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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 10:03
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Moeno Wakamatsu, Printemps futile (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Le titre est déjà tout un programme. Sombre, pour ne pas dire noir.

Moeno est Source, mais source tarie, des fleurs mortes pour cruche. Un peu Sylvidre, un peu Ophélie. Un peu christique, avec son bouquet, possible couronne, dégouttant de larmes noires sur sa peau nue, comme si les épines venaient à elle.
Elle s'appuie à la colonne pour goûter sa passion. Yeux vitreux mi-clos, bouche fermée, ou entrouverte, ou franchement ouverte, comme pour exhaler une âme pressée de fuir sa prison. Ce pourrait être une sainte chrétienne, abîmée dans le martyre ou dans l'extase, quand ses bras maigres, ses doigts de grenouille tendent vers un Créateur invisible sa morne offrande, sèche comme une mammelle sans lait.

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Moeno Wakamatsu, Printemps futile (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Moeno Wakamatsu dit volontiers que son travail n'a rien de sombre, qu'elle se laisse guider par la nécessité. A moi qui ne connais rien au butô, il m'apparaît, chez elle comme chez Masaki Iwana, au-delà de leur paysage intérieur respectif, que c'est l'esprit japonais qui parle, soucieux d'exalter l'âme et de réfréner l'arrogance du corps. Je ne m'étonne pas, dès lors, que le solo de Moeno fasse si fort penser à un martyre chrétien, et je comprends que le Japon impérial ait craint les progrès du christianisme sur son sol.

Printemps futile, de Moeno Wakamatsu, a été donné à la Fond'action Boris Vian les 22, 23, 29 février et 1er mars 2008.
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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 00:11
Ha ! Ha ! est un coup de gueule : dans cette pièce théâtrale, créée pour l'inauguration du centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape, Maguy Marin entend dénoncer les rieurs faciles, ceux qui veulent rire de tout et s'ennuient des choses graves. De ceux-là, dit-elle, le rire tue. Ceux-là, ce seraient vous et moi, tous ceux qui vivent dans une autosatisfaction ignorante et béate, une médiocrité confortable. Pour ma part, j'ai la faiblesse naïve de ne pas me reconnaître en eux. Je confesse un certain confort matériel ; mais je n'ai jamais ri des malheureux, et j'ai un certain respect de la culture, que je tiens pour une nourriture et un moyen d'échange entre les hommes. Dès lors, je ne me sens guère concerné par cette diatribe, à laquelle je ne peux du reste que souscrire : oui, rire des malheureux, des opprimés, des victimes, ce n'est pas drôle, et à la fin cela peut leur porter tort ; certes !

Hélas, le discours de Maguy Marin recèle d'autre part une lourde ambiguïté ; car il laisse croire qu'elle fait aussi le procès du rire. Or, personne n'a mieux pourchassé le rire que les dictatures et les églises. Le rire, en effet, n'est pas que l'expression de cette vacuité morale que Maguy Marin cloue au pilori ; c'est aussi un redoutable instrument de critique et de lucidité.

Le rire n'est pas qu'aux mains des puissants et des bien portants ; il appartient aussi aux petits et aux faibles. Je suis d'accord avec Maguy Marin que le propre du rire est d'agir par la destruction ; mais il est des destructions salutaires. Je ne rougirai jamais de rire en compagnie de Rabelais ou de Molière, grands pourfendeurs d'ignorance, de faux-semblants et d'injustices.

Déception donc, devant ce brûlot maladroit.

Ha ! Ha !, de Maguy Marin, est donné aux Abbesses du 4 au 6 mars 2008.
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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 22:47
Georges-Momboye_Correspondances.jpg
Georges Momboye, Correspondances (cl. Steve Appel)

NDLR. Je cède aujourd'hui la parole à Elisa Castagnoli, qui m'a demandé si je pouvais insérer  sa critique sur cette page. Naturellement, oui ! Après des études de lettres au Canada et en France, Elisa Castagnoli est actuellement en France, où elle écrit pour le Web culturel (voir ses critiques d'expositions sur Exibart). elle s'intéresse à la poésie, à l'art moderne, à la photographie, et maintenant au langage de la jeune danse contemporaine. JD

