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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 22:24
C'était ma première rencontre avec Meg Stuart. Je ressens toujours une inquiétude à découvrir un nouvel artiste : saura-t-il me parler, parviendrai-je à l'entendre ? Ce soir, la rencontre s'est faite.

Do Animals Cry
est d'abord une grande fresque du vide contemporain. Elle commence dans la pénombre, en soirée pyjama. Cinq adultes, gentils, pas vraiment méchants, même un peu cons-cons, qu'on a envie d'aimer, destinés à mourir dans pas longtemps. Des occidentaux hébétés de base (individuellement inoffensifs, collectivement responsables d'Abu Ghraib ou de Guantanamo). En un mot nous. Suit un petit-déj, puis une succession de tableaux de la vie ordinaire.
Ces individus paraîtraient normaux si Meg Stuart ne s'attachait à l'autre face de leur réalité, ces minutes d'ineffable mélancolie où l'individu lambda se sent submergé par les siècles. Alors l'éternité, tapie dans les interstices du banal, le saisit ; l'excès de civilisation le laisse démuni, plus que jamais enfant, transi d'interrogations irrésolues, insolublement seul dans sa course aux chimères ; traversé par le désir et cette folie latente, d'entre les secondes, invisible à l'oeil nu de la comédie humaine, qui fait de nous des êtres dignes, capables d'amour et de compassion.

C'est quand survient la figure du Christ que l'on comprend que la nouvelle pièce de Meg Stuart est véritablement un mystère chrétien. En tee-shirt et jean, il dévale une échelle les bras en T ; le voilà donc revenu. A ce jeune homme gracile aux cheveux longs, nos amis tentent de se raccrocher avec une fébrilité panique, désespérée, comme au cocotier de la dernière chance, comme s'ils ressentaient une menace imminente. A suivre Meg Stuart, ils ont raison : dans le naufrage de nos vies, le Christ est là, accompagnateur silencieux, imperturbablement serein, infatigable, éternel. Il faut donc cesser d'avoir peur et de désespérer.
En fond de scène un boyau de petit bois comme un fourreau géant de traîne-bûches, une échelle dessus comme sur un sous-marin. Un passage ? Un accélérateur de particules ? Une métaphore du recommencement, de la circulation perpétuelle entre les mondes ? A la fin de la pièce, la scène se vide, les accessoires sont entassés en hâte à ses deux extrémités, bouchant le tunnel. Ce pourrait être la fin des temps, l'heure du jugement dernier.

Le christianisme serait-il donc la nouvelle obsession belge ? Il y a peu, Alain Platel a rendu hommage à la Vierge (Vsprs), et plus récemment à la compassion chrétienne (Pitié). Dans sa récente Orgie de la tolérance, Jan Fabre met en scène un Christ dépassé par les événements, ayant perdu la partie ; un souverain démonétisé, pantin de notre cynisme. Chez Meg Stuart au contraire, peut-être parce qu'elle est d'abord américaine, le Christ reste intact, intouchable, transcendental.
Crise mystique dans un climat mondial difficile ? Pas sûr. Chez tous, le même constat d'épuisement de l'humanité, les mêmes critiques de nos faiblesses et de nos fuites, les mêmes interrogations (l'homme et l'animalité - "I am an animal", slogan chez Fabre ; "Do Animals Cry", question chez Stuart) ; mais leur Christ s'impose d'abord comme un modèle laïc de moralité, de vertus humaines. Quoi qu'il en soit, c'est chez Meg Stuart qu'il a le plus beau rôle et le plus manifeste. Vers la fin de sa pièce, elle lui accorde un long et bouleversant solo. Son Christ est une entité étrange, androgyne, troublante, comme dépourvue de conscience, instinctivement bienveillante, indiciblement sensuelle ; à la fois partout et à côté, nulle part, parallèle, double... L'Eglise catholique gagnerait à s'emparer de cette pièce.

Formellement, on pourrait parler de théâtre mimé, Theatertanz plutôt que Tanztheater, car la narration y occupe une place prépondérante. Aucune importance. Soutenu par la musique planante de Hahn Rowe, un tantinet facile mais efficace, Do Animals Cry retrouve l'émotion que Platel avait produite dans Vsprs et perdue dans Pitié. Les six interprètes sont tous admirables, l'agencement millimétré, subtil, à mille lieues de la farce pauvrette et bâclée de Jan Fabre. Pas une bitte à l'air en deux heures de spectacle, quelle audace révolutionnaire !

Une fois de plus, les commentateurs m'étonnent par leur à peu près et leur manque d'esprit critique. Pourquoi prendre les dossiers de presse pour argent comptant ? On me vend une "saga familiale", de la radicalité, de l'audace. Pour la saga familiale, c'est absurde. Une famille ne se compose pas de six personnes du même âge ; il fallait comprendre famille humaine, et peut-être même enfants de Dieu. Et si radicalité il y a, c'est de mettre en scène la figure christique et de lui donner autant de place. Mais, curieusement, aucun des commentateurs que j'ai lus ne l'a seulement aperçue ! Il faut dire que la pièce n'a encore été jouée qu'en France ; gageons que les commentateurs étrangers sauront percevoir ces symboles religieux que le Français moyen, à l'évidence, ne comprend plus.

Do Animals Cry, de Meg Stuart, a été donné au Théâtre de la ville du 26 au 30 mai 2009.
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 12:08

Ali Fekih,
Le Flamants roses
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Les Flamants roses, c'est bien trouvé. Car tout n'est pas rose dans la vie d'Ali, mais Ali veut en parler. Non pas tant pour lui que pour les autres, pour tous les autres, nous, malades ou non, car son expérience est riche et singulière. Et qu'il flambe un peu, Ali.


Ali Fekih, Le Flamants roses
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Nouveau solo, plus autobiographique encore que Des Equilibres. Plateau blanc cette fois, peut-être parce que tout n'est pas encore tout à fait ficelé, mais après tout le blanc convient bien après le noir : cette fois, on vous dit tout, ou presque. Un grand fracas d'enfance brisée. Des craies de couleur fracturées, des craies qui n'écrivent pas. Toute la couleur à terre. Des fils de mémoire entre France et Maghreb.


Ali Fekih, Le Flamants roses
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Corps et prothèse : double carcasse, double peine. Solitude. Hamlet sur un cercueil à roulettes.
L'insoutenable légèreté des sacs plastique. Sa vie à lui tiendrait peut-être dans un sac, un sac voyageur qui ne saurait pas voler.


