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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 00:15
Fase fête cette année ses vingt-cinq ans. C'est la pièce historique qui, rétrospectivement, imposa Anne Teresa de Keersmaeker comme une chorégraphe majeure de son siècle. Je craignais ce programme rétrospectif, peur du déjà vu. Crainte vite oubliée : programme impeccablement construit, parfaitement didactique sans en avoir l'air, et deux créations qui prouvent qu'Anne Teresa de Keersmaeker a toujours des choses à dire et à montrer.

Les rapports d'Anne Teresa de Keersmaeker avec la musique savante et le jazz sont constants, on le sait. De Purcell (Small Hands) à Debussy et Stravinsky (D'un soir un jour) en passant par  Coltrane (Desh), Anne Teresa de Keersmaeker dialogue avec la musique sans jamais s'y asservir ni l'exploiter, mais en l'écoutant dans ses moindres détails. Ce soir encore, démonstration avec Steve Reich, son compositeur fétiche : intitulant son programme "Soirée Steve Reich", calquant les titres de ses pièces sur Reich, Anne Teresa de Keersmaeker s'efface modestement devant le musicien. De fait, il s'agit aussi d'un concert, joué presque entièrement live par le fidèle ensemble Ictus. Mais Anne Teresa de Keersmaeker, tout en respectant la philosophie de chaque pièce, ne se cantonne jamais dans une plate illustration chrorégraphique.

Le programme s'ouvre sur Pendulum Music (1968) : deux micros pendus oscillent au-dessus de deux haut-parleurs, créant des effets Larsen. Proposition musicale très simple dont je tire une impression, le merveilleux ordre du chaos.
Puis, une Marimba Phase aux sonorités exotiques et douces, très post-1945 et Pacifique, sans danse. Puis, enfin, le célèbre duo de Fase, ses inoubliables longues robes mauve pâle un  peu cloche ou corolle, socquettes et tennis blanches sur fond gris blanc. Même partition que précédemment, mais jouée sur deux pianos (Piano Phase, 1967) donnant à l'ensemble une tonalité plus grave de fin de guerre froide. Quelque chose d'intemporel, de stroboscopique, noir et blanc mais joues roses, de cinéma expérimental. Quelle contrainte pour les interprètes et pour les danseuses !
Aussitôt après Fase, Anne Teresa de Keersmaeker présente ses dernières créations. Choc du chemin parcouru. Une pièce pour femmes sur Eight Lines (1979), une pièce pour hommes sur Four Organs (1970). Eight Lines est à la fois une surprise complète et une vraie réussite. Conformément à la pièce de Reich, huit femmes suivent chacune leur ligne, apparemment indépendante, chacune étant habillée d'une manière différente - pantalons, robe keersmaekerienne, pinabauschienne, péplos à plis quasi duncanien, blanc, noir, gris argenté, mauve. Triomphe de l'individualité. Miracle, l'ensemble comme aggloméré en cercle au centre de la scène (antithèse de Drumming) n'a pourtant rien de confus, et dégage une atmosphère imperceptiblement euphorique. Danse libérée, sensualité sereine, sauts sur place, genoux pliés, figures inédites. Peu de contacts, sinon des yeux, complices. Dans Four Organs, une vision des hommes qui m'apparaît étrangement stéréotypée. Après le groupe des femmes évoluant dans la lumière blanche, les hommes sont dans le noir et leurs vêtements plus ternes. Ici les deux mains levées en même temps, tendues à l'équerre du tronc fendent l'air. Mais des surprises tout à fait inattendues : on se roule par terre, chose rare chez la chorégraphe, et ce sont les hommes qui se touchent : portés, groupes ; on se bat aussi. Mélange étrange de raideur et de souplesse. La pièce de Reich est magistrale.
Puis, le Poème symphonique pour cent métronomes de Ligeti. Le public pas fin glousse à cette pièce aléatoire et quelqu'un lance "Votez Ségolène !", plutôt que de goûter cette pluie d'été sous combles.
Puis la première partie de Drumming (1997), à mi-chemin de Fase et d'Eight Lines, le Keersmaeker classique en quelque sorte : les gestes de Fase se sont déliés et enrichis ; les danseurs piaffant sur les côtés s'élancent au centre pour danser ; et puis les célèbres tours de scène et diagonales effectués en courant. Cette signature keersmaekerienne a disparu des dernières pièces.

Pour achever de combler le public, mais aussi parce que ce spectacle parfaitement hybride est aussi un concert, tout se termine par un joyeux bis, où le bonheur des danseurs rayonne.