« Ce qui m’intéresse c’est l’échange, l’émotion », affirme le chorégraphe ivoirien Georges Momboye. « Ma danse est comme l’eau qui s’écoule, que rien ne peut arrêter ». Fluide et débordante, baignée de l’énergie même des corps comme d’un courant qui emporte ses débris, ses fragments, ses poussières avec lui, cette danse « puise son inspiration dans la tradition ivoirienne mais s’évade du continent africain » pour rencontrer les suggestions des rythmes et des formes contemporaines. Un style syncrétique, hybride, au cœur même de la recherche la plus actuelle, que Momboye aime définir comme une « danse de fusion ».
Dans la danse afro-contemporaine de Momboye, la condensation de l’énergie s’unit à une maîtrise incontestable du langage chorégraphique : un savoir profond du corps, une intelligence autre du geste au service d’un usage total, inconditionnel de chaque partie du corps impliquée dans le mouvement. Ici, pas de hiérarchie d’organes, pas de parties de l’organisme prioritaires. Au contraire, l’ensemble de l’être est engagé dans une sphère unitaire au sein de laquelle il sait, sent, exprime, meut, émeut, est mu. Ceci le lie à la totalité du cosmos. Il n’y a pas d’inhibition, pas de mouvements exclus, interdits, pas assez dansés. En même temps, rien n’est laissé au hasard : comme un contrôle dans l’incontrôlé du corps ; comme une qualité interne au mouvement, une précision, une rigueur dans l’exécution : une sensibilité, une intensité dans le tout petit comme dans l’extrêmement grand. Il s’agit de faire passer, d’inscrire, de retrouver les fluides énergétiques, les charges nerveuses, la masse des tissus musculaires, la densité des fibres organiques, de les retrouver inscrites, gravées, incisées sur la peau d’ivoire de ces corps de danse.

Dans sa dernière création, Correspondances, la gestuelle et le rythme de la tradition africaine rencontrent la culture métropolitaine du hip-hop, née dans les rues des ghettos new-yorkais de la fin des années soixante-dix, avec ses rythmes syncopés, ses pas acrobatiques et ses figures au sol. L’ambiance urbaine des nos villes modernes est donc à l’origine le point de départ de cette pièce. Un rêve ou une vision nocturne s’ouvre soudainement sur le hall anonyme et désolant d’une gare métropolitaine de nuit. Des danseurs blancs et noirs entrent en scène dans le chaos des bagages ; leurs valises se décomposent pour devenir des supports mobiles, animés, dansants. Des chemins individuels s’inventent, en duo, en solo ou en groupe. Les mouvements s’amorcent, s’approfondissent, se dessinent de plus en plus nettement, passant de l’afro au hip-hop, à la recherche de ce lieu fluide de « correspondances », lieu de passage liquide entre les corps, les énergies, les différentes vitesses ou intensités dans « l’entre » des formes ; là où les gestes parviennent à trouver une syntaxe commune, les mouvements à s’enchaîner sur une même ligne de continuité musicale.

Danser, c’est s’approprier un langage en creusant en soi l’espace d’une liberté individuelle, poétique où une autre façon d’exister, d’entrer en relation, de se rapprocher semble devenir possible. Comme le dit Momboye : « laisser notre corps ressentir le tout que forme l’autre, l’approcher dans son expression la plus pure, libéré de toute retenue, pour comprendre ce qu’il est, ce qu’il veut dire, ce qu’il ressent ». Danser c’est se laisser emporter, laisser le souffle de vie nous emporter là où « chacun existe, quel que soit son mode de langage ». Des espaces diasporiques, hybrides, en constant devenir, se construisent dans les interstices ouverts par ces rencontres où des corps étrangers, des individualités différentes – afro et hip-hop, femmes et hommes, blancs et noirs – entrent en contact, chacun apportant son propre univers intérieur, une histoire, des racines, une expressivité, sa manière d’être singulière.
L’écriture chorégraphique, semble enfin nous dire cette pièce, devient un moyen d’inventer un espace social, de le façonner autrement qu’en le reproduisant selon la logique ordinaire. Cet espace critique, ouvert et collectif, que la danse révèle, démonte et refait sans cesse les structures idéologiques et sociales dominantes, affirmant ainsi un projet politique envisageable pour nos sociétés futures. Il dessine et donne vie, par de purs gestes dansés, au lieu d’une rencontre possible, d’un échange pensable entre l’occident et les réalités qui s’ouvrent au-delà de son angle limité de vision.

Elisa Castagnoli

Correspondances, de Georges Momboye, a été donné au théâtre Silvia-Monfort du 29 janvier au 3 février 2008.

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 10:35
Maloufi_Soyons_baroque-copie-1.jpg
Nicolas Maloufi, Soyons baroque (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Pour une fois, je me permets un titre à la Libé.

A l'injonction d'être baroque, Nicolas Maloufi ajoute une proposition corollaire : "vivons-nous une période baroque ?". Nous serions donc baroques sans le savoir ? Baroque, notre société ? Je ne m'en étais pas rendu compte.