Ali Fekih, Le Flamants roses
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Tout est couleur sauf Ali, sauf quand il retourne sa veste ou qu'il se dévoile en costard collant.
Ali manie brillamment l'arte povera des bouts de ficelle.
Il pousse ses béquilles à bout ou les brandit. Béquillibriste. Elles le tiennent à distance de la terre, et des autres éventuellement, comme une menace.
Ali dit quelques mots poétiques. Il marmonne plutôt, ils sont presque inaudibles. Ce n'est pas son truc, ou pas encore.

Il paraît qu'Ali cherche un diffuseur !

Les Flamants roses, d'Ali Fekih, a été présenté à Micadanses les 6 et 7 avril 2009.

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 23:01
Malgré le titre et la date, le 1er avril, Laughing Hole est tout sauf une plaisanterie. Un trou c'est une blessure, une faiblesse. Un trou c'est le vide, la vacuité. Un trou c'est une menace, un trou d'air, une voie d'eau ; le pétrin où l'on se met, un gouffre où l'on pourrait tomber.


La Ribot, Laughing Hole (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Créé en juin 2006, Laughing Hole fait étrangement écho au Ha ! Ha ! de Maguy Marin, dont la première eut lieu deux mois auparavant. Les deux pièces dénoncent le rire nerveux d'une société occidentale au bord de l'implosion, satisfaite et dégoûtée de sa puissance démesurée, qui se retourne contre les autres et contre elle-même. Dans le contexte actuel, alors que cette société semble sombrer dans l'oeil du cyclone, elles pourraient prendre un accent prophétique ; mais elles ne font que traduire un sentiment depuis longtemps partagé par tout un chacun, un constat d'échec et de gâchis généralisé de nos démocraties.

Le dispositif de Laughing Hole, dans la droite lignée de toutes les autres pièces de La Ribot, est très simple, mais efficace, et son effet subtil.
Trois femmes, riant sans pouvoir s'arrêter, parcourent une salle jonchée de centaines de cartons retournés, face contre terre, sur lesquels figurent des mots, des phrases. Elles les prennent un à un pour les afficher sur les murs, composant au hasard des nuages de pensées. Parfois, elles glissent et chutent sur les cartons épars, en riant d'autant plus. Même pas mal !

La Ribot, Laughing Hole (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Ces cartons ont le format des cris, des slogans, des protestations. Ils font hurler nos démons contemporains : violence, vacuité, impunité, égocentrisme et corollaires (peur, veulerie) ; Guantanamo, Gaza...
Les trois performeuses, dont La Ribot elle-même, sont des femmes de ménage de charme, en blouse de couleur, tongs et culotte décontractée, rouleau de scotch en guise de bracelet. Proprettes, d'une impudeur tranquille mais modérée. Leur corps, leur vêtement, leur activité, tout en elles symbolise notre société malade : attirante et désirable, mais désespérément cynique, insolente, écervelée, inconséquente, niaise, ignorante, béate, futile, indifférente, irresponsable, - épuisée. Si le rire ne conduit pas toujours aux larmes, il mène fatalement à l'épuisement. Leurs rires de mouettes finissent noyés dans le bruit de fond.

La Ribot, Laughing Hole (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

La conjonction fortuite des mots et des poses, l'arrangement aléatoire des cartons sur les murs créent des associations cocasses, surréalistes.
L'action de prendre les cartons et de les afficher relève du dévoilement, de la révélation d'une vérité connue (la grecque alètheia). Au chaos du sol jonché, elle fait succéder l'ordre des murs couverts d'inscriptions. C'est un grand ménage moral, une catharsis. Qui n'est pas exempte d'ambiguïtés : dans cette opération, nos créances toxiques ne font que migrer du sol au mur, et tacher un espace jusque-là immaculé ; et la confession de nos péchés reste légère, au fond, puisque Dieu désormais, c'est nous.

Laughing Hole dure six heures au cours desquelles les trois performeuses, fatiguées de rire, doivent se relayer pour tenir le choc. Le public peut aller et venir à sa guise, mais il me paraît plus judicieux de rester jusqu'à la fin. Pour le spectateur, c'est un exercice de patience, d'ascèse, d'extase. Aveu : je ne suis resté que trois heures trente. Mais j'étais obligé de partir, j'aurais aimé rester jusque au bout.
J'ai vécu Ha ! Ha ! comme une agression qui manquait sa cible, comme une balle perdue. Je suis plus sensible à Laughing Hole, qui prend davantage la forme d'une cérémonie expiatoire, d'une séance de thérapie collective, de conjuration du sort par la fixation symbolique des maux-mots. C'est une pièce pour repentis. Chez La Ribot, je ne me sens pas agressé, mais plutôt rasséréné, pris par la main, invité à la méditation, à changer d'attitude.

Un bémol cependant. Nombreux sont les artistes qui, chacun à sa manière - bouffonne chez Fabre, protestataire chez Marin, intellectualisée chez La Ribot, dénoncent les travers destructeurs de notre société. Dénoncer, c'est bien, mais nos médias politiques et culturels se chargent déjà bien assez de nous étriller à longueur de journée ; proposer, c'est mieux. J'attends aussi cela d'un artiste engagé.

♥♥♥♥ Laughing Hole, de La Ribot, a été donné au centre Pompidou le 1er avril 2009.

Retrouvez ici Laughing Hole en images

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 10:17
Voilà Jan Fabre victime à son tour du syndrome du Bazar du homard. N'y allons pas par quatre chemins : l'Orgie de la tolérance est un spectacle bâclé, dépourvu d'enjeux esthétiques et idéologiques ; du Jan Fabre en roue libre.

Les indulgents pourront dire que Fabre réinvestit la tradition de la commedia dell'arte : farce, pantomime, danse (un tout petit peu), jeu et caractères outrés, postures et allusions sexuelles à tire-larigot, tout y est. Les autres s'agacent d'autant de paresse, de l'auto-recyclage permanent (c'est reparti pour l'homme-chien, le rock à fond les manettes, l'apostrophe beuglée du public (après "we are animals", c'est maintenant "Fuck you" ; il y a du progrès)...), mais surtout de l'absence de sincérité, d'un véritable engagement moral.

A grands coups de gags éculés, Fabre vous tartine de conformisme, d'un prêchi-prêcha bien-pensant contre la société de consommation, la religion de l'argent qui nous pourrit tous. Vous apprendrez donc qu'aimer l'argent ce n'est pas bien et que ça rend malheureux, que la jouissance sexuelle ce n'est pas bien non plus, que la mode est futile, qu'abuser des drogues n'est pas joli, que le nazisme est vilain, qu'Abou Ghraib n'est pas une belle chose, que le racisme rend laid et qu'il n'est pas juste. Et que la religion du Christ c'était pas mal, au fond.
Est-ce donc tout ce que ce pitre a à nous dire ? En matière d'obscénité, il atteint par là des sommets. Et pourtant, comble de l'ironie, Fabre a rabattu beaucoup de son obscénité scénique. Peut-être envisage-t-il une tournée en Chine ? Ou bien aurait-il adhéré secrètement aux témoins de Jéhovah ? Il faut dire que la provoc fabrienne s'émousse plus vite qu'une motte de beurre. Le comédien qui s'empale le derrière sur le canon d'un fusil aurait scandalisé il y a dix ans, aujourd'hui il fait rire gras.

