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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 22:24

Raphaèle Bernard-Bacot Erika Zueneli
Raphaèle Bernard-Bacot, "In Contro, Erika Zueneli"


Raphaèle Bernard-Bacot est une des très rares personnes à dessiner la danse en conditions réelles de spectacle.  En une dizaine d'années, elle a saisi toute la danse la plus actuelle, telle qu'elle se  développe à Micadanses, à Mains d'Oeuvres et dans les festivals. Un ou deux de ses meilleurs dessins me rappellent étrangement des gravures de Joseph Beuys, ce qui a piqué ma curiosité initiale.

Comment procède-t-elle ? Qui dessine-t-elle ? Quelle rapports entretient-elle avec les chorégraphes qu'elle va voir ? Et pourquoi dessiner la danse contemporaine ? Ce sont les questions que je lui ai posées à l'occasion d'une exposition privée de ses dessins et monotypes intitulée Témoin danse : Body and Line.


(pour écouter tranquillement cette interview,
pensez à couper le son de Dance-Tech.tv
dans la colonne de droite !)



Raphaele_Bernard-Bacot_Eleonore_Didier.jpg
Raphaèle Bernard-Bacot, "Solides Lisboa, Eléonore Didier"


Cette exposition s'est tenue du 26 novembre au 18 décembre derniers dans un cabinet d'avocats très chic de la capitale, à deux pas de l'arc de Triomphe. L'ironie veut en effet que ce soit dans une population qui, le plus souvent, n'a jamais dû voir de tels spectacles de sa vie, qu'il faille trouver de potentiels acheteurs...


Raphaèle Bernard-Bacot


Raphaèle Bernard-Bacot Nicolas Maloufi
Raphaèle Bernard-Bacot, "Les Effondrés, Nicolas Maloufi"

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 15:56
La photographie est l'art scandaleux par excellence. La photographie est l'art du cru : elle donne l'illusion de fixer le réel sans passer par le polissoir de la culture. Elle semble avoir passé, dès sa naissance, un pacte diabolique avec le corps immédiat, si différent du corps idéal, iconique des arts anciens ; le corps mort, le corps déchiqueté, nu, glorieux. Exemples : Bismarck, chancelier du Reich, photographié sur son lit de mort en 1898. Photo "volée" par ses deux auteurs, alors achetée à prix d'or par la Deutscher Verlag, puis interdite par la famille et censurée jusqu'en 1952. Leonor Fini photographiée par Cartier Bresson en virée en Italie (1933) : summum de la photo érotique, extrêmement rare chez Cartier Bresson (mais ici la controverse n'est que sur la vente de tirages contre la volonté du maître). Un exemple plus récent : The Hand, 11 septembre 2001. Ce jour-là, Todd Maisel photographie une main arrachée sur le site des Twin Towers. Le New York Daily News la publie et s'attire les foudres d'une grande partie de l'opinion américaine.

Bien sûr, les choses ne sont pas aussi simples. La photographie n'est pas que lumière fixée sur papier, elle a très tôt remporté des victoires décisives contre cette fausse évidence. Le 10 avril 1862, la chambre des appels de Paris reconnut que les "dessins photographiques" pouvaient "être le produit de la pensée, de l'esprit, du goût et de l'intelligence de l'opérateur". Une décision semblable fut prononcée aux Etats-Unis en 1882.
Quand bien même le photographe serait sincère, son oeuvre peut être ruinée par une simple légende, et plus généralement par le contexte dans lequel elle est publiée. La supposée véracité de la photographie, encore ancrée dans notre imaginaire collectif, invite à tous les tripatouillages : photomontages, maquillages pour supprimer ici la cigarette de Sartre, le képi français devant un camp de concentration, un apparatchik en disgrace, pour ajouter là fées ou ectoplasmes.

Ainsi sont posées les thématiques de l'exposition, inextricablement tissées des origines à nos jours : controverses autour du corps obscène, controverses autour de la photographie, oeuvre d'art ou simple reproduction, véridique ou mensongère.

