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Des liens vers des images, des photos, des photographies et des vidéos de danse contemporaine, ainsi que des critiques de spectacles - All the links to images, pictures, photos and videos of contemporary dance, as well as performances reviews.

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Pâquerette, de François Chaignaud et Cecilia Bengolea : anecdotique ou pièce de culte ?

Gentiment laminée par Pascal Bély, crucifiée par Rosita Boisseau, la Pâquerette de François Chaignaud et de Cecilia Bengolea restera-t-elle dans les annales ? Les critiques sont d'ores et déjà divisés. Dominique Frétard dans le Monde 2, entre autres, signe un papier beaucoup plus favorable à cette audacieuse entreprise, et Guy Degeorges se montre bienveillant.


Rappelons-en le concept. Pâquerette fait un clin d'oeil à un obscur livret écrit par Théophile Gautier pour un ballet-pantomime d'Arthur Saint-Léon (1851), sans entretenir aucun autre rapport avec lui.

Toute la pièce repose sur l'utilisation dans la danse de l'anus et de sa pénétration, à l'aide des doigts ou d'un godemichet. L'idée est nouvelle et ne manque pas d'intérêt. Cette intromission est source de sensations et de contraintes singulières pour le danseur, et de plaisirs et de douleurs d'ordre plus sexuel que l'exercice des autres parties du corps traditionnellement mises en jeu dans la danse.

Pour autant, la mise en scène des orifices corporels (la bouche mise à part qui, comme élément du visage, est un organe essentiel de l'expression humaine) relève de la gageure. Le corps a beau être nu, ses trous sont trop petits, trop figés pour être, à proprement parler, spectaculaires. A l'usage, cette pénétration ne semble donc pas modifier fondamentalement le geste dansé. Dans Pâquerette, il se révèle même plutôt banal, approximatif, mollasson, malgré quelques sauts vigoureux qui atteignent presque le plafond (très bas) de la salle de la Ménagerie de verre. Du point de vue du spectateur, le porté nouvelle manière ne diffère de l'ancien que dans le détail.


Cette discrétion foncière oblige les deux interprètes à surjouer, à grands renforts de râles et de grimaces extatiques. Ceci est particulièrement vrai dans la première partie, conçue littéralement comme une lente introduction, où les danseurs assis se présentent couverts, parés et grimés comme de nouveaux époux, yeux délicatement révulsés, comme les mystiques du Grand Siècle. Du coup, la performance manque de naturel, flirte avec le bouffon, invitant le public à rire (ce qu'il fait de bon coeur).


Bref, Pâquerette laisse un sentiment d'artificiel et d'inabouti, d'exercice de style un peu vain. Certes, comment aller plus loin, développer un tel concept, le rendre plus perceptible ? Le mérite de la pièce reste sans doute d'ouvrir, par son esprit bon enfant (car elle ne donne pas dans la provocation ni dans l'agression gratuite), la voie à de nouvelles expériences, et d'introduire le sexe dans la danse de manière plus directe et décomplexée. A voir le public qui squattait le premier rang - encadrant un vieux couple bourgeois en mal de perversion, une brochette de voyeurs patibulaires - il reste beaucoup à faire dans ce domaine...


Malgré la déception, j'accorde donc sans regret à François Chaignaud et à Cecilia Bengolea le bénéfice de la candeur. Et je pardonne beaucoup à Cecilia Bengolea qui, dans une interview, déclare s'inspirer d'Isadora Duncan et de sa révolutionnaire liberté. Elle n'a pas tort.


Pâquerette, de François Chaignaud et Cecilia Bengolea, a été donné à la Ménagerie de verre du 25 au 27 novembre 2008 dans le cadre du festival les Inaccoutumés. Pour les anglophones, une interview d'une demie-heure enregistrée à Berlin est disponible en mp3.