Le public du Théâtre de la Ville adore la médiocrité. Personne n'a claqué son siège ce soir. Une insulte pour Fabre qui ferait bien de prendre une année sabbatique.

(Naturellement, nos "critiques" officiels, Rosita Boisseau et Marie-Christine Vernay, ont adoré. Raphaël de Gubernatis est plus crédible.)

L'Orgie de la tolérance, de Jan Fabre, est donné au Théâtre de la Ville du 31 mars au 4 avril 2009.
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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 22:42
La compagnie rocheloise de Toufik OI ne quitte pas assez sa province, et c'est dommage. Le festival Artdanthé vient de donner l'occasion aux Franciliens de découvrir l'intégralité de son dernier opus, L'Inéluctable métamorphose. Une ambitieuse trilogie autour des métamorphoses du corps qui l'a tenue en haleine pendant quatre ans. Hélas, le sort a voulu que je ne puisse en voir et photographier que la première partie, un solo créé en 2004.


Toufik OI, L'Inéluctable métamorphose (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Dans un mélange d'écriture et d'improvisation, Anne Journo y interprète une Athéna au casque infime ; ayant enfanté sans doute, consignant ses histoires à même son parchemin palpitant. Sa nudité si naturelle laisse lire ses accidents, ses partitions, d'anciennes métamorphoses. Plus médiévale, sorcière belle à ébranler le plus pieux chevalier, elle manipule un graal de verres précairement empilés. Elle ne transvase pas le sang du Christ mais un simple fluide, et des figurines minuscules signalent qu'il est question de naissance ; que le néant s'écoule vers la vie, ou plutôt que l'une coule vers l'autre, et inversement.


Toufik OI, L'Inéluctable métamorphose (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Lovée dans son carton elle s'enfante.
La boîte, leitmotiv de Toufik, prolonge cette méditation : comme le corps, comme le graal, la boîte éventuellement table est enveloppe, ventre, refuge, réceptacle, passage.  Boîte ou plus exactement carton de déménagement, carton de départ, de changements irréversibles, de déchirement.
Une vidéo sert de mise en abîme. Anne Journo s'y dédouble dans d'autres espaces, dehors et dedans. Une troupe nue processe dans les méandres d'un château, et revoilà la boîte et les verres empilés. C'est un peu les chevaliers de la Table ronde chez les nudistes, me dis-je.


Toufik OI, L'Inéluctable métamorphose
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)


♥♥♥♥ L'Inéluctable métamorphose, de Toufik OI, a été donné au théâtre de Vanves le 26 janvier 2009 dans le cadre du festival Artdanthé.


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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 16:39
Au centre Pompidou, c'est toujours luxe, calme et volupté. La salle est belle, décors et costumes toujours soignés, la programmation superbe, exigeante et éclectique, et les générales commencent à l'heure. Il faut y aller !


Myriam Gourfink, les Temps tiraillés (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Je ne connaissais pas encore le travail de Myriam Gourfink. A première vue, en me fondant sur quelques photos et les réminiscences de quelque article, j'imagine que Les Temps tiraillés sont la suite immédiate du Corbeau. Même danse du geste lent, même apprêt de la danseuse scrupuleusement vêtue et coiffée, même inspiration orientale, yogique.


Myriam Gourfink, les Temps tiraillés
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

7 danseuses sur scène, un chiffre sacré pour une ambiance cosmographique, la terre, les hommes, des étoiles matérialisées par des écrans vidéo pendus au ciel. Trois musiciens, un basson deux altos, forment un souffle rauque qui nous aspire (musique de Georg Friedrich Haas, merci l'Ircam !). Cela s'étire alors en une longue respiration, poumon, comme l'univers dans ses phases supposées d'expansion et de contraction, déterminant frises, fils, magmas, toutes ces femmes pleinement belles, parées comme danseuses sacrées, prêtresses, d'étoffe ajustée couleur crocus aux rais safran, de coiffures uniques et sophistiquées (Cindy van Acker méconnaissable), sans bijoux toutefois, oranges sur fond noir comme des figures de vases attiques, sereinement écartelées, parfois roulées à terre comme des scarabées feignant la mort, mais le plus souvent tête en l'air, regard étrangement ailleurs, non pas tourné vers leur créateur mais vers ces écrans haut perchés, de fait chorégraphié. Exercices de muscles et de concentration, tenir la pose, la défaire insensiblement pour amorcer la suivante. De son ordinateur, Myriam Gourfink dicte tout, mais parfois elles ferment les yeux.


Myriam Gourfink, les Temps tiraillés (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

J'entrevois des figures d'Annonciation, d'ange combattant Jacob, de noble taureau. Ces déliés de doigts et de membres sont indo-européens.
Et soudain, dans cette congrégation d'isolats, une connexion charnelle s'opère, la matière aime furtivement d'une morsure tendre.


Myriam Gourfink, les Temps tiraillés (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Beau.

♥♥♥♥ Les Temps tiraillés, de Myriam Gourfink, a été donné au centre Pompidou du 21 au 24 janvier 2009.

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 21:45
Ce soir-là à Vanves, on a frôlé Tinto Brass. Et David Hamilton a dû sentir ses oreilles siffler, à ceci près que Kataline Patkaï a passé l'âge des nymphettes sans cervelle. Mais quelle chic fille Kataline. Un sourire de Joconde, une vraie nana douce et timide, et croyez-moi je m'y connais en timidité. Et puis elle a pris sur elle de faire répéter toute la ménagerie - Genod, Pierre, Yvonnick, chats, lapins, chevreau dans sa maison de campagne de Courpière.


Kataline Patkaï/Yves-Noël Genod, C'est pas pour les cochons !
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Oui, donc on nageait dans ce kitsch vulgaire (tautologie ?) qui émoustillait les mâles beaufres des années 1960-1970. Tout y était, la campagne belle et brute, les petits lapins qui font des crottes, le bébé chevrette qui fait pipi et tombe du plateau, le piano romantique, les chandeliers, les petites étoiles Disney, la carafe en cristal, la botte de brindilles pour allumer le feu, lui le sourire ravageur et polyglotte, garçon de ferme abonné à Vénus beauté, elle innocente et fragile, mais tout de même prête à s'abandonner et à perdre ses bas blancs, voire sa culotte.


