"Les corpus documentaires existants sont surtout iconographiques : images fixes et animées produites par la photographie et la vidéo. Mais le plus souvent on connaît et on diffuse les mêmes images, iconographie bien souvent paresseuse ou établie aux seules fins de promotion de spectacles. En matière d'images de danse la trace en elle-même est problématique. Que montre, en effet, l'image fixe du mouvement, et que laisse percevoir de la « corporéité » de la danse un film qui aplatit nécessairement ce qui est donné à voir ? De plus, ces traces - qui sont le plus souvent captées de la salle et dans le temps de la représentation plutôt que dans celui du travail d'élaboration - tendent, comme dans un processus de fossilisation, à tenir lieu de substitut d'un spectacle qui, lui, est dit « vivant ». Reste que ces documents iconographiques, surtout les vidéos, dont les artistes eux-mêmes se servent chaque jour davantage pour élaborer ou interroger leurs oeuvres et que les interprètes utilisent pour s'emparer des formes qu'ils auront à faire vivre, sont les sources qui ont le plus la faveur des amateurs et étudiants qui fréquentent les médiathèques disposant de fonds sur la danse..."
(Culture et recherche 90 (mai-juin 2002), p. 7-8)
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