♥♥♥♥♥♥ Soirée Steve Reich (Steve Reich Evening), d'Anne Teresa de Keersmaeker, a été donné au Théâtre de la ville du 2 au 6 mai 2007. Le DVD de Fase doit figurer dans toute bonne vidéothèque et se commande pour un prix ridicule sur le site de la compagnie Rosas.

Votez pour cette pièce pour participer au Palmarès de Scènes 2.0 !
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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 16:42
On peut faire du théâtre ou de la danse dans l'espace d'un F4 parisien : la preuve par le Proscenium.

La pièce s'intitule aussi Kao-Kagami, kao voulant dire visage et kagami miroir. Sur fond de musique concrète puis de violoncelle (très belles compositions d'André Serre-Milan), elle met en scène trois femmes plongées dans le noir, éclaboussées de pixels psychédéliques façon Akira (le clin d'oeil à Hiroshima ?), la violence en moins.

Longtemps, enfermées dans leur tunique tube et leur chapeau cloche, on ne saura si ce sont femmes, ectoplasmes ou génies de la nature. Et puis, soudain, plus de doute possible, elles s'ouvrent : elles disent "Bonjour Madame", et l'une "Mignonne, allons voir si la rose..." Elle sont timides, s'enhardissent malgré elles, quittent leur tube. Elles demeurent étranges au public et à elles-mêmes, se découvrent un sexe, étonnées. Comme dans les Aphorismes géométriques de Michel Kelemenis, une suite de solos décline alors l'étrangeté de la femme ; comme si, les siècles de l'homme étant passés, il était temps pour elle et pour l'humanité de se demander ce qu'elle est.

Ici, ces femmes sont aussi les intercesseurs pacifiques d'une rencontre de l'Orient et de l'Occident ; c'est un des attraits de la pièce. Les comédiennes-danseuses sont européennes ; la chorégraphe, grimée en coryphée butô, lie dans l'ombre leurs corps et le temps. Leurs mouvements sont butô, elles ont le pas menu de l'asiatique honnête ; elles parlent en français. Elles ont de fulgurantes expressions, yeux révulsés, blancs d'oeil à la japonaise ; elles éjaculent leurs grimaces à la manière des diables romans. Leur costume-prison est japonais ; leurs dessous sont occidentaux.

Merci à notre ami d'Un soir ou un autre de m'avoir entraîné au Proscenium, il n'a pas son pareil pour dénicher des spectacles de qualité en dehors des "grandes" productions encensées par la presse.

Kao-Chaos de Yumi Fujitani a été recréé au Proscenium du 10 au 14 avril 2007.
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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 13:13
"Flamboyant" selon Rosita (Le Monde), "glamour" pour Télérama, "cinglant et drôle" dixit Libé, "explosif et déjanté" assure Le Figaro, "soutenu par Sasha Waltz" qui plus est, j'espérais mieux de ce Péplum.
Je dois vous expliquer que nous avons été grandement amoureux, l'Antiquité et moi, quand j'étais adolescent. J'ai dévoré Homère et Ovide, suivi les mauvais garçons du Satiricon, vibré aux amours de Daphnis et Chloé, tremblé pour l'Âne d'or d'Apulée, crié avec Juvénal contre les vices des Romains. Je suis un Gallo-Romain, un barbare touché par la Grèce. Rome m'écrase : le Colisée comme un crâne dévorant, la Domus Aurea comme un bunker enfoui, le Panthéon comme le point focal de l'univers.

Nasser Martin-Gousset, lui, n'a pas craint d'être écrasé puisque, accueillant sur ses épaules tout le poids de Rome, il lui a surajouté celui du péplum américain. Péplum est une évocation-éloge de la Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1963), qui conte les amours tragiques de Cléopâtre (Liz Taylor) et de Marc Antoine (Richard Burton). Des extraits du film et d'épisodes du tournage, projetés sur un mur, servent de fil conducteur à la pièce. On peut dire qu'ils occupent l'essentiel de la place, et que l'on finit par assister plutôt à une projection qu'à un spectacle de danse.

La pièce de Nasser Martin-Gousset est sans doute pleine de clins d'oeil au film que je n'ai pas reconnus, n'ayant pas de souvenir précis de Cléopâtre. De Rome, le chorégraphe n'a retenu que son caractère dissolu : un empereur cynique et débauché, des Romains mols et lascifs qui, engagés un temps dans une marche militaire, n'en tiennent pas longtemps le ryhtme et retombent vite avachis. Ambiance boîte de nuit disco sur fonds d'I Feel Love de Donna Summer.