Kataline Patkaï/Yves-Noël Genod, C'est pas pour les cochons !
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

C'est nature, c'est foutraque, discrètement humoristique, pas de doute c'est du Genod. Et tout est bon dans le Genod, même si c'est pas du cochon. Le texte qu'il a pondu pour l'occasion (à lire sur son blog) est bien chiadé. Si, si. D'ailleurs il faut penser à y aller de temps en temps sur son blog, on y trouve tous les éléments de la pièce ; et Genod écrit plutôt bien. C'est le côté sympathique de l'affaire : les spectacles de Genod sont toujours à deux doigts du naufrage, mais ce sont des tranches de vie. Il met en scène ce et ceux qu'il aime ; et les gens qu'il aime il les met à poil, ce qu'on ne saurait lui reprocher. Un peu comme sa vie, qu'il distille par allusions, sans qu'on distingue toujours parfaitement la fiction de la réalité. C'est ce qu'on appelle de l'autofiction, paraît-il.


Kataline Patkaï/Yves-Noël Genod, C'est pas pour les cochons !
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)


Genod joue les poètes réactionnaires. Il est du côté des Flaubert et des Baudelaire. Il nous ressort Rousseau, la communion avec la nature, Adam et Eve. Ce qui l'intéresse, c'est la liberté. Qu'a-t-il à faire de la modernité ? Avec Kataline, il fait comme Gainsbourg, autre réactionnaire affiché, avec Deneuve et Adjani ; il la force à faire ce qu'elle ne sait pas faire, il l'oblige à parler, ça l'embête, on la sent démunie, un peu perdue. Fatalement touchante.


Kataline Patkaï/Yves-Noël Genod, C'est pas pour les cochons !
(cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

C'est idiot, mais j'ai envie de comparer ces Cochons au triste D'Eux sens d'Abou Lagraa. Après tout, les deux parlent d'amour et de beauté. Comparez les titres, tout est déjà dit. Chez Lagraa, il n'y a pas de vie, il n'y a que de la prétention, une certitude confondante d'avoir fait de l'art, un produit artistique dument intégré dans un plan de carrière menant à la tête d'un CCN. Chez Genod, il y a cet air de ne pas y toucher, de rester dans l'éphémère ; un dilettantisme qui cache une véritable sensibilité, une vulnérabilité qui force l'empathie. Mon choix est vite fait.
Tant pis pour ceux qui n'auront pas été à Vanves, ce n'est sans doute pas demain que l'on reverra ces Cochons. Mais ne manquez pas les prochaines créations d'Yves-Noël Genod et de Kataline Patkaï, parce qu'ils le valent bien.

♥♥♥♥♥♥ C'est pas pour les cochons !, d'Yves-Noël Genod et Kataline Patkaï, a été donné le 20 février 2009 au théâtre de Vanves dans le cadre du festival Artdanthé.

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 21:41
Après mon dialogue contradictoire avec Guy Degeorges sur une pièce de Marcela Levi, voici un nouveau débat, à trois voix cette fois, à propos de la dernière pièce de la Suissesse Perrine Valli. Je transcris tel quel cet échange mené par mails. Une version condensée par Guy est disponible sur Un Soir ou un autre et sur le Tadorne.

Guy (Un Soir ou un autre). J’ai été plutôt déconcerté, sans jamais bien sentir comment regarder cette proposition. Le sujet annoncé - la prostitution - est fort et très particulier.
Mais ce qu’on voit au début semble étranger à ce thème : une danse lente dans la lignée de ce qu’on a déjà vu de Perrine Valli (des poses bras tendus comme sur la photo qui illustre le site de Mains d’œuvres). On s’y fait... avant de se retrouver confronté à des tableaux qui en reviennent au thème central : les deux interprètes lourdement maquillées, la danseuse confrontée au déferlement des petits hommes virtuels... J’étais plutôt perdu. Malgré les chemins dessinés en sparadraps pointillés, il y a quelque chose qui m’a gêné dans la construction de la pièce.


Perrine Valli, Je pense comme une fille enlève sa robe
(cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Jérôme (Images de danse). Il est vrai qu'on est loin de la prostitution réelle. C'est plus une idée de la prostitution, un fantasme de prostitution chez une jeune femme d'aujourd'hui. Rien de sordide ici. En fait, la pièce de Perrine Valli parle de bien d'autres choses. Elle est toute d'ambivalences et de miroirs : les pointillés formant chemin et frontière ; la gémellité de la pure et de la pute ; les petits bonshommes pouvant symboliser des clients - c'est l'interprétation de Rosita Boisseau dans sa critique du Monde - mais aussi des enfants, un désir d'enfants. La bande son, qui laisse percer des cris juvéniles, va dans ce sens, et la scène est aussi belle que légère, enfantine elle aussi, presque allègre. Je pense à la chanson de Noé Willer, Toi, femme publique (1985) : "ils t'appellent mon enfant, pour d'autres tu es leur maman". La prostituée remplit aussi une fonction sociale, et les Suisses ont été bien inspirés, au rebours de l'obscurantiste législateur français, de lui conférer un statut légal. De même cet homme-objet absent, qui rappelle de manière frappante celui de Solides Lisboa (Eléonore Didier - les deux pièces se rejoignent d'ailleurs sur de très nombreux points, jusqu'à troubler ; nous y reviendrons peut-être), peut aussi bien incarner le client ou le compagnon idéal. Je te rejoins sur la cohabitation étrange d'une danse abstraite, où l'on reconnaît que Perrine Valli est encore très fortement influencée par la gestuelle sémaphorique de Cindy van Acker (dans Obvie, par exemple), et d'une narration. Mais, pour ma part, j'apprécie que Perrine s'engage sur cette voie moins aride. De plus, sa pièce est parfaitement rythmée, et ponctuée par de simplissimes, mais très efficaces mises au noir, qui délimitent une succession de saynètes.


Perrine Valli, Je pense comme une fille enlève sa robe
(cl. Jérôme Delatour / Images de danse)


Pascal (Le Tadorne)
. Nous pourrions échanger encore longtemps sur le propos de cette œuvre. Elle n’en manque pas mais entre-t-elle en résonance ? Les idées fusent, tel un brainstorming entre artistes inspirés par la question. La multiplication des espaces, des symboles ne créée pas la cohérence. Tout s’additionne sans se relier. L’escalade dans le propos métaphorique sature et ne permet plus aux corps de relier les symboles. La danse de Perinne Valli met au même niveau images, utilisation de l’adhésif et mouvement comme si le corps prostitué était langage au même titre qu’une statue ou un tableau. C’est une danse totalement « contaminée » par une esthétique de l’art contemporain alors que la danse est en soi un propos. En osant filer la métaphore, le spectateur enfile les tableaux, sans plaisir, en attendant que cela finisse.