Je suis perplexe.
Et gêné quand deux des interprètes, tour à tour, cessent de danser pour lire, longuement, des extraits de Gilles Deleuze (Le Pli : Leibniz et le baroque, 1988), façon lectio divina. Deleuze et les monades c'est bien, mais ce ne sont pas les Psaumes ou l'Evangile !

La danse de Maloufi est très agréable, toute en souplesse et en élégance. Beaux costumes noirs déstructurés, murs noirs, sol aux reflets argentés, plafond tendu de bronze, batterie live superposée à de la musique baroque, tout cela est aux petits oignons, il y a de l'ambition dans ce spectacle. Mais quoi de baroque ? Avec mon gros bon sens, j'attends de la couleur, de l'excès, de l'exubérance, et je vois trois danseurs en noir arpentant gravement le fond de scène, quand ils ne lisent pas Deleuze ou ne déambulent pas lentement en divers sens. D'accord, il y a un peu d'ornementation dans le mouvement et du mouvement perpétuel ; mais tout cela reste excessivement éthéré, plus Port-Royal que Versailles. C'est bien joli, mais ce n'est pas mon baroque.

Soyons baroque, de Nicolas Maloufi, a été donné à Micadanses les 31 janvier et 1er février 2008 dans le cadre du festival Faits d'hiver.

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 00:49
Bonomo_Ceci_est_mon_corps_2-copie-1.jpg
Jean-Pierre Bonomo, Ceci est mon corps, interpr. Vanessa Tadjine (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Pourquoi donc cet avant-titre, vous demandez-vous ?
La nouvelle cuisine, c'est très bon, c'est très joliment présenté, mais on fait plein de manières autour et il y a très peu à manger.

Ceci est mon corps,
de Jean-Pierre Bonomo, c'est de la nouvelle cuisine. D'ailleurs, la feuille du spectacle prévient : c'est de la "danse plasticienne". La danse plasticienne, c'est la nouvelle cuisine. L'interprète, Vanessa Tadjine, est une danseuse superbe, mais on ne la verra pas vraiment danser. D'ailleurs c'est à peine si l'on verra quoi que ce soit dans la petite salle noire où les spectateurs se sont enfermés. Un peu comme le Crystalll d'Alice Chauchat, il faudra d'abord localiser l'interprète. Dans le noir, à la seule lueur de lampes de poche tournées contre les murs, dans un bourdonnement sépulcral. Un assistant (le chorégraphe ? il n'est pas cité dans le programme) l'éclaire de temps à autre avec ces loupiotes, ou l'étaie avec des planchettes de bois.

Parfois elle se déplace avec vivacité comme un enfant sauvage. Parfois elle s'allume dans le noir comme un cyborg. Sur son dos scotché s'esquissent des replis vaginaux. Le public s'habitue peu à peu à l'éviter pour la laisser passer et à la suivre pas à pas pour ne rien perdre de ses micro-activités. Le temps de se mettre le pied dans un cône rouge et hop ! voilà, c'est fini !

Bonomo_Ceci_est_mon_corps_1.jpg
Jean-Pierre Bonomo, Ceci est mon corps, interpr. Vanessa Tadjine (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)
Il n'y a plus qu'à convaincre Jean-Pierre Bonomo d'allumer les spots et de laisser sa danseuse danser et tout ira bien.

Ceci est mon corps, de Jean-Pierre Bonomo, a été donné à Micadanses les 31 janvier et 1er février 2008 dans le cadre du festival Faits d'hiver.
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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 23:56
Ali-Fekih.jpg
Ali Fekih (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Ali Fekih, danseur de rue, c'est d'abord une gueule. Un mix de Jamel Debbouze pour le charme gouailleur et de Charlie Chaplin pour la démarche syncopée. Ce qu'il fait n'est pas un solo, c'est un one-man show. Et l'on se fiche du titre de la pièce. Ali a le jeu de canne preste, élégant. Sauf que sa canne, ce n'est pas celle de Charlot, c'est la béquille d'un handicapé, atteint de la poliomyélite.

Sur scène, Ali fait un bras d'honneur à la maladie. Son spectacle, c'est son histoire. Et l'histoire des autres aussi, celle des sans grade, des immigrés, de ceux pour qui Le Monde et Libé sont des couvertures pour l'hiver. Il sait aussi qu'il va vous en mettre plein la vue avec deux bouts de ficelle. Il y a de la revanche dans ce spectacle, beaucoup de fierté, du défi. De la dignité. Après la rue, il conquiert les planches.

Que le petit monde recroquevillé et sempiternellement geignant de la danse contemporaine en prenne de la graine : ce gars-là peut aller jouer dans les banlieues, il y fera un malheur, parce que ce qu'il sort vient des tripes. Voilà à quoi ça tient.