Les esprits chagrins se plaindront que la BnF, après des décennies d'expos de manuscrits enluminés, donne trop dans le X et la controverse. Il n'empêche, cette exposition-ci n'est pas inutile, car elle fournit à l'apprenti photographe un panorama assez exhaustif des risques qu'il encourt à prendre, et surtout à montrer, des photographies. Et il en ressortira plutôt rasséréné : les procès sont légion, mais les photographes s'en sortent de mieux en mieux, car le prestige de la photographie en tant qu'art n'a cessé de progresser depuis ses débuts. Le cas le plus malheureux est celui de Kevin Carter (1960-1994) : ayant publié la photo d'un vautour attendant la mort d'un enfant famélique au Soudan, il reçut bien vite le prix Pulitzer ; mais, ne supportant pas d'être lui-même traité de vautour, il se suicida. La photographie de reportage pose souvent de tels cas de conscience : peut-on, comme Dorothea Lange ou Sebastiao Delgado, faire de belles images avec la misère humaine ? Prendre une photo quand il n'y rien d'autre à faire ?
Dans les années 1860, Auguste Belloc écopa d'une amende et de quelques mois de prison pour avoir fait commerce de ses photos de cons grand ouverts (qui auraient inspiré Courbet - ah bon ? pourquoi pas). Aujourd'hui, la photo érotique ne pose marginalement problème que placardée en 4 par 3 dans les centres ville, et le photographe est rarement inquiété.

Le droit sur l'image reste au fond le plus flou et le plus controversé. Vous photographiez un individu dans la rue : qui est l'auteur de la photographie ? Le photographe ? Quid de son modèle ? Et ce dernier peut-il se plaindre d'avoir été photographié ? Rarement, mon général, tant que sa dignité n'est pas mise en cause : ainsi Luc Delahaye, ayant photographié des passagers du métro pour sa série L'Autre en 1999, eut un procès avec un de ses modèles involontaires. Celui-ci le perdit, car il allait du projet même du photographe que ses vues fussent "volées". Quand Spencer Tunick photographie ses foules nues, les journalistes ont-ils le droit d'en publier des photos sans rien demander à personne, et notamment à ses modèles d'un jour ? Parfaitement, a-t-il été répondu à la suite d'une performance en Suisse. Et que se passe-t-il si l'on photographie une icône de la société de consommation ? Tom Forsythe s'y risque en 1997 en photographiant la poupée Barbie dans des poses peu valorisantes ; Mattel attaque. Vertement débouttée par deux fois, la société doit verser 2 millions de dollars au photographe. - Qui aura dû quand même, en attendant l'issue du procès, avancer les frais d'avocat...
Mais le verdict n'est pas toujours aussi favorable au photographe. En 1997, le performer Alberto Sorbelli intervient au Louvre pour une Tentative de rapport avec un chef-d'oeuvre (la Joconde). Kimiko Yoshida le photographie puis, à quelque temps de là, vend des tirages de ses clichés sans en avertir le modèle. Alberto Sorbelli l'apprend et lui fait un procès. Conclusion de la cour d'appel de Paris, 2004 : performer et photographe sont co-auteurs des photographies ; ils doivent les signer ensemble et partager les bénéfices de leur vente. Depuis, Sorbelli a changé de photographe.

Et si une tierce personne s'avise de réutiliser une photographie pour son propre compte ? En 1992, Jeff Koons fait fabriquer une de ses sculptures, String of Puppies, d'après une photographie d'Art Rogers. Il n'a pas contacté ce dernier mais au contraire, a pris soin d'arracher sa signature du tirage qu'il possède. Il signe là son forfait et sera condamné. En 2004, Mladen Antonov produit Combats à Tetovo. Les photographies ne sont pas de lui, il a puisé dans celles de l'AFP qu'il n'a fait parfois que recadrer. L'affaire fait grincer l'AFP qui, cependant, n'a pas entrepris de poursuites judiciaires.

Signalons que cette exposition n'est pas une production de la Bibliothèque nationale de France mais du musée de l'Elysée de Lausanne. On peut lui reprocher sans snobisme d'abuser des tirages numériques, dont le rendu ne fait guère vibrer. La BnF a eu la bonne idée de les contrebalancer d'une petite collection de tirages vintage. Parmi eux, le portrait du mime Deburau par Nadar (1854) impressionne particulièrement. Son grain est infime et pourtant palpable. Et la désinvolture de la mise en scène - l'artiste pose devant un simple drap négligemment tendu - n'empêche pas un éclairage subtil, lunaire à souhait.