Perrine Valli, Je pense comme une fille enlève sa robe
(cl. Jérôme Delatour / Images de danse)


Jérôme. Je ne comprends pas pourquoi ce que tu appelles art contemporain devrait s'arrêter aux portes de la danse. Du reste il n'en a jamais été ainsi : le spectacle vivant a toujours fait appel à l'art de son temps pour habiller ses artistes et la scène. Le dispositif scénographique de Perrine Valli est d'ailleurs d'une sobriété exemplaire. J'aime cette simplicité. Enfin, au risque de paraître te reprendre point par point, les tableaux ne s'additionnent pas mais se succèdent bel et bien. L'adhésif sert de fil conducteur et marque une progression, un dévoilement. De même que l'on découvre peu à peu que les jumelles du début, unies par leurs postiches, sont deux femmes tout à fait différentes.

Guy. D'accord avec Pascal il y a beaucoup de matière, et par endroits d'une beauté certaine, mais l'articulation ne semble pas encore maîtrisée. Ou s'impose un peu trop tard dans le déroulement de la pièce. C'est vrai qu'on retrouve de la cohérence sur la fin. Le rapprochement avec Solides Lisboa que suggère Jérôme me paraît fortuit. Il y a trois points communs : la table, la nudité, la lenteur... On voit beaucoup de tables (In-Contro) en ce moment comme on voyait beaucoup de perruques l'an dernier... disons que c'est une coïncidence ! La nudité parce qu'elle était ici difficillement évitable - mais cette nudité est traitée avec maîtrise et pudeur, quand les deux femmes avancent du même pas, l'une l'ombre nue et cachée de l'autre. Quant à la lenteur elle me pose problème. Autant la lenteur me paraît consubstansuelle [sic ;-), ndlr] au projet d'Eléonore Didier, autant ici je la subis. Commes des interstices dans le collage. Des moments passés à arracher les rubans, des moments hors de la danse.

Jérôme. Il s'agit bien de coïncidence, et elle me frappe lorsqu'elle va jusqu'à ce point. Tu oublies la place de l'homme : dans les deux pièces, chorégraphiées par des femmes, il est réduit à un figurant sans visage. La table d'Eléonore et de Perrine n'est pas celle d'In Contro : chez l'une comme chez l'autre, on porte cette table et on se couche sur elle. Le bruit d'ambiance, capté dans la rue, revient également dans les deux pièces. Ici la nudité n'avait, à mon avis, rien d'obligatoire. Elle ne renvoie pas tant à la prostitution (qui n'est guère compatible avec la pudeur que tu soulignes) qu'à une façon de s'exprimer en tant que femme d'aujourd'hui. A mon sens, les nombreux points communs de ces deux pièces a priori tout à fait indépendantes livrent un témoignage concordant sur la sensibilité féminine contemporaine ; et elles sont très intéressantes à ce titre. Que signifie, chez ces jeunes femmes, cet homme absent ? Une attente, une revendication, une déception ? Je suis homme, elles m'interpellent. Quant à la lenteur, elle m'a moins frappé que son caractère cérémoniel, presque religieux : une série d'actes convenus à l'avance est exécutée avec précision et en silence. La danse elle-même n'est pas lente. On peut inverser la hiérarchie que tu établis : pour moi, c'est la danse qui fonctionne comme interstice, ou plutôt intermède, de ce que tu nommes interstice, et que je considère au contraire comme la trame dramatique de la pièce. Nous sommes dans des procédés classiques du théâtre.


Perrine Valli, Je pense comme une fille enlève sa robe
(cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Pascal. Je n’ai jamais attendu de la danse qu’elle fasse une démonstration. Or, Perrine Valli raconte, démontre, va ici puis là, occupe la scène, le mur, la coulisse. C’est fatigant cette manière si démonstrative de concevoir l’art chorégraphique ! Le tout s’étire sans que l’on puisse à aucun moment se raccrocher à une émotion, à une image poétique, à un geste, un mouvement. Tout est maîtrisé jusqu’à délimiter la scène de façon quasi obsessionnelle avec un adhésif pour ne produire que des cases. Il y a dans cette œuvre un contrôle de l’imaginaire assez effrayant qui positionne le spectateur à devoir apprendre une esthétique sur un sujet sensible et tabou. Une façon assez élégante de signifier au spectateur que la danse peut faire aussi « ennuyeux » qu’un classique au théâtre !

Guy. Vous avez été l'un et l'autre si radicaux que je me suis repositionné au milieu ! A relire, Pascal a été moins bavard que Jérôme... à qui devrait pourtant revenir la conclusion (c'est toujours la défense qui a le dernier mot !)

Pascal. Il y a quelque chose qui n’apparaît pas dans cet écrit. En effet, d’où nous écrivons ? D’après ce que j’ai compris, Jérôme a fait des photos et semble entretenir une relation assez proche avec Perrine. Cela devrait être précisé car c’est le regard d’un photographe et d’un blogueur. Cela explique pourquoi Jérôme a ressenti tout cela. Et si cette œuvre s’inscrivait dans une articulation avec d’autres arts (vidéo, photo, danse, musique) ? C’est peut-être cette articulation qui me pose problème. J’ai comme l’intuition que Jérôme est un des acteurs de cette pièce ! Que vaut mon hypothèse ?

Jérôme. Pour préciser les choses... je ne connais pas spécialement Perrine, je l'avais juste vue avant dans Corps 00.00 de Cindy Van Acker, et nous venons juste de nous lier sur Facebook. En règle générale, je suis extrêmement admiratif des artistes, enfin des gens qui vivent de la création. J'admire leur prise de risques. Perrine est jeune, elle débute quasi sa carrière de chorégraphe, j'aurai donc plus d'indulgence pour elle que pour Preljocaj ; et je mettrai en avant le positif, et à mon avis il y en a : de la simplicité, de la belle danse, l'ambition d'exprimer quelque chose.
Ce qui est vrai, c'est que la photographie rapproche sans doute des danseurs. On suit leurs mouvements physiquement avec l'appareil photo. En regardant dans le viseur, la vision est plus resserrée, plus intime. On est aussi plus sensible, sans doute, à la beauté formelle d'un spectacle. Maintenant, cela dépend quand même aussi de la pièce. Je viens de photographier un solo de Toufik OI, L'Inéluctable métamorphose, interprété par une danseuse nue. Photographiquement c'est un régal car la peau accroche admirablement la lumière ; mais peut-être aurai-je plus de mal à en parler. Affaire de thématiques, de lisibilité du propos, etc.