Des équilibres... à quoi ça tient, d'Ali Fekih et Anne-Catherine Nicoladzé, a été créé à Micadanses les 31 janvier et 1er février 2008 dans le cadre du festival Faits d'hiver.

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 13:38
Unger_Ferron_Showcase_Trilogy1.jpg
Frédérike Unger/Jérôme Ferron, Showcase Trilogy, Beauté plastique,
interpr. Emily Mézières (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)


Ils sont mignons tout plein, ils ont l'espièglerie qui se lit sur le visage. Le site de la compagnie explique tout : Showcase Trilogy se compose de Beauté plastique, Laps et Let's Dance, qui évoquent respectivement l'idée de beauté, l'idée du temps qui passe et l'idée de vacuité. Pour Faits d'hiver, les trois parties ont été interprétées dans l'ordre inverse.

Je ne suis arrivé que dans les dernières minutes de Let's Dance. C'est un trio léger où l'on danse classique, mais classique un peu détraqué. Le Lac a des ratés. Au diable la perfection, semble-t-on nous susurrer, pourvu qu'on ait l'ivresse. Corps en fleurs, robes corolles ; prémices de raideurs plastiques. Vacuité ? Je ne la vois pas. Je l'ai peut-être manquée.

Unger_Ferron_Showcase_Trilogy2.jpg
Frédérike Unger/Jérôme Ferron, Showcase Trilogy, Laps,
interpr. Jérôme Ferron (cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Laps est le solo de l'homme en short. Il a un problème avec le temps. Comme dans la pièce précédente, les classiques sont chahutés. Ici, le Boléro samplé hoquète comme un disque rayé. Perfection encore, malmenée, répétitive, obsessionnelle. Le Boléro, comme un brouet de Jeux olympiques, avec tous les poncifs que ces jeux véhiculent ; paix des peuples, culte et surpassement du corps puissant. En même temps, cette danse est on ne peut plus sérieuse et ne s'interdit pas des pointes. L'homme plonge la tête sous l'eau. Ce doit être oppressant. Un petit jouet à ressort égrène l'eau, tandis qu'un réveil décompte les secondes.

Avec Beauté plastique, nous passons au Sacre : cette fois, c'est du sérieux. Le titre annonce la couleur. La beauté nue et si simple ne sera qu'entraperçue, porteuse déjà d'inquiétants signes d'idéalisation. Deux Eve, déjà infiniment fluettes, se juchent encore sur la pointe de leurs pieds ; gambettes raides, sourire arrêté au beau fixe. Quand leur pudeur se pare, c'est de feuillages artificiels, leurs hanches ceintes comme par un avant-goût de couronne mortuaire. Barbiefication inéluctable. Les voilà sacrifiées, prises dans la toile des apparences. Culotte et collants les masquent de pied en cap, ton chair et lipstick imposant un bâillon intégral. Le labyrinthe des Barbie, comme un magasin de porcelaine, minutera tous leurs gestes.

Unger_Ferron_Showcase_Trilogy3.jpg
Frédérike Unger/Jérôme Ferron, Showcase Trilogy, Beauté plastique
(cl. Jérôme Delatour / Images de danse)

Avec Showcase (vitrine), le spectateur ne sait sur quel pied danser. Beauté, jeunesse, fraîcheur le disputent au temps, à une critique indéfinissable, douce, des perfections modernes, Lac et Boléro compris. Cette dénonciation des apparences imposées par la société de consommation n'est certes pas nouvelle, et l'usage des collants, des perruques ou masques de comics pour dénoncer sa dictature et ses excès est un leitmotiv de la scène contemporaine. On pourrait crier aux poncifs : encore une parodie du Lac des cygnes ! Encore des Barbie et des collants sur la tête ! Ces temps-ci, la danse a vraiment la tête dans les collants : de Marco Berrettini, L'Opérette sans sou, si (2006)  au Switch de Thomas Lebrun (2007), pour ne prendre que des exemples très récents, sans oublier les Pixel Babes de Nicole Seiler (2006), qui rappellent furieusement la Beauté plastique d'Unger-Ferron... Quant à Barbie, souvenons-nous au moins de Jan Fabre et de son As Long As The World Needs A Warrior's Soul (2000).

Je préfère m'étonner de la récurrence, si insistante, de ces thèmes et de cette esthétique dans le spectacle vivant. N'est-elle pas symptomatique de l'éradication de nos mythologies anciennes, antique et chrétienne, au profit de la mythologie mercantile des Ronald et des Mickey ? Ces fils spirituels du père Noël, saint défroqué passé livreur de jouets, sont les idoles nouvelles faites pour peupler, d'autres diraient polluer, notre imaginaire. Leur immense Panthéon offre une nouvelle symbolique, universelle ("mondialisée"), pour illustrer nos passions et nos angoisses. Superman a vaincu Hercule ; Bibendum a distancé Mercure ; Barbie, massacreuse au beau sourire, a tué Eve et Narcisse. Dans toute Barbie un Chucky sommeille : enfermé dans sa prison urbaine, le corps contemporain est inquiet ; sa singularité, son histoire perpétuellement confrontés à la perfection de l'imagerie commerciale, industrielle, impersonnelle, infiniment reproductible, immortelle. Chassez le naturel, il se pourrait qu'il ne revienne plus jamais, ni au pas, ni au galop.

