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Des liens vers des images, des photos, des photographies et des vidéos de danse contemporaine, ainsi que des critiques de spectacles - All the links to images, pictures, photos and videos of contemporary dance, as well as performances reviews.

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Pascal Rambert, Libido sciendi : le coït chorégraphié

Pascal Rambert, Libido sciendi (dessin de François Olislaeger)


Avec Libido sciendi (littéralement "désir de connaître"), Pascal Rambert reprend le ballet classique au point où le XIXe siècle l'avait laissé. Il en extrait l'instant crucial de l'échange amoureux pour faire pièce à part entière.

Tout commence, après déshabillage, par un long baiser du couple nu.
Il y a représentation, non accomplissement. Rambert s'inscrit parfaitement dans l'héritage classique. Il représente un coït archétypal, idéalisé. Elle et lui (émouvants Ikue Nakagawa et Lorenzo De Angelis, qu'il faut saluer) sont jeunes et beaux, leur élan pur et simple, l'acte sans autres accidents que ceux que dicte la nature.
Rambert illustre les thèmes convenus de l'union amoureuse. La sacralité de l'acte. L'enchaînement. L'enchevêtrement. L'unisson. La symétrie. La réciprocité. L'érotisme des cheveux.  La communication avec le cosmos que la grande salle vide, surdimensionnée pour une scène intime, peut symboliser. La douceur la violence, la tension le relâchement, la pudeur l'abandon.
(Au fond, tout l'acte sexuel n'est qu'un jeu de balance entre retenir et lâcher, une illustration de l'attraction universelle.)


Pascal Rambert, Libido sciendi (dessin de François Olislaeger)


Rambert ne renonce pas non plus à la métaphore chorégraphique, comme de jolis portés d'agneau. Il y a des courses de sauts naïfs, des gestes d'exclamation ou d'orants, des yeux levés vers un ciel indéfini, très mystérieux. Rambert tente cependant de pousser plus loin le naturalisme, presque absent du ballet classique, en montrant les jeux de mains, de langue, de nez. La plus belle scène mêle les deux genres : debout, elle fait aller et venir le sexe de son partenaire dans sa main, tandis qu'elle-même effectue un pudique mouvement de balancier, tête renversée, proprement chorégraphique. L'effet est empreint de douceur, de sensualité, de paix.


Pascal Rambert, Libido sciendi (dessin de François Olislaeger)



Dans Libido sciendi, tout est délicatesse et simplicité. Certaines intentions de Rambert sont clairement affichées : les deux interprètes sortent du public et reviennent à lui, même s'ils finissent par s'en extraire pour saluer. Ils font partie de nous. C'est eux qui allument et éteignent les lumières qui éclairent le duo. Ils n'ont rien à cacher, semblent dire ces grands néons cliniques, et la lumière est la condition de la connaissance. Pour autant, ce n'est pas ce que Libido sciendi me semble clamer vraiment.
La salle haute de la Ménagerie de verre, splendide grande boîte rectangulaire coiffée d'une charpente métallique minimaliste, typique de la fin du XIXe siècle, offre un éclairage zénithal, une bande vitrée de ciel bleu-rose. Libido sciendi serait aussi très beau sous la lune.


Pascal Rambert, Libido sciendi (dessin de François Olislaeger)



Libido sciendi, de Pascal Rambert, a été donné à la Ménagerie de verre dans le cadre du festival Les Inaccoutumés les 22, 29 novembre et 6 décembre 2008.

Un grand merci à François Olislaeger, dessinateur, auteur de plusieurs albums, qui a l'excellente idée de dessiner pendant les spectacles, me donnant presque envie de poser mon appareil photo de temps en temps. Il a déjà sévi au festival d'Avignon en 2005 et 2008 et a commencé une série sur la danse contemporaine depuis peu, qu'il ne faut absolument pas manquer. On en redemande !
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G
Il y a aussi en ce moment un trés symathique et estimable festival Buto, à l'espace culturel Bertin Poiré: http://www.tenri-paris.com/ecbp/fest/
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J
Aux résidents récents j'ajoute Julie Nioche, dont le très graphique Matter a certainement séduit le public japonais. Et l'influence japonaise sur la danse européeene est réelle : voir par exemple l'important et significatif hommage rendu par Boris Charmatz à Tatsumi Hijikata dans la Danseuse malade, la dernière pièce de Marie-Jo Faggianelli jouée cette semaine à Mains d'Oeuvres, ou encore des artistes comme Anna Ventura, dans la mouvance butô portée par Carlotta Ikeda...
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A
Nous préparons justement un dossier spécial sur le butô pour les prochains mois!!Par ailleurs, nous essayons d'organiser une conférence (et peut-être une performance) avec Mme Kayo MIKAMI, qui viendra du Japon à Paris au coeur de l'été... ( date prévue pour la conférence : 30 juillet -- Performance possible le 31 juillet)nous tachons également de nouer des contacts avec des compagnies de danse ou de danse/théâtre au Japon... mais nous devons aussi laisser la place à d'autres domaines artistiques : théâtre, photographie, design, ikebana...Ce qui nous intéresse également est évidemment le grand nombre de chorégraphe français partant en résidence au Japon : pourquoi ? qu'est-ce que cela leur apporte artistiquement ? Voici des questions que nous aimerions poser (Kubilai Kahn, Perrine Valli....)
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J
Un numéro sur la danse contemporaine japonaise serait une chose fantastique. La géographie de la danse contemporaine dans le monde est au fond assez circonscrite, je le vois constamment dans mes statistiques... Et dans cette géographie, qui comprend une Europe très restreinte, un peu de Maghreb, un peu d'Amérique latine, un peu de Canada, il y a le Japon. Avec deux tendances, me semble-t-il : le butô, qui demeure ancré dans la sensibilité japonaise, et une tendance plus directement liée à la danse contemporaine occidentale.
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A
Merci pour vos encouragements.Nous reviendrons vers la danse. Le butô très prochainement, mais la danse contemporaine en général aussi car nombreux sont les danseurs japonais à évoluer en France (notamment).Cela devra fatalement être un fil rouge dans nos "Petites Feuilles"....... mais il y a pire comme fil rouge.A très bientot, donc...
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