Il y a de bonnes idées dans Péplum : un groupe de trois musiciens rock rythmant efficacement la pièce, le décor, sorte de raccourci saisissant de Rome : un haut mur inébranlable, l'escalier de l'Assassinat, le garde prétorien inflexible (ou presque) ; une ouverture saisissante en ce qu'elle semble faite pour coller aux élections présidentielles : "would you trust that man", demande l'un des acteurs de Cléopâtre (ou quelque chose comme cela, je n'ai pas retenu les paroles exactes), feriez-vous confiance à cet homme ? En même temps, un Néron bedonnant, belle réincarnation de Peter Ustinov (Quo vadis, 1951) titube devant un mur couvert d'affichettes à son effigie, pour aller tâter le slip du militaire impassible. Et puis tout à la fin, en épilogue, quelques répliques italiennes extraites du merveilleux Satiricon de Fellini.

Tout cela est joli, n'a rien d'excessivement déjanté, mais souffre de quelques longueurs-langueurs, et surtout ne dit pas grand chose - et reste en tout cas très en-deça et de l'histoire, et du péplum. L'enthousiasme unanime de la presse me laisse pour le moins perplexe.

♥♥♥♥♥♥ Péplum, de Nasser Martin-Gousset, a été donné au Théâtre de la ville du 3 au 6 avril 2007.
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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 22:28
Quatre danseuses moulées dans des dessous noirs à crevés soyeux, comme des nus pâles embrassés par des chauves-souris, exécutent des duos et des quatuors dans une demi-lumière.

Puis le noir se fait pour quatre solos d'une beauté inquiétante, partie centrale de la pièce. Le satin noir se fait nuisette blanche, les poupées pomponnées papillons de nuit, heurtés à la lumière frontale et lunaire des projecteurs. C'est l'éclairage des interrogatoires et des cabarets, un truc de théâtre aussi vieux que l'électricité ; c'est Lautrec et ses cocottes enfarinées. Il plonge ses victimes à l'intérieur d'elles-mêmes, dans leur solitude et leur singularité. Le noir alentour laisse tout imaginer. Parc et cris d'enfants, piano, gazouillis de grenouilles, des univers sonores les enveloppent, taillés à la mesure de ces âmes enfermées, dont les caverneux échos cognent aux parois de leur coquille corporelle, la faisant tressaillir et trébucher. Bouche ouverte et doigt entre les dents, yeux écarquillés, ces femmes sont étranges et magnifiques quand elle vivent leur vie à toute allure, quand leur âme prend conscience de sa cage, commandant à leurs mains de la délimiter, d'explorer son environnement.

Ces aphorismes seraient géométriques et la musique (concrète, électronique, instrumentale, très belle) mathématique ; mais ici nulle sécheresse conceptuelle : tout respire l'humanité. D'aucuns disent que cette danse est un peu datée. Eh bien, si la grâce et le trouble sont datés, je veux bien être daté avec elle. Ici on ne joue pas, on ne jappe pas mais on danse et on mime, silencieusement, flirtant sans complexe avec le classique et le butoh, avec autant de tact que d'élégance et de vigueur. Duos et quatuors eussent été lisses, n'eût été ces regards d'oiseaux, d'étranges moulinets, et ce décalage introduit par la stature de l'une des danseuses, dépassant les trois autres par sa taille et sa musculature.

Bref, on reste sidéré, comme le Tadorne, qu'un chose si subtile et si belle soit si peu programmée.

♥♥♥♥♥♥ Aphorismes géométriques, de Michel Kelemenis, a été interprété par Caroline Blanc, Marianne Descamps, Virginie Lauwerier et Claudine Zimmer, le 13 mars 2007 au théâtre de Vanves, dans le cadre du festival Artdanthé. Costumes de Blanche de La Taste et Aline Desherbais.

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24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 23:12
Il y a des pièces miraculeuses, essentielles. Herses en fait partie.