Avec Showcase, Frédérike Unger et Jérôme Ferron ont su trouver leur ton singulier, léger mais secrètement grave, usant simplement mais avec une certaine efficacité de la vidéo, tout en ménageant de beaux trios, duos et solos. Il faut citer, outre les deux chorégraphes-interprètes, l'épatante prestation de leur acolyte Emily Mézières.
Sans aucun doute, il faut désormais surveiller la compagnie Etant donné.

Showcase Trilogy, de Frédérike Unger et Jérôme Ferron (compagnie Etant donné), a été donné à Micadanses dans le cadre du festival Faits d'hiver les 21 et 22 janvier 2008.

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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 23:58
X-Event-0.jpgAnnie Vigier-Franck Apertet, X-Event 0 (cl. Jérôme Delatour/Images de danse)

Je dois dire que je le pressentais un peu.

X-Event 0, créé ce soir même à Micadanses dans le cadre du festival Faits d'hiver, est la dernière pièce d'une longue série commencée en 2005, au même festival, avec X-Event 1. 0, ce chiffre évoque un commencement ou rien ; mais comme tout avait commencé avec 1, et qu'ici on se situait à la fin de la série, on était plutôt du côté du rien.

Tout a pourtant commencé comme d'habitude, l'attente avant le début du spectacle. Sauf que, ce soir, le spectacle a du retard. Beaucoup de retard. Et qu'est-ce qu'il y a comme gens. Beaucoup de gens. Beaucoup trop pour un spectacle à Micadanses... Tout ce monde ne pourra jamais rentrer. Et dans quelle salle a lieu le spectacle, au fait ? Une porte s'entrouvre, aussitôt on tend l'oeil et l'oreille, des bruits circulent. Toujours rien. Aucun message d'excuse. Ils sont gonflés à Faits d'hiver ! On lit le programme. Il n'aide pas :
"La création de X-Event 0 dans le cadre de Faits d'hiver correspond à l'exécution d'un trajet perçu comme un cycle mais répond aussi à une des positions qu'organise le projet X-Event, celle de produire un commentaire depuis l'une des postures traversées, spectacle vivant-arts plastiques-spectacle vivant..."

Mince ! Ca n'a ni queue ni tête !

Enfin, une petite heure plus tard, la salle s'ouvre. Après un moment d'hésitation, tout le monde s'engoufre et là, stupeur : il semble qu'il n'y ait rien. Pas de danseur, pas d'éclairages, pas de musique, rien. Au bout de quelques minutes, tout le monde l'a compris. C'est ça, le concept ! Il n'y a pas de spectacle ! Rien ! On nous refait le coup de Cage !
Quoique.
Et puis, après tout, il y a aussi beaucoup de spectacles avec muscles, sueur, costumes, spectateurs et capitaux, qui ne sont rien.

Et l'on ne peut s'empêcher d'être troublé. Car qui sait s'il n'y aura pas quelque chose dans cinq minutes ? Mais jusqu'à quand attendre ?

Les langues, qui s'étaient déjà un peu déliées dans le hall, se libèrent tout à fait maintenant. Part-part pas ? Il y en a même qui paraissent trop extravertis pour être vrais. En voilà un qui s'élance au centre de la salle pieds nus et mime quelques mouvements. Bizarre ! Et cet autre qui jette trois galettes de siège rouges au même endroit. Pas gêné ! D'ailleurs, à bien y réfléchir, c'est étrange comme, tout à l'heure, dans le hall, certains s'ingéniaient à créer des mouvements de foule. Et comment se fait-il, aussi, que des gens continuent d'arriver à toute heure, alors que tout le monde avait rendez-vous à 20.30 ? Tiens, j'y repense, et celui-là qui avait une tête bizarre, qui m'a demandé mon avis sur la pièce sans me connaître ni d'Eve ni d'Adam... Les gens ne sont pas si curieux, d'habitude. Cette fois c'est entendu : il y a des traîtres parmi nous ! D'ailleurs, les spectateurs qui s'étaient informés avant de venir savaient que les chorégraphes, Anne Vigier et Franck Apertet, avaient passé des petites annonces pour recruter des "danseurs et non danseurs". Tiens, en voilà le texte, tel que paru sur  Théâtre contemporain.net le 13 décembre 2007:

