Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Des liens vers des images, des photos, des photographies et des vidéos de danse contemporaine, ainsi que des critiques de spectacles - All the links to images, pictures, photos and videos of contemporary dance, as well as performances reviews.

Publicité

Nouvelle cuisine : Jean-Pierre Bonomo, Ceci est mon corps (festival Faits d'hiver)

Bonomo_Ceci_est_mon_corps_2-copie-1.jpg
Jean-Pierre Bonomo, Ceci est mon corps, interpr. Vanessa Tadjine (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Pourquoi donc cet avant-titre, vous demandez-vous ?
La nouvelle cuisine, c'est très bon, c'est très joliment présenté, mais on fait plein de manières autour et il y a très peu à manger.

Ceci est mon corps,
de Jean-Pierre Bonomo, c'est de la nouvelle cuisine. D'ailleurs, la feuille du spectacle prévient : c'est de la "danse plasticienne". La danse plasticienne, c'est la nouvelle cuisine. L'interprète, Vanessa Tadjine, est une danseuse superbe, mais on ne la verra pas vraiment danser. D'ailleurs c'est à peine si l'on verra quoi que ce soit dans la petite salle noire où les spectateurs se sont enfermés. Un peu comme le Crystalll d'Alice Chauchat, il faudra d'abord localiser l'interprète. Dans le noir, à la seule lueur de lampes de poche tournées contre les murs, dans un bourdonnement sépulcral. Un assistant (le chorégraphe ? il n'est pas cité dans le programme) l'éclaire de temps à autre avec ces loupiotes, ou l'étaie avec des planchettes de bois.

Parfois elle se déplace avec vivacité comme un enfant sauvage. Parfois elle s'allume dans le noir comme un cyborg. Sur son dos scotché s'esquissent des replis vaginaux. Le public s'habitue peu à peu à l'éviter pour la laisser passer et à la suivre pas à pas pour ne rien perdre de ses micro-activités. Le temps de se mettre le pied dans un cône rouge et hop ! voilà, c'est fini !

Bonomo_Ceci_est_mon_corps_1.jpg
Jean-Pierre Bonomo, Ceci est mon corps, interpr. Vanessa Tadjine (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)
Il n'y a plus qu'à convaincre Jean-Pierre Bonomo d'allumer les spots et de laisser sa danseuse danser et tout ira bien.

Ceci est mon corps, de Jean-Pierre Bonomo, a été donné à Micadanses les 31 janvier et 1er février 2008 dans le cadre du festival Faits d'hiver.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
G
Ayant bénéficié du même commentaire sur un soir ou un autre, je ne peux que réagir dans les mêmes termes que J.D. : merci, c'est toujours plus intéressant de lire un pladoyer que des insultes.Et bravo pour avoir su mettre en évidence le potentiel érotique et violent de Jérome en plein reportage.
Répondre
J
Bonjour et merci pour ce commentaire qui apporte un autre éclairage que le mien. J'aimerais qu'il en soit ainsi pour toutes mes critiques...Pour la petite histoire, l'homme dont vous parlez n'était autre que votre serviteur, en plein reportage photographique, qui s'était agenouillé pour stabiliser son appareil photo ! Les photos seront bientôt en ligne, avec l'accord du chorégraphe.
Répondre
B
Jean-Pierre  Quelques mots pour tous vous remercier. Ce qui est émouvant c'est à travers la forme, percevoir autant de sens. La situation actuelle du monde, (le modèle plaqué contre le mur avec une planche, l'ombre portée formant un tchador; les bombardements sonores et lumineux,..) religieuse ( il y a quelque chose de christique dans ce corps qui nous est offert sur lequel sont représentés les maux du monde), mais aussi l'intemporelle : la beauté (Elle! ta marionnette, ton modèle, ta pâte), la vieillesse, le plaisir esthétique des formes, des sculptures. Des impressions me restent:   D'abord comme des clandestins, nous assistons à des mouvements de bassin, de tremblements, puis le dos est un paysage corporel: des creux, des monts, une plaque tectonique en mouvement.  Il me reste entre autres cette image de grace sous une lumière stroboscopique: La Silouhette en lévitation sur des pointes chaussée de baskets.  Il me reste aussi cette image du modèle avec une jambe de bois, de cette créature hybride. Alors que son visage est resté neutre il me semble durant toutes les précédentes visions, ici son expression exprimait l'outrage, la blessure. De quoi? A propos de la situation du monde qui nous a été donnée à voir? Ou alors plus intimement d'avoir été ainsi manipulée, modelée, exposée, offerte? Ce sentiment était renforcé par un hasard de la représentation : en face de ses jambes écartées, était agenouillé un homme. L'expression blessée, outragée du modèle en était renforcée. Il s'est dégagé quelque chose d'érotique, de violent d'une autre façon. Nous spectateurs, étions des voyeurs. Merci à Vanessa, Christophe, et toi, pour ces émotions et cette résonnance.
Répondre