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La femme est le premier vêtement de l'homme. Elle le tient par un fil que rien ne peut couper.
Le monde de Puur est un grand utérus bordé des pierres d'un grand fracas. Neuf hommes, quatre femmes seulement et un dieu goguenard y forment une société matriarcale où les hommes sont faibles, inconséquents, querelleurs, babillards, et les femmes silencieuses, maternelles, nourricières, consolatrices, juges, quelquefois assassines. Tous sont blancs dans un monde noir, noirs dans un monde blanc, les deux couleurs de la pureté joyeuse et morne. La société de Puur est inquiète, tendue par des fantasmes de torture, de meurtre, d'abominations.
Puur est une longue pièce très dansée, malgré quelques passages par la parole. Les projections vidéo, assez longues, s'intègrent avec plus ou moins de bonheur à la performance des danseurs - difficile de suivre les deux en même temps ; elles forment une sorte de rêve éveillé qui paraît jaillir de leur cervelle. Certains spectateurs ne supportent pas cette tension concentrationnaire et quittent la salle. D'autres se lèvent quand les danseurs shootent dans une tête de poupon en plastique. Ce n'est là pourtant qu'un détail très mineur de la pièce, un poncif de la provocation contemporaine (vu dans Umwelt tout dernièrement) qui, comme tout poncif, a perdu presque toute signification et toute force.
♥♥♥♥♥♥ Puur, de Wim Vandekeybus, au Théâtre de la ville jusqu'à ce soir 3 décembre. Ayant été donné au dernier festival d'Avignon, Puur a fait l'objet de nombreux reportages photographiques : voir mon article sur le festival d'Avignon.