"Annie Vigier et Franck Apertet (Les Gens d’Uterpan) recherchent des figurants bénévoles (danseurs et non danseurs) pour participer à une expérience/performance unique : X-Event 0. Qu’est-ce que X-Event 0 ?
X-Event 0 est une performance présentée le 24 janvier 2008 dans le cadre du festival Faits d’hiver (Micadanses Paris). Elle sera la dernière née d’une série de performances dansées intitulée X-Event 2. Les sept performances X-Event 2 sont actuellement présentées à la Biennale d’art contemporain de Lyon sur une durée de quatre mois.
Participer à X-Event 0 c’est :
- Découvrir un projet expérimental à la frontière de la danse et des arts plastiques.
- Explorer un univers chorégraphique singulier inscrit dans le paysage de la scène contemporaine.
- C’est rencontrer d’autres personnes comme vous, des figurants d’horizons divers parachutés dans un projet hors norme.
Contactez-nous au 01 40 18 41 46/06 70 31 22 24 ou par mail contact@lesgensduterpan.com
Les Gens d’Uterpan, 52 rue du Faubourg du Temple 75011 Paris contact@lesgensduterpan.com / uterpan@voila.fr - www.lesgensduterpan.com"

Des figurants ! Voilà ce que les chorégraphes ont recruté. D'ailleurs, Rosita Boisseau a déjà à moitié vendu la mèche sur Le Monde hier. Seulement, nous voilà bien avancés : qui est spectateur piégé comme moi, et qui joue la comédie ? Le dispositif engendre la suspicion. Si ça se trouve, cette personne qui engage si facilement la conversation est dans le coup et se paie ma tête. A cet instant, certains s'en vont furieux (pas trop) et entendent se faire rembourser - A moins qu'ils ne soient eux aussi des figurants ? Pour ce qui me concerne, pas de problème, je suis un vrai spectateur, je peux le prouver ! - Ah non, à la réflexion, ça m'est impossible. D'ailleurs, comme j'ai décidé de rester, et que je parle avec des gens dont je ne sais pas s'ils sont des spectateurs ou des figurants, et que je ne veux pas qu'on se paye ma tête, je rentre dans le jeu et je joue la comédie. De spectateur passif, je deviens acteur du spectacle. Et pendant que j'y suis, spectateurs ou figurants, ou je laisse mes coordonnées à tout le monde à l'entrée de Micadanses : si vous voulez laisser des commentaires sur le spectacle, allez-y, c'est ici ! Pour une fois que le public est ouvert et cause volontiers, je fais ma publicité sans vergogne. Auprès, peut-être, de faux spectateurs... mais après tout qu'importe, auprès de vrais gens de toute façon, et de gens qui s'intéressent à la danse contemporaine. Quelle différence, de ce point de vue, entre les performers et le public ?

On regrette que le spectacle ne soit pas encore donné demain. Une deuxième représentation serait possible. Elle serait même plus singulière et plus complexe que la première. Un certain nombre de spectateurs de la deuxième représentation, avertis par mon article ou par le bouche à oreille, auraient été mis au parfum. Certains trouvant la plaisanterie pas drôle ou jugeant l'effet de surprise rompu, auraient sans doute décidé de demander purement et simplement le remboursement de leur billet. Mais d'autres seraient venus quand même, en parfaite connaissance de cause : ils seraient devenus de réels spectateurs du spectacle, et auraient observé les spectateurs piégés comme des comédiens malgré eux. Par fraternité humaine, certains auraient vendu la mèche aux spectateurs innocents, amenuisant l'effet d'incertitude. Mais d'autres auraient choisi de ne rien dire, se rangeant tacitement du côté des chorégraphes.

X-Event-0.1.jpg

Il y a deux manières d'apprécier X-Event 0 : les grincheux et les impatients s'estimeront floués, crieront à l'escroquerie ou à la paresse ; les autres apprécieront cette mise en situation troublante et, en ce sens, incontestablement spectaculaire, qui les amène à s'interroger sur leur rôle de spectateur et sur les techniques de manipulation des foules, et par conséquent du public en général. - Curieusement, la petite table ronde organisée par le festival juste avant X-Event 0 abordait ce thème... Quelle coïncidence !

X-Event 0, d'Annie Vigier et de Franck Apertet, a été créé le 24 janvier 2008 à Micadanses dans le cadre du festival Faits d'hiver.

