l'a déjà un peu fait. Après Montre-moi (ta) Pina, j'attends un Montre-moi ton Cunni(ngham). Et cette fois, il faudra faire preuve d'encore plus de technique. Allez José, pour 2011... chiche ?

Pina B. vue par…, Montre-moi (ta) Pina, est créé au théâtre de Vanves les 25 et 26 janvier 2010 dans le cadre du festival Artdanthé.

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 10:32
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Tara Pilbrow et Tristan Macé, Noli me tangere (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Avec ce duo de tango libre, je ne savais trop à quoi m'attendre. J'avais été contacté par l'agent de presse de Tristan Macé, compositeur et improvisateur, pour une répétition au Regard du Cygne, représentation le lendemain au même endroit.

Tristan Macé a imaginé une série de rencontres avec des danseurs et artistes de tous horizons sous la forme de duos improvisés, donnés une première fois en 2008-2009. Avec Tara Pilbrow, le point de départ a été un épisode fameux de l'histoire du tango. En 1914, Pie X assista à une démonstration de tango par un frère et une soeur entrés dans les ordres afin de décider si cette danse, décriée pour sa sensualité, devait ou non être interdite - scène alors popularisée par l'Illustration (n°3702 (7 février 1914), p. 107 - profitez-en pour lire ce très intéressant article sur l'histoire du bal d'où je tire ma reproduction).

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Cette scène curieuse est le prétexte d'une série de saynètes qui structurent fortement l'improvisation, tout en laissant libre cours au charisme des deux protagonistes. Tara Pilbrow est une très belle danseuse toute en longueur, fine mais dégageant une incroyable vitalité. Chaussée ou pieds nus, chevilles tordues ou assise en poupée, elle destructure le tango avec une liberté folle, une ferveur d'enfant. Un tango sans mâle dominateur, ou mâle réduit à un bandonéon, à une lanière de nylon qui la blesse, dont elle rit de bon coeur.

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Tara Pilbrow et Tristan Macé, Noli me tangere (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Lui, recroquevillé sur une chaise, s'accroche à son instrument qu'il étire comme un chat ; un peu dans son coin, comme un fan qui n'ose pas. Mais Tara sait aller le chercher, et son lampion noir a la fièvre. Du tango l'essentiel est préservé : le couple, le jeu amoureux, les regards, le corps à corps ; ne fût-ce que par derrière, presque par surprise, ou avec un bandonéon démantibulé, pour une joute par procuration.

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Tara Pilbrow et Tristan Macé, Noli me tangere (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

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Tara Pilbrow et Tristan Macé, Noli me tangere (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

J'ai rarement ressenti une telle complicité. Tout cela n'est que du cinéma... mais quel couple !


Noli me tangere, de Tristan Macé et Tara Pilbrow, a été donné le 25 novembre 2009 au Regard du Cygne dans le cadre des Instants Fugitifs.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 01:34
Francesca Woodman est une des étoiles filantes de notre monde en perte d'esprit, au firmament duquel brille aussi Ana Mendieta. Elle en est un martyr laïc, un exemple d'engagement total pour l'art, jusqu'à la mort (elle se jeta par une fenêtre à vingt-deux ans ; officiellement, Ana Mendieta se suicida également, de manière semblable).

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Grazia Capri, On Being an Angel (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Francesca Woodman aurait pu être danseuse, ne fût sa passion pour le médium photographique, son caractère trouble et funèbre sans doute, qui fit d'elle une photographe précoce et surdouée. Ses thèmes de prédilection (l'autoportrait, la virginité - le lys, le temps et l'évanescence - le miroir, la porte, le passage, la ruine, les traces, la plume, la disparition), son style (le mouvement rendu par le flou de bougé, les visages cachés, le format carré, un certain côté low-fi, mais des compositions très réfléchies et scénarisées) lui assurent aujourd'hui une forte popularité, que sa mort tragique transforme en mythe.

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Grazia Capri, On Being an Angel (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

La place du corps, du mouvement, de l'intime dans son oeuvre en font un sujet de choix pour un chorégraphe. Francesca Woodman n'est pas absente du travail d'Eléonore Didier, chez qui la fixation du mouvement par la photographie joue un rôle central (voir Paris possible, désormais devenu !Kung solo) ; en résidence à Mains d'Oeuvres, Grazia Capri s'inspire de la série On Being an Angel, produite par Francesca Woodman après avoir vu, dit-on, les fontaines de Rome.

J'ai eu la chance de pouvoir photographier Grazia Capri en répétitions. Le décor n'y était pas encore, quoique celui du studio de danse de Mains d'Oeuvres me semble parfait, ni la musique qui sera peut-être de Scarlatti, que Francesca aimait jouer. Pour moi, toute la difficulté de la prise de vues était de ne pas (trop) plagier Francesca Woodman, ni de verser dans la photo de nu. A mon propre étonnement, des ailes ont parfois poussé sur mes photographies sans que je les y aie tout à fait consciemment mises. Je laisse les lecteurs juges et les invite à venir voir Grazia Capri lorsque la pièce sera créée (une répétition publique aura lieu au Regard du Cygne le 12 mars 2010).