Pascal. Je crois qu’il faut préciser cela dans l’article sinon on ne comprend pas d’où Jérôme parle. Je viens de revisionner ses photos. Même sensation qu'avec Perrine. Elle a réussi à lui faire épouser son propos. Je vais aller plus loin : je pense que ce spectacle n’est pas destiné à un public de danse (il suffisait de l’observer pendant le spectacle !) Mais qu’est-ce qu’un public de danse ? Je ne sais pas. En fait, j’aurais bien vu cette œuvre à la biennale de Lyon d’art contemporain ou à la Documenta de Kassel.

Jérôme. J'avoue que tu me vois perplexe. Objectivement, Perrine danse 50 % du temps... pour les 50 % restants, tu peux les appeler performance ; est-ce si rare ou étranger à la danse contemporaine actuelle ? En un mot, je n'ai pas vu de spécificité particulière à la pièce de Perrine dans ce domaine. Aurais-tu dit du Paso doble de Josef Nadj, avec tous ses masques d'argile crue, qu'il était envahi par l'art contemporain ? Et depuis quand catégorises-tu les genres ainsi ? Je suis très étonné.
Non, j'ai juste trouvé le spectacle sympathique et j'ai beaucoup aimé le passage avec les bonshommes. Le procédé n'est pas nouveau mais il est très bien employé. Les multiples significations de ces bonshommes, le chemin qui traverse le corps, la femme-chemin etc., je trouve cela signifiant, émouvant, très poétique.


Perrine Valli, Je pense comme une fille enlève sa robe
(cl. Jérôme Delatour / Images de danse)


Pascal. C’est bien la première fois que j’ai envie de mettre une œuvre dans une case ! Ce n’est pas pour rien...

Jérôme. Il faudrait que Pascal réagisse à mes interrogations, sinon je serai incapable d'introduire ni de conclure. Notamment sur la question de l'art contemporain : en quoi la pièce de Perrine se démarquerait-elle de la production actuelle sur ce point ? En quoi la pièce de Nadj, elle, ne serait-elle pas tout autant « contaminée » par l'art contemporain ? Et pourquoi ne devrait-il pas y avoir d'arts plastiques dans la danse contemporaine ? Ici ce n'est pas tant le travail de Perrine qui est en jeu, mais notre conception de la danse contemporaine.
Comme nous n'avons pas avancé sur cette question, il y a d'autres choses, plus propres à la pièce, que je n'ai pas pu dire. Par exemple - j'y pense tout à coup : la scène des bonshommes a dû me faire penser inconsciemment à la représentation de Nout, la déesse égyptienne au corps étoilé (la voûte céleste, en somme) qui avale le soleil le soir et l'enfante au matin.

Nout au plafond de la tombe de Ramsès VI. Dans son corps parsemé d'étoiles,
le soleil chemine pendant la nuit. Les bonshommes appartiennent au royaume des morts

(cl. Bibliotheca Augustana)

Pascal.
Les petits bonshommes ne m'ont pas fait penser à Nout, mais au jeu Space invaders (on a la culture qu'on peut !) Sur mes explicitations, je n’arrive pas à formuler pourquoi j’y vois un effet de style, proche d’une œuvre d’art contemporain qui ne s’adresserait qu’à elle-même. Mon cerveau ne va pas plus loin.


Perrine Valli,
Je pense comme une fille enlève sa robe
(cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Que conclure après tout cela ? Que le travail de Perrine Valli est évidemment prometteur, et qu'il m'importe peu de quel genre il tient. Qu'on aurait pu parler de Georges Bataille, prétexte littéraire de la pièce. Ca change de Deleuze ! Qu'il faut saluer la performance de Jennifer Bonn, qui n'est pas seulement la "voix" du spectacle, comme l'indique la feuille de salle, mais sa véritable co-interprtétatrice. Je pense... a de ce fait un statut hybride, à mi-chemin du solo et du duo.

♥♥♥♥♥♥ Je pense comme une fille enlève sa robe, de Perrine Valli, a été créé à Mains d'Oeuvres dans le cadre du festival Faits d'hiver.

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 00:39

Marcela Levi, In-Organic (cl. Claudia Garcia)

Contre (Guy Degeorges - Un Soir ou un autre)

C’est de la danse contemporaine, c’est aussi une conférence, presque. A la place des mots : des poses, et des objets chargés de signification. Voire saturés. Marcela Levi met à contribution les signes masculins et féminins. A commencer par sa propre nudité, et des talons aiguilles, des barrettes à cheveux, un interminable collier de perles qui s’enroule en robe avant de se transformer en lasso. Et face mâle, une virile tête de taureau, bien lourde à porter, mise en mouvements par coups de reins vigoureux.

D’une certaine manière, Macela Levi se place en dehors de sa propre performance. Abuse des effets de lenteur et de répétition pour mieux la démonter. Et dénoncer ainsi toute la violence sociale qui au Brésil est associée aux rôles sexuels, le discours aidant : «He likes it, she likes it, and that how it is ». Le discours se fait féministe et militant. Evident. Il se trouve que c’est la journée mondiale contre les violences faites aux femmes, on se sentirait coupable de ne pas acquiescer.

Il n’empêche. Si c’est de la danse, celle-ci manque de force et de générosité. Si c’est une leçon de sociologie, celle-ci manque de subtilité. Trop appuyée et laborieuse. La lenteur souligne les actions, sans pour autant plus les éclairer. Quasi minéralisées. Il est symptomatique que l’on puisse, ainsi que Jérôme le fait, raconter à peu près tout ce qui est donné à voir. Mais tout est dit quand tout est montré, imaginaire bloqué. Pour surtout mettre en évidence les pièges d’une danse contemporaine où toute danse est évacuée, au profit de situations imposées, de messages univoques, symbôles trop dévoilés. Il se trouve que c’est aussi aujourd’hui le centenaire de Claude Levi Strauss, c’est d’une pensée, complexe, puissante, ouverte, dont nous avons besoin.


Pour (Images de danse)

In-organic.
Il est bien entendu, et le trait d'union l'assure, qu'il n'est pas ici question d'inorganique. Car il n'y a rien de minéral là-dedans. Il s'agit de ce qui est organique au dedans, je dirais viscéral.

Marcela Levi, ce frêle petit bout de femme nue, à peine plus haut sur ses talons presque aiguille, produit en solo des miniatures, des petits bijoux de précision. Chez elle toujours les mêmes quatre couleurs : blanc, rouge, noir, peau. On se doute que Marcela Levi n'est pas une fille facile. Elle tisse et défait dextrement les symboles. Un filet de colliers de perles raboutés d'un coup devient fil, comme un jet séminal ; s'enroule en corset puis, dévalant ses courbes d'une caresse, vient enserrer ses chevilles comme un lasso séquestre une vache. Des épingles à cheveux peuvent aussi figer une bouche.