L'argument en est très simple : ce sont trois hommes et deux femmes, nus, évoluant sur un fin plateau souligné d'une frange lumineuse, et parfois débordant hors de lui. La lumière est changeante, du noir complet à la lumière crue, mais le plus souvent pénombre de caverne, d'antre originel éclairé de loupiotes. Ces êtres, nos frères et soeurs, sont la fragilité, la légèreté, la gracilité même. Nulle trace de violence dans Herses : le titre se joue de nous, il ne s'agit pas ici de dents de fer, mais des feux de la rampe auprès desquels (peut-être) ces frêles créatures se sont doucement introduites.
Les jeunes femmes, au début de la pièce, rassemblent du sable et attrapent des papillons imaginaires, comme font les petits enfants. Les hommes ont des gestes plus raides. Les uns et les autres vivent généralement seuls, presque autistes, le visage vide. Ils essaient toutes sortes de configurations corporelles. Rarement on aura montré aussi simplement ce que c'est que penser par le corps ; or on sait que toute pensée vient de là. Comme l'espace est étroit, ils vont se croisant-frôlant, voire heurtant comme par hasard. Et les voilà, sans y songer, en couple ou en trio, renouvelant ensemble les mêmes expériences qu'ils menaient solitairement ; avec, de surcroît, l'expérience du poids qu'un corps fait peser sur l'autre, des épaules qui le soulèvent comme une brebis, du pied qui creuse le ventre. Tout finit dans une magnifique métaphore de la société idéale, fraternelle et charnelle, où les corps réunis, difficilement, fièvreusement, font avancer l'espoir humain. Nous sommes dans l'utopie de l'innocence. Je pense à la fresque de Pollaiuolo qui figure en tête de ce blog. Ce fut aussi un rêve de la Renaissance.
En épilogue, une longue pièce pour violoncelle de Helmut Lachenmann, jouée par Georgi Anichenko, fait écho à la chorégraphie. Comme la main sur le corps, l'archet touche, tape, caresse cordes, cordier, table, chevalet.

Le retour des danseurs pour saluer le public réserve une surprise : on découvre qu'ils portaient des perruques. Ce n'est qu'alors que je reconnais l'immense Charmatz, pour une fois sans barbe, qui a retrouvé ses cheveux roux bouclés, et je constate avec déception, à l'inverse, que les opulents cheveux bouclés d'Audrey Gaisan n'étaient pas les siens. Ma voisine, une amie de collège que je n'avais pas revue depuis vingt ans, me souffle astucieusement que c'est une manière de n'être pas tout à fait nus. La fréquence des perruques dans la danse contemporaine me laisse rêveur : Lachambre tout dernièrement dans Lugares comunes, Monnier dans Frères et soeurs, Mette Ingvartsen dans 50/50, pour ne parler que des premières pièces qui me viennent à l'esprit, car j'ai la mémoire courte... que veut-elle dire ? Signalez-moi d'autres perruques, que nous y réfléchissions un peu.

♥♥♥♥♥♥ Herses a été créé en 1997 et donné au centre national de la danse de Pantin du 20 au 22 février 2007.
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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 23:35
Benoît Lachambre, Lugares comunes
(cl. Vincent Jeannot)

« Dans un espace scénique traditionnel, Benoît Lachambre a placé dix de ses collaborateurs pour explorer la question des lieux communs, plus précisément, des conditions de vie en commun. Au-delà de la séparation entre la scène et la salle, les personnages et les spectateurs, Lugares Comunes interroge l'espace de la rencontre. » ("Sortir en famille", sur la Fnac Éveil et jeux).

Confession : avec ma compagne, je devais aller voir Sidi larbi Cherkaoui, qu’elle affectionne, mais Cherkaoui était complet. Une voix suave venue du Théâtre de la ville m’avait téléphoné pour me prier de choisir un autre spectacle. Feuilletant le programme du Théâtre dans l’urgence, je tombe sur Benoît Lachambre, dont je connaissais la notoriété, mais que je n’avais pas encore vu sur scène. Va pour Lachambre. Inquiétante surprise : à réception de mes places, je m’aperçois que nous sommes au premier rang, ce qui n'arrive pas souvent. Le spectacle serait-il pour initiés ?

Benoît Lachambre est une sorte de gourou. On l’a vu auprès de nombre de danseurs et de chorégraphes. Ici, on le retrouve notamment avec Saskia Hölbling, dont on a déjà parlé sur ce blog, et avec laquelle il a déjà travaillé. Au début de Lugares comunes, il dort avec ses camarades, face au public. Son teint pâle, ses orbites creusées lui composent un masque mortuaire. Plus tard, son allure dégingandée et sa perruque folle lui donneront un air de Christ hagard et mal peigné. Assurément, il a de la présence.

Le texte de présentation du spectacle, signé Gérard Mayen, est écrit dans le plus pur style du Théâtre de la ville. (Il n’y a d’ailleurs guère que sa prose à glaner sur Internet. Un seul avis, recopié et multiplié sans critique sur des dizaines de sites, fait autorité sur la pièce. Spectateurs, faites-vous entendre !) D’après Gérard Mayen, donc, Nadia Lauro, auteur (connue) de la mise en espace, a créé « un fantastique lieu hors du commun…, un espace d’une amplitude somptueuse, ouvert, mais aussi fractionné en zones mouvantes, et en niveaux divers », etc. etc. Concrètement, le plateau est nu, noir, le sol simplement couvert de contreplaqué et meublé de fauteuils en plastique noir motorisés, animés depuis les coulisses. Je cherche vainement le hors du commun et l’amplitude somptueuse. On nous parlera vaguement, chuchoté en français, dit en espagnol, des sièges des spectateurs, et l’on supposera qu’il y a quelque rapport entre cela et les sièges mouvants. Sans plus.