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Grazia Capri, On Being an Angel (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Vincent Jeannot était de la partie, ses propres photographies sont ici. A la pause café, Grazia Capri nous a parlé de son exil volontaire en France, faute de pouvoir exercer son art dans des conditions décentes en Italie. Selon elle, ce n'est pas qu'une question de manque de subventions, mais aussi de public. Je n'y avais jamais pensé. Paradoxale patrie des arts !

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Grazia Capri, On Being an Angel (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)


Retrouvez ici les répétitions d'On Being an Angel, de Grazia Capri, en images
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Articles Récents

Festivals & cies

Quelques festivals...


Hiver


Artdanthé (Vanves, entre novembre et mars)
Faits d'Hiver (Île-de-France, janvier)
Tanztage Berlin (janvier)
SzólóDuó Tánc Nemzetközi Fesztivál (Budapest)
Escena contemporanea (Madrid, janvier-février)
Vivat la danse ! (Armentières, février)
Tanzplattform (février, Allemagne)  
DañsFabrik (Brest, février-mars)
Les Hivernales d'Avignon (Avignon, février-mars)
Tanz Bremen (Brème, mars)
Les Repérages (Lille, mars)
Biennale nationale de danse du Val-de-Marne (mars-avril)

Printemps


Biennale de danse de Charleroi (mars-mai)
Freedance
(Dniepropetrovsk, Ukraine, avril)
Brasil Move Berlim (Berlin, avril)

Springdance (Utrecht, avril)
La danse de tous les sens (Falaise, mai)

Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (Île-de-France, mai-juin)

Festival TransAmériques (Montréal, mai-juin)
Tanec Praha
(Prague, juin)
Dance Week Festival (Zagreb, juin)
Uzès Danse
(Uzès, juin)
Latitudes contemporaines (Lille, juin)
Alkantara festival (juin)
Zawirowania (Varsovie, juin)

Eté


Festival de Marseille (juin-juillet)

Montpellier danse (Montpellier, juin-juillet)
Festival d'Avignon (Avignon, juillet)
L'Eté des Hivernales (Avignon, juillet)
ImPulsTanz (Vienne, juillet-août)
Paris quartier d'été (Paris, juillet-août)
Internationale Tanzmesse nrw (Düsseldorf, août)
Tanz im August (Berlin, août-septembre)

Automne


Biennale de la danse (Lyon, septembre)

Le Temps d'aimer (Biarritz, septembre)
Plastique Danse Flore (Versailles, septembre)
Dansem (Marseille, septembre-octobre)
Sidance (Séoul, septembre-octobre)
iDans (Istanbul, septembre-octobre)

Ciało/Umysł (Varsovie, septembre-octobre)
Festival d'Automne (Paris, septembre-décembre)
Les Eclats chorégraphiques (Poitou-Charentes, octobre)
Tanzhautnah (Cologne, octobre)
123Tanz (Hall, Autriche, octobre)
Tanztendenzen (Greifswald, octobre)
Bøf (Budapest, octobre)
Panorama de dança (Rio de Janeiro, octobre-novembre)
Dance (Munich, octobre-novembre)
Fest mit Pina (Allemagne, novembre)
Euro Scene Leipzig (novembre)
Les Inaccoutumés (Paris, novembre-décembre)
Decemberdance (Bruges, décembre)

Dates variables


DatanzDa (Zürich)
Les Grandes traversées (Bordeaux)
Ikonoclaste (Wuppertal)
Junge hunde (Kanonhallen, Danemark)



... & compagnies


cie l'Abrupt (Alban Richard) VID
Absolutamente (Jesus Sevari)
AIME (Julie Nioche)
Aitana Cordero VID
Alias (Guilherme Botelho)
Ann Liv Young DVD
Anna Halprin
Ann van den Broek VID
cie Ariadone (Carlotta Ikeda) VID
Arthur Kuggeleyn + Co.
As Palavras (Claudio Bernardo) VID
Association Achles (David Wampach) VID
Association Edna
(Boris Charmatz)
cie Caterina Sagna VID
cie Cave canem (Philippes Combes) VID
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cie C.Loy (Cécile Loyer) VID
Corps indice (Isabelle Choinière) VID
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Deja donne
(Lenka Flory et Simone Sandroni) VID
Digital Video Dance Art (Iker Gómez) VID
Dorky Park (Constanza Macras) VID
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cie Felix Ruckert
Les Gens d'Uterpan (Annie Vigier/Franck Apertet)
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Groupe Noces (Florence Bernad) VID
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Kekäläinen & Company
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Kwaad bloed vzw
(Charlotte vanden Eynde & Ugo Dehaes)
L1 danceLab (collectif hongrois)
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cie L'Explose (Tino Fernández)

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XLproduction (Maria Clara Villa-Lobos) VID
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