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J
Bonjour à la feuille d'automne,Et merci pour le soutien, cela fait du bien, de temps en temps. Mais n'abusez pas trop de Gad Elmaleh... La danse contemporaine, c'est quand même passionnant, - et ça n'empêche pas d'envoyer de l'argent et de faire quelque chose si l'on peut ;-)...Quant à ce Guy, prenez garde : c'est un personnage peu fréquentable, transfuge de la critique de butoh. Il publie toutes sortes d'inepties sur un blog nommé Un Soir ou un autre, dont l'adresse est http://unsoirouunautre.hautetfort.com/, et sur lequel il ne faut absolument pas aller.
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L
Bonjour chers blogueurs de la danse contem/pour rien...Si pâquerette n'a pas convaincu il a du moins le mérite de faire parler...et que de bétises...J'approuve totalement l'écrit de jérôme après avoir vu ce duo...Et je soutiens le commentaire N°5 de Jérôme en réponse à ce cher Patrice de Reims qui s'avère être un spectateur bien cloisonné en affirmant "il faut bien connaître la danse contemporaine pour en parler" = foutaise, il y a bien longtemps que je n'avais lu une si grande abération...Je suis un pro de la danse et je tiens à signaler que si j'avais du m'exprimer à travers l'art chorégraphique (qui me fait vivre depuis 25ans) uniquement devant des connaisseurs et bien je pense que mon avenir aurait été bien limité...Si le Bog qu'a crée Jérôme Delatour n'est pas un soutien à l'art chorégraphique, alors qu'est ce que c'est???Cher Patrice de Reims...je pense que vous êtes bien amer surtout parce que vous n'avez pas pu voir Pâquerette...donc vous êtes le moins bien placé pour en parler...Et encore bravo jérôme pour le magnifique blog...Cordialement...
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G
Ah cher monsieur Patrice de Reims, vous avez bien raison! Il faut en finir avec Jérome Delatour et ses prétendues critiques. Cet individu ose écrire, en tout honnéteté, ce qu'il voit et qu'il pense! Et encore vous ne le connaissez pas personnellement, c'est vrai qu'il a autant de sensibilité qu'un rhinocéros caparassonné. Ses motivations sont louches, et en plus il prend des photos des spectacles pour ridiculiser les artistes.Et le pire: il n'a même pas son diplome de spectateur de danse contemporaine, c'est un imposteur! (et même sa barbe est postiche).Venez plutôt lire mon blog, moi au moins j'ai su comprendre Paquerette.Avec tout mon soutien..on monte une pétition?
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J
Bonjour,Merci pour votre commentaire. J'aurais beaucoup de choses à dire... En deux mots :- vous devriez d'abord avoir vu Pâquerette. Comment, sans cela, pouvez-vous juger que je suis passé "à côté de l'essentiel" ? Je ne comprends pas.- J'utilise ce bien précieux qu'est la démocratie pour m'exprimer. Et, précision que j'apporte fréquemment, je ne prétends pas délivrer une quelconque vérité. Je donne mon avis dans l'espoir d'obtenir celui des autres. Je recherche donc le dialogue, et j'espère apprendre d'autrui.- Je n'ai pas la prétention de bien connaître la danse contemporaine. Mais je prétends, en tant que spectateur, avoir le droit de parler de ce que j'ai vu, en toute simplicité, en toute franchise.- Je manque peut-être de sensibilité, c'est bien possible, je ne prétends pas en avoir. Si je n'en ai pas, qu'y puis-je ? Et dois-je pour autant me taire ?- Ce n'est pas parce qu'une chose est difficile à faire qu'il faut nécessairement la soutenir. Il faut soutenir ce qui, en notre âme et conscience, nous semble le mériter d'un point de vue artistique, quelles que soient les conditions, bonnes ou mauvaises, de sa création.- Je me suis permis de mauvais jeux de mots parce que cette décontraction me semble convenir au ton de la pièce ; je parie que ses deux interprètes ne me désavoueraient pas sur ce point.Si vous n'avez pas votre propre blog ou lieu pour vous exprimer, n'hésitez pas à revenir souvent me contredire. Je ne demande pas mieux.
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P
En réponse à la critique de Jérome Delatour à propos de Pâquerette, de, et avec, Cecilia Bengolea et François ChaignaudMonsieur,J'ai la prétention de croire que vous ne semblez pas, comme un bon nombre de critiques, bien connaître la danse contemporaine en général, ses recherches, ses écritures et ses techniques en particulier (surtout quand celles-ci demandent un grand savoir-faire tels que Cecilia et François le démontre dans Pâquerette). J'ajoute que votre manque de sensibilité est affligeant : mais bon, on peu vivre sans !...Que vous passiez à côté de l'essentiel en regardant une oeuvre,  c'est bien dommage pour vous, certe ! Mais si vous aviez pu vous abstenir d'en parler publiquement, vous auriez laissé le champ libre à ceux qui n'ont pas vu Pâquerette et dont une grande partie (comme moi) pourrait alors vous saluer comme un bienfaiteur de l'art en général, et de la danse en particulier !J'ajoutte encore que nos deux jeunes danseurs et chorégraphes (talentueux) sont des artistes qui pratiquent un art difficile dans un contexte social, culturel et professionnel risqué ; et qu'il conviendrait de les soutenir plutôt que de vous pâmer dans des mots qui ne reflettent que votre indigence d'esprit...Salutations toutefois respecteuses,Patrice de Reims, spectateur et amateur de danse.
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