Ce qu'il y a de viscéral en Marcela Levi, c'est sans doute son énergie mâle, le désir de cette énergie, d'allier force mentale féminine et force physique masculine. Elle aime affronter le public qu'elle regarde (ou couvre) avec une placide assurance. Comme symbole de son désir et de sa force, une tête de taureau qu'elle porte à bouts de bras comme un trophée, ou contre ses reins aux va-et-vient vigoureux pour mieux la posséder tout en possédant les autres. Nue ou soudain rhabillée - comme domestiquée -, génisse et taureau, dominatrice et dominée, elle-même trophée quand son profil se fige, bouche ouverte, elle admet et affronte les fatalités de son espèce, violentes et ancestrales. Car elle raconte aussi des histoires. L'histoire des vachers machos du village d'à-côté, ou quelque chose comme cela ; d'une belle voix brésilienne si caressante, comme un baume sur la dureté de son pays. L'histoire aussi d'un photojournaliste qui fait carrière sur la misère du monde. "C'est ainsi, il aime ça, elle aime ça. Yeah !" Ce leitmotiv rêveur, répété avec un petit sourire entendu et satisfait, presque gourmand, alterne avec un refrain bruyant, de sabat, d'obscène obsessionnel par sa mécanique.

L'exact objet de la démonstration nous échappe, mais on comprend tout de suite de quoi Marcela parle. Mettant à profit la sensualité de son corps pour mieux subvertir les représentations machistes, elle emploie un procédé classique de la performance féministe. Pour autant, son féminisme est d'aujourd'hui ; il n'est plus question de seulement présenter l'homme comme un bourreau et la femme comme une victime. Entre domination et séduction, acceptation et révolte, Marcela Levi sème le trouble et produit de ce fait, sans doute, la performance la plus érotique des Inaccoutumés.

♥♥♥♥♥♥ In-organic, de Marcela Levi, a été donné à la Ménagerie de Verre les 25-27 novembre 2008 dans le cadre du festival Les Inaccoutumés.
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 21:22

Régine Chopinot, Cornucopiae (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Voilà une pièce qui n'a laissé personne indifférent. Peu aimée, au fond, mais qui travaille lentement et sûrement, souterrainement. Née sous le signe du malaise, puisque Cornucopiae, nom donné par Régine Chopinot à cette pièce et à sa nouvelle compagnie, veut dire corne d'abondance, quand ici c'est plutôt un monde d'aridité. Il paraît qu'à chaque représentation, la moitié du public quitte la salle. Je ne le trouve pas très endurant, ce public, pas très patient, pas très curieux.

L'excellent Jean-Marc Douillard, dont le propos est toujours percutant, instructif et politique, dit que cette pièce est importante, et je suis d'accord avec lui. Parce qu'elle est nulle, continue-t-il, et là je ne le suis pas. Ce serait une pièce symptomatique : représentative d'une impasse culturelle française, une étape critique dans la carrière de Régine Chopinot - sa première pièce hors CCN - et la confirmation de la part sombre de la chorégraphe. Et pourquoi serait-elle sombre ? Parce qu'elle a été évincée du centre chorégraphique national de La Rochelle, bien sûr ; mais pas seulement : parce que tout va mal en ce moment. Vous savez ? Le spectacle vivant, la crise financière, le système politique français, tout ça. On dit même que Chopinot arrêterait de chorégraphier.


Régine Chopinot, Cornucopiae (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Et puis, pendant qu'on y est, on dit que Cornucopiae est une pièce nihiliste (voir Jean-Marc Douillard, Le NouvelObs). Tout le monde le dit. Et moi je dis le contraire. Nihiliste, Cornucopiae ? Allons donc !

D'abord, la pièce est formellement magnifique. Splendidement belle, minimaliste et somptueuse, japonaise. Quelques tentures, quelques textures et l'on ne sait plus où l'on est.
Elle n'a pas que des qualités formelles. Et montre un groupe humain soudé. Au sein de laquelle la violence est absente. Où l'on s'épaule, où l'on se parle. Ce n'est déjà pas si mal, pour une pièce sombre et nihiliste.
Cornucopiae propulse ailleurs, avant ou après. Ce n'est pas encore aujourd'hui, c'est peut-être demain, à coup sûr le lendemain d'un grand choc traumatique, comme on en voit dans les films d'anticipation américains. Ces hommes couverts de casaques blanches épaisses, indifférenciés, se prémunissent d'une menace. Le froid peut-être ? Mais ils vont pieds nus. Qu'importe, ils cheminent, migrent, silencieux. Conversent sur des carcasses, îles fauves sur un océan qui brille.

Ils cachent leur visage derrière une pelle, ou bien nous tournent le dos. On a déjà beaucoup commenté ces pelles. Elles voudraient dire que ces hommes, les hommes ont perdu leur visage, leur identité. Mais c'est un masque ! Et le masque est une interface qui protège, prolonge, transfigure, qui a toujours servi à communiquer. Du reste on n'envisage ces pelles qu'à moitié. On dit : "il n'ont pas de visages". On oublie de dire : "ils n'ont pas de vue". C'est une contrainte pour les danseurs dont on ne tient aucun compte.

Flag raising on Iwo Jima, 23 février 1945 (cl. Joe Rosenthal)

Et puis la pelle est militaire, de celles qu'utilisaient les soldats américains pendant la seconde guerre mondiale. Montant sur des charognes chevalines, les danseurs rejouent Iwo Jima photographié par Joe Rosenthal. Un Iwo Jima dérisoire. Dans les deux cas la Victoire plante son drapeau dans un tas de cadavres, mais il n'y a pas ici de terrain conquis, et les cadavres sont toc. Ce ne sont même pas vraiment des corps de chevaux, Jean-Michel Bruyère en a rabouti comme il a voulu pour faire des sculptures propres. On imagine de vrais cadavres de bêtes sur scène, l'atroce puanteur ! Ce n'était pas le propos.


Régine Chopinot, Cornucopiae (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Soudain, des paroles. Rageuses, vindicatives, rêches. Il y a comme un grand vide. A la tribune, des mots dissous, j'entends "CGT" en pleine séquence d'ADN expectorée. Cela parle donc d'aujourd'hui par bribes, sur le mode grinçant des illusions perdues.
La dérision, la rage, ce n'est pas le nihilisme.