Exposition Controverses, BnF (site Richelieu), du 3 mars au 24 mai 2009.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 12:49

Félix Philippoteaux, Erection de l'obélisque de Louxor place de la Concorde à Paris, 1836
(châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)

En allant à l'exposition Our Body à corps ouvert, boulevard de la Madeleine, je rêvais d'architectures haubannées. Je voulais vérifier si la nudité, thème qui traverse la danse contemporaine, s'attachait bien à la peau. Un corps sans peau est-il nu comme un corps sans vêtement ? Autrement dit, la peau est-elle le vêtement du corps ? Et si oui, où s'arrête notre corps ? Toutes ces rêveries, hélas, n'ont trouvé aucun support dans cette exposition. Rarement j'aurai vu exhibition aussi platement illustrative : voilà le corps scié en tranches de deux centimètres, en long et en travers, méthodiquement exposé, membre par membre, organe par organe, fonction par fonction, sans autre prétexte qu'une soi-disant pédagogie scientifique.

Qui plus est, ces dépouilles plastinées paraissent avoit été traitées avec une inquiétante désinvolture. Souvent, les poses se ressentent encore de la raideur cadavérique ; les visages, ou faut-il dire les têtes, sont inexpressifs ; la peinture sur les muscles, les vaisseaux et les nerfs est grossièrement appliquée, à grand coups de pinceau rouges, bleus et roses, comme si ce travail avait été fait à la va-vite, industriellement, sans excessif égard à la dignité humaine. Un travail peu humaniste, à l'évidence.

C'est alors que, comme tout le monde, je me demande l'objet d'une telle exposition. L'alibi scientifique ne tient pas ; l'imagerie médicale a depuis longtemps dépassé le stade des écorchés. L'alibi artistique pas davantage. Dans l'écorché aux muscles désinsérés (détachés en pétales), il y avait les prémices d'un homme-fleur ; dans les réseaux vasculaires peints et dépouillés de leurs organes, de forêts d'éponges ou de corail. Mais tout cela n'advient pas. Les mises en scène sont dérisoires, insignifiantes. Pour présenter le cerveau et ses nerfs périphériques, un écorché jouant aux échecs. Pour illustrer la locomotion et le travail des muscles, un cadavre tirant à l'arc (étrange arc, d'ailleurs), un cadavre à vélo, un cadavre jouant au foot. Préparations identiques, corps interchangeables. Je passe sur ce corps taillé en dominos, et je tombe sur une peau tannée, tranchée à la serpe. Quelle vérité scientifique est-elle donc censée illustrer ? Elle m'évoque plutôt un supplice ou quelque sinistre expérimentation nazie.

Ce qui met mal à l'aise dans cette exposition, ce ne sont pas tant les corps plastinés que la médiocrité du propos et le secret qui entoure son organisation. L'intention des organisateurs est obscure. L'appât du gain est une motivation qui n'est pas à négliger. A 15 euros l'entrée, le jackpot est assuré. On sait que les corps viennent de Chine, mais les organisateurs de l'exposition sont bien discrets à leur sujet. Le mot de Chine autorise tous les fantasmes. Le soupçon que les corps utilisés soient ceux de prisonniers chinois plane désagréablement, sans véritable fondement. Notons au passage qu'on ne compte qu'une seule femme sur une vingtaine de corps entiers exposés.
La FAQ du site officiel fournit un semblant de réponse : "Qui produit l’exposition OUR BODY / A corps ouvert ? - L’exposition scientifique et pédagogique OUR BODY/ A corps ouvert a été conçue et développée par la fondation médicale chinoise « Anatomical Sciences & Technologies de Hong Kong". L'origine chinoise du projet n'est pas douteuse. Cette absence complète d'esprit, de finesse, d'invention, cette glace scientifique sont la signature évidente d'une culture totalitaire. Le problème est que rien, sur Internet, ne prouve que cette prétendue fondation de Hong Kong existe réellement. Toutes les réponses fournies par Google à son sujet renvoient à l'exposition de corps plastinés, sans donner le moindre début d'information sur elle.
Une enquête publiée par ABC News le 21 mai 2008  montre au contraire que les trafics de corps chinois existent bel et bien, et qu'ils servent ce genre d'expositions. Et il en faut, des corps, pour alimenter la demande mondiale. Gunther von Hagens, inventeur de la plastination en 1977, s'en est servi autrefois. Depuis quelques années, les expositions de corps plastinés, encouragées par le succès de Hagens, se multiplient comme des petits pains. L'exposition parisienne, qui a déjà tourné à Marseille et à Lyon, s'appelle à l'étranger "Our Body : The Universe Within". Mais il y a aussi Bodies the Exhibition, Bodies Revealed, etc. Et les organisateurs savent s'adapter aux coutumes locales : en France, les cadavres font du vélo et jouent au foot ; à New York, ils jouent au tennis et au rugby. La provenance exacte des corps, toujours chinoise, fluctue d'une exposition à l'autre : tantôt les corps n'ont pas été réclamés, tantôt ils ont été donnés par les familles...