Le plus réussi et le plus spectaculaire dans Lugares comunes, c’est la danse, mais il n’y en aura pas assez. C’est une danse individuelle, désossée, une danse caoutchouc, entre attraction et apesanteur, titubante, saoûle, exaltante, singulière, relaxante. Voilà sans doute les release technics dont Lachambre est un promoteur. C’est agréable, aussi bien pour les danseurs, très certainement, que pour le public. Danse cependant artificielle, car un véritable relâchement devrait conduire les danseurs à tomber et à se cogner, au lieu qu’ils se rattrapent très habilement : ils gardent donc l’entier contrôle de leur corps et ne se relâchent en vérité nullement.

À un moment, tout ce petit monde, dix performeurs, se regroupe pour discuter. Chacun se coupe la parole pour ne rien dire, façon groupe de parole d’intellos bobos. C’est amusant, mais archi-rebattu, et paraît bien gratuit. Le spectacle sème quantité de saynètes de ce genre, sans liens précis, généralement moins signifiantes encore.

Langues et races. On parle toutes sortes de langues sur le plateau, français, allemand, espagnol, anglais, des langues improvisées. Comme on ne peut pas connaître toutes les langues, et qu’elles ont tendance à se couvrir et à se chevaucher, elles sont presque incompréhensibles. On est de toutes les couleurs : une noire, une jaune, des blancs bruns, des blancs blonds, des café au lait. Mais tous portent une perruque grise. Souci de faire plaisir à tout le monde, sachant qu’un public contemporain compte statistiquement au moins un hispanophone, un germanophone, etc., un jaune, un noir, un bleu, un vert ? Ou bien d’exprimer que les mots sont inutiles, et que par conséquent ils n’ont pas besoin d’être compris, et qu’aux diverses couleurs de peau, il vaut mieux préférer l’équité triste du gris ?
Une partie de cadavres exquis semble confirmer ce refus de la parole signifiante et du sens. Plus tard, un afficheur à diodes rouges égrène des noms de Miss tout aussi dépourvus de sens. Peut-être est-ce aussi cela, les release technics, se libérer du sens. Au grand risque de tendre vers l’indifférence.

Mais ceci est un problème général des spectacles contemporains : les artistes ont peur du sens évident. À la clarté classique, dans laquelle sans doute il voient de la simplesse, ils préfèrent l’obscurité confuse, en laquelle ils croient trouver de la nuance et de la profondeur. Ils ont tort, car cette confusion rend impossible le dialogue avec le public. Un public qui, pourtant, est aujourd’hui fort ouvert, réceptif et curieux, mais qui ne comprend pas ce refus de lui parler autrement que par énigmes.

Rencontre et lieu commun. J’étais extrêmement près des interprètes, mais jamais je n’ai ressenti de rencontre avec eux. Il n’y a pas eu de dialogue ni de partage. Le lieu de chacun est resté strictement délimité. Le public est demeuré passif, dans son rôle contraint de bétail parqué, attendant la fin du spectacle. Qui fut hué et applaudi.

Le Tadorne est enthousiaste. Je me sens beaucoup plus proche de l'analyse de Danse à Montpellier.

Lugares comunes, de Benoît Lachambre, a été donné au Théâtre de la ville du 14 au 16 février 2007.
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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 00:40
Gilles Jobin, Double deux

D'abord, la soupe primordiale. De folles particules parcourues de pulsations étranges, s'agitant chaotiquement, selon une organisation si parfaite et si complexe qu'elle dépasse l'entendement humain. C'est à peine si l'on y remarque des récurrences, des mouvements et des figures qui semblent se transmettre par ondes. Puis les particules s'apparient furtivement, mâle avec femelle. Que sont-elles ? Des gestes violents et cruels nous avertissent bientôt que ce sont des hommes. Et la chose devient évidente lorsque les paires se figent en couples, formant avec solennité des poses de kamasutra. L'engendrement fini, les couples se dissolvent et retournent à leur vie de particules. Il ne sera rien dit des vies nouvelles qu'elles ont données, seulement de la mort qui les attend. Toujours plus ralenties, comme épuisées, elles n'ont plus l'énergie de s'arracher les unes aux autres, une force invincible les rappelle à l'unité primitive. Tandis qu'elles s'agglutinent en une pétrification informe, leur dernier effort sera pour exprimer, en tordant leurs visages béants, des cris sans voix.