Sur le front de Cordoue, 5 septembre 1936 (cl. Robert Capa)


Régine Chopinot, Cornucopiae (cl. Jérôme Delatour - Images de danse)

Reste à parler photo. Le centre Pompidou ouvre largement ses portes aux photographes, et c'est heureux. Cette fois, nous étions au moins neuf. Le lendemain, le surlendemain, Benoîte Fanton, Vincent Jeannot, Laurent Paillier avaient publié leurs photos de Cornucopiae. Je les regarde : toutes pareilles ! C'est normal, me direz-vous, ce sont des photos de presse ; il faut produire, être le premier à publier... Tout de même. D'abord, à quoi bon neuf photographes, si c'est pour donner les mêmes photos, le même regard ? Est-il possible que nous ayons tous vu exactement la même chose ? En critique comme en photo de spectacle, je crois qu'il nous faut aujourd'hui plus d'engagement, laisser parler davantage notre subjectivité. C'est à quoi je m'emploierai de plus en plus à l'avenir.

Cornucopiae, de Régine Chopinot, a été donné au centre Beaubourg du 26 au 30 novembre 2008.

Retrouvez ici Cornucopiae en images
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Articles Récents

Festivals & cies

Quelques festivals...


Hiver


Artdanthé (Vanves, entre novembre et mars)
Faits d'Hiver (Île-de-France, janvier)
Tanztage Berlin (janvier)
SzólóDuó Tánc Nemzetközi Fesztivál (Budapest)
Escena contemporanea (Madrid, janvier-février)
Vivat la danse ! (Armentières, février)
Tanzplattform (février, Allemagne)  
DañsFabrik (Brest, février-mars)
Les Hivernales d'Avignon (Avignon, février-mars)
Tanz Bremen (Brème, mars)
Les Repérages (Lille, mars)
Biennale nationale de danse du Val-de-Marne (mars-avril)

Printemps


Biennale de danse de Charleroi (mars-mai)
Freedance
(Dniepropetrovsk, Ukraine, avril)
Brasil Move Berlim (Berlin, avril)

Springdance (Utrecht, avril)
La danse de tous les sens (Falaise, mai)

Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (Île-de-France, mai-juin)

Festival TransAmériques (Montréal, mai-juin)
Tanec Praha
(Prague, juin)
Dance Week Festival (Zagreb, juin)
Uzès Danse
(Uzès, juin)
Latitudes contemporaines (Lille, juin)
Alkantara festival (juin)
Zawirowania (Varsovie, juin)

Eté


Festival de Marseille (juin-juillet)

Montpellier danse (Montpellier, juin-juillet)
Festival d'Avignon (Avignon, juillet)
L'Eté des Hivernales (Avignon, juillet)
ImPulsTanz (Vienne, juillet-août)
Paris quartier d'été (Paris, juillet-août)
Internationale Tanzmesse nrw (Düsseldorf, août)
Tanz im August (Berlin, août-septembre)

Automne


Biennale de la danse (Lyon, septembre)

Le Temps d'aimer (Biarritz, septembre)
Plastique Danse Flore (Versailles, septembre)
Dansem (Marseille, septembre-octobre)
Sidance (Séoul, septembre-octobre)
iDans (Istanbul, septembre-octobre)

Ciało/Umysł (Varsovie, septembre-octobre)
Festival d'Automne (Paris, septembre-décembre)
Les Eclats chorégraphiques (Poitou-Charentes, octobre)
Tanzhautnah (Cologne, octobre)
123Tanz (Hall, Autriche, octobre)
Tanztendenzen (Greifswald, octobre)
Bøf (Budapest, octobre)
Panorama de dança (Rio de Janeiro, octobre-novembre)
Dance (Munich, octobre-novembre)
Fest mit Pina (Allemagne, novembre)
Euro Scene Leipzig (novembre)
Les Inaccoutumés (Paris, novembre-décembre)
Decemberdance (Bruges, décembre)

Dates variables


DatanzDa (Zürich)
Les Grandes traversées (Bordeaux)
Ikonoclaste (Wuppertal)
Junge hunde (Kanonhallen, Danemark)



... & compagnies


cie l'Abrupt (Alban Richard) VID
Absolutamente (Jesus Sevari)
AIME (Julie Nioche)
Aitana Cordero VID
Alias (Guilherme Botelho)
Ann Liv Young DVD
Anna Halprin
Ann van den Broek VID
cie Ariadone (Carlotta Ikeda) VID
Arthur Kuggeleyn + Co.
As Palavras (Claudio Bernardo) VID
Association Achles (David Wampach) VID
Association Edna
(Boris Charmatz)
cie Caterina Sagna VID
cie Cave canem (Philippes Combes) VID
cie Christine Le Berre
cie C.Loy (Cécile Loyer) VID
Corps indice (Isabelle Choinière) VID
cie Dans.Kias (Saskia Hölbling) DVD
cie DCA (Philippe Decouflé) VID
Deja donne
(Lenka Flory et Simone Sandroni) VID
Digital Video Dance Art (Iker Gómez) VID
Dorky Park (Constanza Macras) VID
Editta Braun Company VID
Erna Omarsdottir VID
cie Felix Ruckert
Les Gens d'Uterpan (Annie Vigier/Franck Apertet)
cie Gilles Jobin DVD VID
cie Greffe (Cindy van Acker)
Groupe Noces (Florence Bernad) VID
Hors Commerce (Hélène Cathala) VID
cie Isabelle Schad
Jeremy Wade
cie Jocelyne Danchik VID
cie Jours tranquilles (Fabrice Gorgerat)
cie Kataline Patkaï
Katharina Vogel VID
Kekäläinen & Company
cie Krisztina de Châtel DVD
Kwaad bloed vzw
(Charlotte vanden Eynde & Ugo Dehaes)
L1 danceLab (collectif hongrois)
La BaZooKa VID
La Ribot DVD
La Ventura et cie (Anna Ventura) VID
La Zampa (Magali Milian-Romuald Luydlin) VID -> photos
cie L'Explose (Tino Fernández)

cie Li-Luo (Camille Mutel) VID
Liquid Loft (Chris Haring) VID
Marcela Levi VID
cie Marie Chouinard
VID
Márta Ladjánszki VID
Mette Ingvartsen VID
MHKArt (Meryt-Halda Khan) VID
Michèle Noiret VID
Mossoux-Bonté DVD VID
Niko Raes VID
Olga Pona VID
cie Pal Frenak
Perrine Valli
Pé Vermeersch VID
cie Philippe Saire
cie Post-Retroguardia (Paco Dècina)
Quasi Stellar (Apostolia Papadamaki)
Re.al (João Fiadeiro) VID
Real dance Super Sentai (Ines Birkhan & Bertram Dhellemmes)
cie Rosalind Crisp
VID
Rosas (A. T. de Keersmaeker) DVD
RoseAnne Spradlin Dance
Sinequanon VID
Sol Picó
Superamas VID
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Troubleyn
(Jan Fabre)
Ultima vez (Wim Vandekeybus) DVD VID
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Virginie Brunelle

Viviana Moin
XLproduction (Maria Clara Villa-Lobos) VID
Yasmeen Godder VID
Yves-Noël Genod

VID