Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Des liens vers des images, des photos, des photographies et des vidéos de danse contemporaine, ainsi que des critiques de spectacles - All the links to images, pictures, photos and videos of contemporary dance, as well as performances reviews.

Publicité

Moeno Wakamatsu, Printemps futile : "I only do as I need it to be"

iP1160091_filtered.jpg
Moeno Wakamatsu, Printemps futile (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Le titre est déjà tout un programme. Sombre, pour ne pas dire noir.

Moeno est Source, mais source tarie, des fleurs mortes pour cruche. Un peu Sylvidre, un peu Ophélie. Un peu christique, avec son bouquet, possible couronne, dégouttant de larmes noires sur sa peau nue, comme si les épines venaient à elle.
Elle s'appuie à la colonne pour goûter sa passion. Yeux vitreux mi-clos, bouche fermée, ou entrouverte, ou franchement ouverte, comme pour exhaler une âme pressée de fuir sa prison. Ce pourrait être une sainte chrétienne, abîmée dans le martyre ou dans l'extase, quand ses bras maigres, ses doigts de grenouille tendent vers un Créateur invisible sa morne offrande, sèche comme une mammelle sans lait.

iP1160026_filtered.jpg
Moeno Wakamatsu, Printemps futile (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Moeno Wakamatsu dit volontiers que son travail n'a rien de sombre, qu'elle se laisse guider par la nécessité. A moi qui ne connais rien au butô, il m'apparaît, chez elle comme chez Masaki Iwana, au-delà de leur paysage intérieur respectif, que c'est l'esprit japonais qui parle, soucieux d'exalter l'âme et de réfréner l'arrogance du corps. Je ne m'étonne pas, dès lors, que le solo de Moeno fasse si fort penser à un martyre chrétien, et je comprends que le Japon impérial ait craint les progrès du christianisme sur son sol.

Printemps futile, de Moeno Wakamatsu, a été donné à la Fond'action Boris Vian les 22, 23, 29 février et 1er mars 2008.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
Mes meilleures félicitations pour votre superbe site ! Parfait !!!
Répondre
L
BonjourJe ne suis pas sûr que la référence au Bouddhisme soit si pertinente. Le butô date de l'après-guerre, et s'inscrit dans un cadre plutô d'avant-garde areligieux et tourné vers l'Occident.Si l'on veut trouver des référents religieux, c'est bien plus vers le shamanisme et le shintô qu'il faudrait sans doute rechercher. Quant à associer le blanc à la mort, il ne faut pas aller trop loin car n'oublions pas qu'au Japon aussi, par exemple, on se marie en blanc.....
Répondre
G
Mon Jérome, je suis à 100 % solidaire, mon YES est sincère. Tes impressions sont précieuses et nous permettent un nouveau regard sur Moeno. Qui elle-même se situe d'ailleurs au delà du Buto... Ne te laisse donc pas impressionner par la science de notre ami accordéoniste. C'est d'ailleurs une bonne chose de l'avoir fait réagir, il écrit beaucoup trop peu.
Répondre
J
Sachez-le, Guy est le parfait faux-frère, et son yes est rempli d'ironie. C'est lui qui m'a dit "vas-y Jérôme, lâche-toi, pas besoin de connaître le butô pour en rendre compte, fais comme tu le sens !" Je l'ai écouté... Et voilà que je reçois un mail de Claude Parle, notre trésor national vivant de l'accordéon expérimental (très jolie vidéo avec danse et peinture ici), qui connaît son butô sur le bout des doigts, et connaît très bien Moeno Wakamatsu qui plus est, qui m'informe grosso modo que j'ai tout pris de travers. Explication :"Ce que tu écris du spectacle de Moeno m'intrigue fortement... bien que nous n'ayons pas vu la même performance ! Tout d'abord, un petit point d'ordre : pour un Japonais, le blanc est l'évocation du monde des démons, et le noir son opposé... donc la vie sous sa forme indifférenciée, qui absorbe la lumière... Quand Moeno sort cette branche (fleurie), elle évoque pour moi l'improbable surgissement du possible hors du songe, en fait une tendance vers la vie ! ! Son périple à la marge de cette étendue blanche, c'est le parcours imposé des relations (innen) [je ne sais pas si tu parles japonais ? ! [hélas non, NDLR] ] sur le bord de la vie et de l'inanimé. Il y a bien quelque chose de l'ordre de l'offrande mais c'est ce corps, porteur obligé, qui en est le vecteur... Ce que Moeno donne à voir c'est l'enfantement de la réalité d'un corps désirant... mais pour lequel l'accès à la vie par la matière est impossible, elle ne sort pas de l'espace initial... Son ultime geste est la transmission par cette fleur offerte à un spectateur, à la fin... Mais le spectateur ne comprend rien à tout cela. Soit il sort avec l'objet, soit il le jette dans l'espace de danse, soit il le mange ! ! (gasp !) Mais cette attitude est une attitude sectaire dans le bouddhisme même ; la bonne réaction, sans doute espérée par Moeno, serait un immense sourire : le visage épanoui de Kaçyapa devant L'Eveillé triturant sa fleur d'Udumbara !"
Répondre
G
YES!
Répondre