Ceux qui souhaiteraient voir des écorchés dignes de ce nom se tourneront plutôt vers les admirables réalisations de Fragonard conservées à Maisons-Alfort. Les écorchés d'Honoré Fragonard, réalisés entre 1766 et 1771, conjuguent avec bonheur références culturelles (l'art et la Bible), macabre et drôlerie. Ici, l'écorché transcende le cadavre pour devenir une pure sculpture, commencer une nouvelle vie. Tandis que quelques voiles de tissus composent une cape au Cavalier de l'Apocalypse, le nez et la lèvre pincée de l'Homme à la mandibule frémissent de rage, et son pénis se gonfle de colère. Trois foetus dansent. Souverain, le Cavalier de l'Apocalypse règne sur un petit peuple de monstres, une remarquable collection de tératologie qui invite à réfléchir aux ratés de l'industrie naturelle, et apprécier le miracle inouï de la vie.
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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 12:31
Les Franciliens qui s'intéressent au corps, à sa forme, à son identité, à son mouvement, sont gâtés. Actuellement, rois expositions parisiennes abordent ces thématiques : Figures du corps - une leçon d’anatomie aux Beaux-Arts (ENSBA, 21 octobre 2008-4 janvier 2009), Couleurs sur corps (Jardins du Trocadéro, 24 octobre-9 novembre 2008) et Image(s) de la danse (bibliothèque-musée de l'Opéra, 19 juin 2008-11 janvier 2009).

Je suis allé voir cette dernière jeudi dernier entre midi et deux. A cette heure, l'Opéra est assailli de visiteurs populaires, de la famille nombreuse au couple japonais. Ceux-ci sont plutôt fraîchement accueillis. Je m'étonnerai toujours de ce que les classes populaires soient si attachées à un art qui n'a pas été conçu pour elles, et de la façon dont elles semblent l'avoir fait leur. Le ballet doit s'apparenter au conte de fées.

On peut regretter que la Bibliothèque nationale de France, qui gère la bibliothèque de l'Opéra, n'ait pas programmé une exposition de plus grande ampleur. Celle-ci se contient dans les bornes étroites et biscornues du pavillon de l'Empereur, et ne s'appuie que sur les collections de la bibliothèque. Elle n'illustre guère que la danse de ballet français du XVIIe siècle aux années 1940.

Eugène Druet, Vaslav Nijinski dans la danse Siamoise, 1910

Elle s'arrête donc précisément à l'époque où la photographie, après un siècle d'existence déjà, allait enfin réussir à capter la danse sur scène. Seules trois photographies de Michel Petit, sans grand intérêt d'ailleurs, évoquent la période des années 1970-1980, et encore sont-elles très statiques. Si les photographes se sont beaucoup intéressés à la danse, ils furent en effet très longtemps arrêtés par la lenteur de leurs émulsions et par la difficulté de mettre au point manuellement des sujets en mouvement rapide et non linéaire. Le saut de Nijinski dans la danse Siamoise, saisi par Eugène Druet en 1910, représentait donc un tour de force... sauf que la prise de vues eut lieu en extérieur, que Nijinski sauta exprès pour le photographe, - et que les photos furent floues ! Cinq ans plus tard, Arturo Baraglia parvenait à photographier une danseuse sur scène (photo de l'affiche) - du moins est-ce que suggère son arrière-plan obscur. L'image est lourdement retouchée, mais le mouvement est là. On peut d'ailleurs s'étonner que les photographes de l'époque n'aient pas tiré profit des limites techniques de leur art pour produire de magnifiques flous de bougé. Ceux-ci auraient sans doute fait merveille avec les voiles de la Loïe Fuller, par exemple. Sans doute n'était-ce pas dans l'air du temps, où la photographie était encore considérée, essentiellement, comme un moyen de reproduction exact de la réalité.

Entre deux vitrines, on s'étonne d'une citation d'Etienne-Jules Marey, père de la chronophotographie avec Muybridge, dangereusement extraite de son contexte : "dans la représentation du mouvement, montrer ce que l'oeil est capable de voir sur l'homme en action : la phase préparatoire et la fin du mouvement". La chronophotographie sert pourtant, précisément, à représenter le mouvement dans toutes ses phases intermédiaires imperceptibles, et la photographie a ceci de passionnant qu'elle saisit des moments fugitifs que le spectateur ne perçoit pas, ou perçoit inconsciemment.
Une autre citation, contemporaine cette fois, de Karine Saporta : "je considère mon travail comme de la création d'images et la réaction des spectateurs me prouve que l'inconscient s'imprime mieux par des images que par des histoires". Pensée modeste, mais à méditer.