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 14:31

Zeitung (journal), Anne Teresa de Keersmaeker aurait pu tout aussi bien appeler sa pièce Tagebuch (journal intime). Zeitung donne l'illusion d'être immergé dans l'intimité de son travail quotidien. Les fidèles d'Anne Teresa de Keersmaeker ne seront pas dépaysés : nous avons affaire à l'essence même de la danse keersmaekerienne. Pas de décor, un plateau nu, ouvert autant que possible, une piste de danse, quelques chaises pour souffler. Exit les beaux costumes, des vêtements de tous les jours, dont on enlèvera quelques pièces au fur et à mesure de l'échauffement. On est là pour danser, point final. C'est à prendre ou à laisser.

Et puis la musique, essentielle dans l'oeuvre d'Anne Teresa de Keersmaeker, dont la présence est ici soulignée. A contre-courant de la musique d'ameublement, Anne Teresa de Keersmaeker accorde à la musique ses propres solos. Bach alterne avec Webern et Schönberg. Sans transition, le passage est raide - comme l'éclairage, très simple et très fort, qui lance de temps à autre des flashs noirs sur le plateau. Bach, témoin du dernier siècle de l'Ancien Monde, empreint d'une prégnante mélancolie, comme une hâte à retrouver Dieu. Webern, Schönberg, inquiétude, insomnie, angoisse d'un siècle menaçant.

Dans chacun de ses interprètes, c'est Anne Teresa de Keersmaeker que l'on voit danser, son corps chalouper au moindre accident. Comme toujours, les bras, membres supérieurs, membres de la volonté mènent la danse, tendus et main plate ou tirant le corps vers le sol ; port et tête altiers, insolence juvénile, la jeunesse flirte avec l'éternité, le mouvement perpétuellement recommencé snobe la mort. Cette liberté fière, provocante, c'est tout l'érotisme subtil, inimitable, d'Anne Teresa de Keersmaeker.

Zeitung me conforte dans l'idée que le langage d'Anne Teresa de Keersmaeker est inadapté à la morphologie masculine. Troublant avec les corps féminins menus, tout élégance et rondeur, il devient presque grotesque avec les hommes, qui semblent agiter leur bras comme de grands battoirs. Il faut dire qu'Anne Teresa de Keersmaeker en rajoute en choisissant, curieusement, des danseurs de grande taille.

Comme dans Eight Lines (2007), Anne Teresa de Keersmaeker remet sa danse sur le métier, la cisèle encore, mais ne s'arrête pas là. Elle cherche toujours. Au lieu de tourner le dos à son langage, elle le pousse toujours plus avant, amenant le corps dans des états plus étranges, plus inconfortables, plus écartelés, déliés jusqu'à la limite de la dislocation. L'âme n'est pas en repos. Jusqu'où ira-t-elle ? L'aventure continue, palpitante.

♥♥ Zeitung, d'Anne Teresa de Keersmaeker, a été créé au Théâtre de la Ville du 11 au 19 janvier 2008.

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 15:54
iP1110554_filtered.jpgCindy van Acker, Corps 00:00 interprété par Perrine Valli
(cl. Jérôme Delatour/Images de danse)

Dans le petit bocal de Mains d'Oeuvres, après un flash fantomatique
une atmosphère utérine. L'environnement acoustique plonge dans des profondeurs liquides
Une méduse agite son flagelle. Une araignée de mer claudique sur ses béquilles. Un foetus poulpe se laisse tomber comme un paquet. Un gerris s'affaire sur des petits carrés. Des pattes - quatre membres pensants servant d'appui au sol et au mouvement
Un dos, dos et tête faisant bloc, carcasse.
Des redressements de gorille, campé sur le bassin.
Bref, tout un règne animal dans un corps, néanmoins femme lorsqu'il se redresse tout à fait et daigne montrer son visage - oh le beau visage de Perrine Valli, entre Judith baroque et masque du Fayoum !
C'est sous l'éclairage lunaire tour à tour la Danaïde et l'Iris de Rodin.

Corps 00:00 est un solo programmatique et fondateur qui a justement révélé Cindy van Acker en octobre 2002, juste avant Fractie (juillet 2003). La force de l'éclairage, la richesse et la vérité du vocabulaire en font une absolue réussite. Comme Anne Teresa de Keersmaeker, Cindy van Acker s'appuie sur un langage personnel, puisé dans son propre corps, patiemment mûri et sans cesse développé. J'attends maintenant de voir ses chorégraphies de groupe, et de voir comment elle adapte ce langage à des corps masculins. C'est tout l'enjeu de Pneuma 02:05 (2005) et de Kernel (2007).
Pour la petite histoire, je n'ai pas perçu l'effet du stimulateur électrique branché en divers points du corps de la danseuse, censé provoquer chez elle des micro-convulsions pertubatrices. En revanche, ce long dreadlock électrique remplit parfaitement le rôle d'un câble matriciel.