On retrouve, dans cette courte pièce de Gilles Jobin, beaucoup d'éléments familiers au chorégraphe : la violence humaine, manifestée par des corps traînés à terre ; la représentation stylisée, presque monumentale, des actions humaines, comme la violence et la sexualité ; un goût du dépouillement et de la simplicité scénique.

Voici une pièce sans effets, qui traite avec simplicité du principe de la vie, qui est aussi celui du mouvement. Et qui, pour ces raisons, touche.

Double deux de Gilles Jobin a été donné au Théâtre de la ville du 7 au 11 février 2007. Rappelons que les DVD de Braindance (2000), The Moebius Strip (2001), Steak House (2005) et maintenant de Double deux, capté au théâtre de l'Arsenic (2006), sont disponibles sur le site de la compagnie Parano fondation au prix unitaire de 20 euros.


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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 00:22
To know real life, explique le site d'Olga Pona d'après L'Encyclopédie de l'âme russe de Victor Erofeev (1999), c'est être capable de survivre dans des conditions extrêmes, et fier de l'être. Ce que les plus jeunes, dans la mentalité russe, ne savent évidemment pas. Naturellement, passés du régime tsariste au régime soviétique, les Russes s'y connaissent en malheur.

S'il est une chose du moins que la jeunesse soviétique ne savait pas, si l'on devine bien Olga Pona, c'est aimer. Dans Does the English Queen Know What Real Life is About (2004), les Tarzan et Jane de Russie évoluent dans une jungle grise grande comme un sous-marin de poche, bruissant de transformateurs et d'arcs électriques. Les jeunes hommes transportent les jeunes femmes comme des rails ou des pièces de bois. Ils ont la poitrine gonflée à bloc, le biceps d'acier, la mèche soviétique, des mains battoirs qui fendent l'air ancien pour ériger le bonheur socialiste. Les regards sont tournés vers un lointain qu'ils ne voient et ne cherchent pas, un avenir qui n'existe pas. Ils sont vides. Chacun est à son étage, filles en haut, garçons en bas. Rencontres furtives, distantes, mécaniques, froides, non-rencontres. Les jeunes femmes, pourtant, lorgnent sur les garçons en contrebas.
Loin des matriochkas vernies à fichu et joues roses, ces frêles poupées sont comme les soeurs de la Poupée de Hans Bellmer (1934) ; leurs écartèlements extrêmes semblent appeler le sexe, en vain. Mais Olga Pona refuse le fatalisme russe. Au dernier moment, le gris se réchauffe, et de vrais couples se forment enfin...

The Other Side of the River (2006) est la suite chronologique de la pièce précédente. Le temps a passé. L'espoir de la patrie socialiste s'ennuie en jouant du fer à repasser. Vapeur et cigarette mêlées singent l'encens orthodoxe. La jeunesse timidement se déchaîne ; voilà des tee-shirts à fleurs, et des filles en jupes courtes, sombres mais colorées. Mais ne sachant toujours pas aborder l'autre sexe, elle se déploie en gestes excessifs, formant des couples étranges et des configurations incongrues, et les jeunes femmes demeurent bellement bellmeriennes.

Ces deux pièces, qui vont admirablement ensemble, relèvent d'une chorégraphie un peu datée, rappelant les années 1980-1990 de l'Europe de l'Ouest. Ce qui n'est pas sans lui donner du charme, ni, paradoxalement, une certaine fraîcheur. Leur grande lisibilité les rend accessibles à un large public, ce qui n'est pas non plus pour déplaire. On attend la suite de ce qui pourrait aisément devenir une trilogie : qu'en est-il de la jeunesse post-soviétique, la jeunesse russe d'aujourd'hui ? Il y a sans doute beaucoup à dire sur le sujet, et les Européens sont avides de connaître ce qui se passe chez leurs frères d'Orient. Du reste, on se réjouit toujours de voir la danse contemporaine faire lentement son chemin dans un pays si longtemps figé dans la danse académique.
Les critiques publiées dans la presse française étant de peu d'intérêt, je conseille la lecture d'un échange éclairant et vif paru sur Dan...ce, l'excellent blog de Marc Goossens.

7 février 2007. Epilogue.
En relisant le texte de présentation du Théâtre de la ville, je me rends compte que je n'avais pas exactement compris l'argument de The Other Side of the River. En vérité, les chemises à fleurs que les jeunes gens repassent sont celles de touristes occidentaux, gens de l'autre rive, descendus dans un hôtel. Elles sont le support de fantasmes de libertés multiples, qu'ils finissent par assouvir avec une prostituée (d'où les jupes courtes). Le reste de la pièce n'étant pas explicité, je ne sais plus ce qu'il faut penser de tous ces duos, trios, quatuors qui la remplissent, ni qui sont toutes les autres femmes qui l'animent : jeunes femmes russes ? prostituées ? purs fantasmes ? The Other Side of the River me paraît désormais beaucoup moins lisible que je ne l'avais imaginé.