Le manque de place et la restriction aux collections de la bibliothèque de l'Opéra ont contraint à un saupoudrage qui ne permet guère de faire émerger des problématiques fortes. On a placé, par exemple, les jambes de Mistinguett en contrepoint d'évitables photographies de jambes portant chaussons de danse. C'est bien, mais l'analyse en reste là. Que veut-on dire ? Quelques films anciens, dont la performance d'une imitatrice plantureuse de la Loïe Fuller, ou une improvisation des époux Sakharoff dans un jardin en 1931, sont projetés sur des moniteurs. Ils égaient l'exposition, mais c'est bien trop peu pour en tirer un quelconque enseignement.

Sans surprise, ce sont les thèmes habituels de l'histoire de l'opéra qui sont abordés : le ballet de Cour et la fonction sociale de la danse sous l'Ancien Régime ; la danseuse romantique, entre évanescence et incarnation ; l'Opéra comme antichambre de bordel ; la caricature, humoristique ou revendicatrice (la ballerine étique, le maître de danse efféminé, le danseur hypertrophié...). Eternel Degas (un pastel et un bronze). Contraste des genres, un grand portrait ambigu de la ballerine Virginia Zucchi, à l'opulentissime poitrine, par Georges Clairin fait penser à une pancarte de foire.

Georges Clairin, Virginia Zucchi
(version passée en vente chez Dobiaschofsky Auktionen AG)

La représentation du mouvement dansé, elle, est quelque peu négligée, malgré les terres cuites de Charpentier-Mio, saisissant les danseurs sur le vif ; son art demeure anecdotique. L'écriture chorégraphique, qui se déploie librement dans les deux dimensions de la page, forme évidemment des images de danse ; mais elle n'apparaît pas ici. En définitive, l'exposition montre bien plus le danseur que la danse.

James Abbe, Ida Rubinstein, 1921

Si quelques beaux dessins de Monique Lancelot, vers 1940, suscitent l'intérêt, c'est finalement la photographie qui s'en sort le mieux. Un très beau tirage de danseuses nues de Waléry, le photodynamisme d'Arturo Bragaglia pour une tête de danseuse, un portrait d'Ida Rubinstein par James Abbe, donnent envie d'en savoir plus sur l'exposition Danse et mouvement de 1933, citée à plusieurs reprises, où la photographie avait déjà la part belle.

A quand une grande exposition sur l'image de danse moderne et contemporaine ?

L'exposition a donné lieu à un catalogue ainsi qu'à plusieurs articles du numéro 29 de la Revue de la Bibliothèque nationale de France. Voir également la critique de Nicolas Villodre.
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Festivals & cies

Quelques festivals...


Hiver


Artdanthé (Vanves, entre novembre et mars)
Faits d'Hiver (Île-de-France, janvier)
Tanztage Berlin (janvier)
SzólóDuó Tánc Nemzetközi Fesztivál (Budapest)
Escena contemporanea (Madrid, janvier-février)
Vivat la danse ! (Armentières, février)
Tanzplattform (février, Allemagne)  
DañsFabrik (Brest, février-mars)
Les Hivernales d'Avignon (Avignon, février-mars)
Tanz Bremen (Brème, mars)
Les Repérages (Lille, mars)
Biennale nationale de danse du Val-de-Marne (mars-avril)

Printemps


Biennale de danse de Charleroi (mars-mai)
Freedance
(Dniepropetrovsk, Ukraine, avril)
Brasil Move Berlim (Berlin, avril)

Springdance (Utrecht, avril)
La danse de tous les sens (Falaise, mai)

Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (Île-de-France, mai-juin)

Festival TransAmériques (Montréal, mai-juin)
Tanec Praha
(Prague, juin)
Dance Week Festival (Zagreb, juin)
Uzès Danse
(Uzès, juin)
Latitudes contemporaines (Lille, juin)
Alkantara festival (juin)
Zawirowania (Varsovie, juin)

Eté


Festival de Marseille (juin-juillet)

Montpellier danse (Montpellier, juin-juillet)
Festival d'Avignon (Avignon, juillet)
L'Eté des Hivernales (Avignon, juillet)
ImPulsTanz (Vienne, juillet-août)
Paris quartier d'été (Paris, juillet-août)
Internationale Tanzmesse nrw (Düsseldorf, août)
Tanz im August (Berlin, août-septembre)