♥♥ Corps 00:00, de Cindy van Acker, a été donné à Mains d'Oeuvres les 16 et 17 janvier 2008 dans le cadre du festival Faits d'hiver.

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Festivals & cies

Quelques festivals...


Hiver


Artdanthé (Vanves, entre novembre et mars)
Faits d'Hiver (Île-de-France, janvier)
Tanztage Berlin (janvier)
SzólóDuó Tánc Nemzetközi Fesztivál (Budapest)
Escena contemporanea (Madrid, janvier-février)
Vivat la danse ! (Armentières, février)
Tanzplattform (février, Allemagne)  
DañsFabrik (Brest, février-mars)
Les Hivernales d'Avignon (Avignon, février-mars)
Tanz Bremen (Brème, mars)
Les Repérages (Lille, mars)
Biennale nationale de danse du Val-de-Marne (mars-avril)

Printemps


Biennale de danse de Charleroi (mars-mai)
Freedance
(Dniepropetrovsk, Ukraine, avril)
Brasil Move Berlim (Berlin, avril)

Springdance (Utrecht, avril)
La danse de tous les sens (Falaise, mai)

Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (Île-de-France, mai-juin)

Festival TransAmériques (Montréal, mai-juin)
Tanec Praha
(Prague, juin)
Dance Week Festival (Zagreb, juin)
Uzès Danse
(Uzès, juin)
Latitudes contemporaines (Lille, juin)
Alkantara festival (juin)
Zawirowania (Varsovie, juin)

Eté


Festival de Marseille (juin-juillet)

Montpellier danse (Montpellier, juin-juillet)
Festival d'Avignon (Avignon, juillet)
L'Eté des Hivernales (Avignon, juillet)
ImPulsTanz (Vienne, juillet-août)
Paris quartier d'été (Paris, juillet-août)
Internationale Tanzmesse nrw (Düsseldorf, août)
Tanz im August (Berlin, août-septembre)

Automne


Biennale de la danse (Lyon, septembre)

Le Temps d'aimer (Biarritz, septembre)
Plastique Danse Flore (Versailles, septembre)
Dansem (Marseille, septembre-octobre)
Sidance (Séoul, septembre-octobre)
iDans (Istanbul, septembre-octobre)

Ciało/Umysł (Varsovie, septembre-octobre)
Festival d'Automne (Paris, septembre-décembre)
Les Eclats chorégraphiques (Poitou-Charentes, octobre)
Tanzhautnah (Cologne, octobre)
123Tanz (Hall, Autriche, octobre)
Tanztendenzen (Greifswald, octobre)
Bøf (Budapest, octobre)
Panorama de dança (Rio de Janeiro, octobre-novembre)
Dance (Munich, octobre-novembre)
Fest mit Pina (Allemagne, novembre)
Euro Scene Leipzig (novembre)
Les Inaccoutumés (Paris, novembre-décembre)
Decemberdance (Bruges, décembre)

Dates variables


DatanzDa (Zürich)
Les Grandes traversées (Bordeaux)
Ikonoclaste (Wuppertal)
Junge hunde (Kanonhallen, Danemark)



... & compagnies


cie l'Abrupt (Alban Richard) VID
Absolutamente (Jesus Sevari)
AIME (Julie Nioche)
Aitana Cordero VID
Alias (Guilherme Botelho)
Ann Liv Young DVD
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Ann van den Broek VID
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Arthur Kuggeleyn + Co.
As Palavras (Claudio Bernardo) VID
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(Boris Charmatz)
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Corps indice (Isabelle Choinière) VID
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Deja donne
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Digital Video Dance Art (Iker Gómez) VID
Dorky Park (Constanza Macras) VID
Editta Braun Company VID
Erna Omarsdottir VID
cie Felix Ruckert
Les Gens d'Uterpan (Annie Vigier/Franck Apertet)
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Groupe Noces (Florence Bernad) VID
Hors Commerce (Hélène Cathala) VID
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cie Jocelyne Danchik VID
cie Jours tranquilles (Fabrice Gorgerat)
cie Kataline Patkaï
Katharina Vogel VID
Kekäläinen & Company
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(Charlotte vanden Eynde & Ugo Dehaes)
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La BaZooKa VID
La Ribot DVD
La Ventura et cie (Anna Ventura) VID
La Zampa (Magali Milian-Romuald Luydlin) VID -> photos
cie L'Explose (Tino Fernández)

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Mette Ingvartsen VID
MHKArt (Meryt-Halda Khan) VID
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Pé Vermeersch VID
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Quasi Stellar (Apostolia Papadamaki)
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Real dance Super Sentai (Ines Birkhan & Bertram Dhellemmes)
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Sinequanon VID
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