Does the English Queen Know What Real Life is About ? et The Other Side of the River d'Olga Pona ont été donnés conjointement aux théâtre des Abbesses du 30 janvier au 3 février 2007.


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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 23:51
Jan Lauwers, Le Bazar du homard
(cl. Vincent Jeannot)

Hélas, il faut hurler avec les loups : le Bazar du homard de Jan Lauwers est un désastre. En fait de danse, c'est une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Jan Lauwers. Le texte n'en serait pas absolument mauvais s'il ne péchait sur un point crucial : sa totale vacuité. Il ne dit rien, ne défend rien, et nous laisse consterné. Sa fantaisie revendiquée, du reste, tient de l'escroquerie. Il n'y a pas une once de fantaisie dans ce spectacle, hors la fantaisie convenue d'une certaine scène contemporaine extrêmement paresseuse. Ce n'est pas un théâtre de l'absurde, c'est un théâtre du néant.
Malheureusement, comme si Jan Lauwers avait passé tout son temps à peaufiner son texte, sa mise en scène donne la détestable impression de parer au plus pressé, en copiant-collant les recettes qui avaient si bien réussi à la Chambre d'Isabella. Elle n'aide donc pas à faire passer la pilule. On ne trouve ici que les ingrédients minimaux d'un (mauvais) spectacle contemporain : les costumes de strass, le type à poil, l'allumeuse en petite culotte, l'écran vidéo façon home cinema, jusqu'au public ad hoc qui glousse au seul énoncé du mot homard, de peur de ne pas avoir l'air dans le coup. Les danseurs semblent livrés à eux-mêmes, et servent une danse improvisée dont la pauvreté fait peine.
Un seul coeur, donc, pour les danseurs-comédiens qui écopent désespérément pour empêcher le homard de couler.

Le Bazar du homard de Jan Lauwers a été créé au dernier festival d'Avignon. Il a été donné au Théâtre de la ville du 31 janvier au 4 février 2007.


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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 12:58
En guise de complément à mon article sur Snow White, dernière pièce d'Ann Liv Young, voici le texte que celle-ci a écrit pour lui servir de trame, tel qu'il était distribué à la fin du spectacle, reproduit avec son aimable autorisation.

Snow White

I

C’est moi la conteuse de Disneyland et je vais vous raconter la célèbre histoire de Blanche-Neige. Ça commence avec la reine sans coeur ou marâtre de Blanche-Neige, la jolie Blanche-Neige et le grand prince.

Sur les marches du château, il y a Blanche-Neige, la reine et le prince. Le château est entouré de toutes sortes de petites bêtes. C’est le plus beau château du pays.

Blanche-Neige, la reine et le prince sont épuisés, terrorisés.

Soudain elle chante pour eux.

II

Il se trouve qu’on s’amuse comme des fous. Tout le monde est bientôt emporté par l’entrain que procure le fait d’être propre de la tête aux pieds. En fait, la marâtre sait que Blanche-Neige n’est pas morte. Elle se cache avec les sept nains. Blanche-Neige ne fait que rire. Elle rit car les nains sont vraiment courts. Blanche-Neige est dans la chaumière des nains, elle est profondément endormie. Le lendemain matin les nains partent travailler, mais pas avant de prévenir Blanche-Neige de se méfier des inconnus. Blanche-Neige se contente de rire. Elle n’a pas du tout peur de sa marâtre. La reine déguisée ne tarde cependant pas à s’emplir indignée du fracas du tonnerre. Trop tard – la reine vend des pommes, mais c’est trop tard. Blanche-Neige a mordu dans la pomme tentatrice. Elle mord la reine. Les oiseaux plongent et s’attaquent à la femme. Blanche-Neige n’est pas morte. Dans la peau rosée de la pomme se trouve le pouvoir de faire venir des pluies battantes, le fracas du tonnerre et des éclairs. C’est alors qu’en un éclair la foudre frappe et plonge Blanche-Neige dans un chagrin éploré. Avec un cri glaçant de la reine, ils entendent Blanche-Neige chanter le prince qui approche.