Automne


Biennale de la danse (Lyon, septembre)

Le Temps d'aimer (Biarritz, septembre)
Plastique Danse Flore (Versailles, septembre)
Dansem (Marseille, septembre-octobre)
Sidance (Séoul, septembre-octobre)
iDans (Istanbul, septembre-octobre)

Ciało/Umysł (Varsovie, septembre-octobre)
Festival d'Automne (Paris, septembre-décembre)
Les Eclats chorégraphiques (Poitou-Charentes, octobre)
Tanzhautnah (Cologne, octobre)
123Tanz (Hall, Autriche, octobre)
Tanztendenzen (Greifswald, octobre)
Bøf (Budapest, octobre)
Panorama de dança (Rio de Janeiro, octobre-novembre)
Dance (Munich, octobre-novembre)
Fest mit Pina (Allemagne, novembre)
Euro Scene Leipzig (novembre)
Les Inaccoutumés (Paris, novembre-décembre)
Decemberdance (Bruges, décembre)

Dates variables


DatanzDa (Zürich)
Les Grandes traversées (Bordeaux)
Ikonoclaste (Wuppertal)
Junge hunde (Kanonhallen, Danemark)



... & compagnies


cie l'Abrupt (Alban Richard) VID
Absolutamente (Jesus Sevari)
AIME (Julie Nioche)
Aitana Cordero VID
Alias (Guilherme Botelho)
Ann Liv Young DVD
Anna Halprin
Ann van den Broek VID
cie Ariadone (Carlotta Ikeda) VID
Arthur Kuggeleyn + Co.
As Palavras (Claudio Bernardo) VID
Association Achles (David Wampach) VID
Association Edna
(Boris Charmatz)
cie Caterina Sagna VID
cie Cave canem (Philippes Combes) VID
cie Christine Le Berre
cie C.Loy (Cécile Loyer) VID
Corps indice (Isabelle Choinière) VID
cie Dans.Kias (Saskia Hölbling) DVD
cie DCA (Philippe Decouflé) VID
Deja donne
(Lenka Flory et Simone Sandroni) VID
Digital Video Dance Art (Iker Gómez) VID
Dorky Park (Constanza Macras) VID
Editta Braun Company VID
Erna Omarsdottir VID
cie Felix Ruckert
Les Gens d'Uterpan (Annie Vigier/Franck Apertet)
cie Gilles Jobin DVD VID
cie Greffe (Cindy van Acker)
Groupe Noces (Florence Bernad) VID
Hors Commerce (Hélène Cathala) VID
cie Isabelle Schad
Jeremy Wade
cie Jocelyne Danchik VID
cie Jours tranquilles (Fabrice Gorgerat)
cie Kataline Patkaï
Katharina Vogel VID
Kekäläinen & Company
cie Krisztina de Châtel DVD
Kwaad bloed vzw
(Charlotte vanden Eynde & Ugo Dehaes)
L1 danceLab (collectif hongrois)
La BaZooKa VID
La Ribot DVD
La Ventura et cie (Anna Ventura) VID
La Zampa (Magali Milian-Romuald Luydlin) VID -> photos
cie L'Explose (Tino Fernández)

cie Li-Luo (Camille Mutel) VID
Liquid Loft (Chris Haring) VID
Marcela Levi VID
cie Marie Chouinard
VID
Márta Ladjánszki VID
Mette Ingvartsen VID
MHKArt (Meryt-Halda Khan) VID
Michèle Noiret VID
Mossoux-Bonté DVD VID
Niko Raes VID
Olga Pona VID
cie Pal Frenak
Perrine Valli
Pé Vermeersch VID
cie Philippe Saire
cie Post-Retroguardia (Paco Dècina)
Quasi Stellar (Apostolia Papadamaki)
Re.al (João Fiadeiro) VID
Real dance Super Sentai (Ines Birkhan & Bertram Dhellemmes)
cie Rosalind Crisp
VID
Rosas (A. T. de Keersmaeker) DVD
RoseAnne Spradlin Dance
Sinequanon VID
Sol Picó
Superamas VID
cie Thor (Thierry Smits) VID
cie Toufik OI VID
Troubleyn
(Jan Fabre)
Ultima vez (Wim Vandekeybus) DVD VID
United-C (M. van der Put / P. Roelants) VID
Virginie Brunelle

Viviana Moin
XLproduction (Maria Clara Villa-Lobos) VID
Yasmeen Godder VID
Yves-Noël Genod

VID