III

Et voici le Prince. Blanche-Neige est si sale que ses jambes la porteront à l’intérieur du prince. Blanche-Neige a le coeur brûlant. À l’insu des deux jeunes gens, la reine observe. La reine a le coeur brûlant. Le prince embrasse Blanche-Neige. Il vient de jouir en Blanche-Neige. Le prince est bien dur et en a une courte. Blanche-Neige tombe épuisée. Soudain ses jambes sont salies. Elle entreprend de nettoyer le foutre. Le prince aime Blanche-Nelge quelque temps.

Ils ont du foutre dans les yeux et les petites bêtes dansent et sautent de joie. Le prince et Blanche-Neige se chevauchent l’un l’autre dans le château où ils vivent.

IV

Blanche-Neige est horrifiée d’apprendre que la reine la hait autant. Le prince la pousse à s’enfuir le plus loin possible et à ne jamais, jamais revenir. Il a beau supplier, Blanche-Neige tombe épuisée, sanglotant cornme si son coeur allait se briser.

Elle remarque soudain que tout est calme dans les bois. Levant les yeux, elle se rend compte que la reine observe. Elle a le coeur brûlant. Elle fait appel à la reine en lui disant si jalouse sois-tu, tu es ma marâtre et je t’aime. Qu’importe que tu sois malfaisante, jalouse, vieille, grognon, pourrie, femme malfaisante, je t’aime. Il n'y a qu’une seule reine malfaisante. Cest la marâtre de Blanche-Neige. On ne peut jamais, jamais tuer l’amour. Le prince et moi, on est vraiment inquiets mais c’est toi la reine, qui as accepté certaines nécessités. Finalement peux-tu ne jamais, jamais me tuer ? Je suis une petite fille fatiguée.

Ben, en un rien de temps la reine frappe Blanche-Neige. Blanche-Neige s’assied et soudain le prince s’agenouille de chagrin.


Reconstruction du conte Blanche-Neige par Ann Liv Young
(traduction Denise Luccioni)

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Festivals & cies

Quelques festivals...


Hiver


Artdanthé (Vanves, entre novembre et mars)
Faits d'Hiver (Île-de-France, janvier)
Tanztage Berlin (janvier)
SzólóDuó Tánc Nemzetközi Fesztivál (Budapest)
Escena contemporanea (Madrid, janvier-février)
Vivat la danse ! (Armentières, février)
Tanzplattform (février, Allemagne)  
DañsFabrik (Brest, février-mars)
Les Hivernales d'Avignon (Avignon, février-mars)
Tanz Bremen (Brème, mars)
Les Repérages (Lille, mars)
Biennale nationale de danse du Val-de-Marne (mars-avril)

Printemps


Biennale de danse de Charleroi (mars-mai)
Freedance
(Dniepropetrovsk, Ukraine, avril)
Brasil Move Berlim (Berlin, avril)

Springdance (Utrecht, avril)
La danse de tous les sens (Falaise, mai)

Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (Île-de-France, mai-juin)

Festival TransAmériques (Montréal, mai-juin)
Tanec Praha
(Prague, juin)
Dance Week Festival (Zagreb, juin)
Uzès Danse
(Uzès, juin)
Latitudes contemporaines (Lille, juin)
Alkantara festival (juin)
Zawirowania (Varsovie, juin)

Eté


Festival de Marseille (juin-juillet)

Montpellier danse (Montpellier, juin-juillet)
Festival d'Avignon (Avignon, juillet)
L'Eté des Hivernales (Avignon, juillet)
ImPulsTanz (Vienne, juillet-août)
Paris quartier d'été (Paris, juillet-août)
Internationale Tanzmesse nrw (Düsseldorf, août)
Tanz im August (Berlin, août-septembre)

Automne


Biennale de la danse (Lyon, septembre)

Le Temps d'aimer (Biarritz, septembre)
Plastique Danse Flore (Versailles, septembre)
Dansem (Marseille, septembre-octobre)
Sidance (Séoul, septembre-octobre)
iDans (Istanbul, septembre-octobre)

Ciało/Umysł (Varsovie, septembre-octobre)
Festival d'Automne (Paris, septembre-décembre)
Les Eclats chorégraphiques (Poitou-Charentes, octobre)
Tanzhautnah (Cologne, octobre)
123Tanz (Hall, Autriche, octobre)
Tanztendenzen (Greifswald, octobre)
Bøf (Budapest, octobre)
Panorama de dança (Rio de Janeiro, octobre-novembre)
Dance (Munich, octobre-novembre)
Fest mit Pina (Allemagne, novembre)
Euro Scene Leipzig (novembre)
Les Inaccoutumés (Paris, novembre-décembre)
Decemberdance (Bruges, décembre)

Dates variables


DatanzDa (Zürich)
Les Grandes traversées (Bordeaux)
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